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07/07/2010

Voile intégral dans l'espace public: le juste milieu

Le débat sur l’identité nationale voulu par le président de la République – et organisé par son gouvernement – et plus particulièrement celui qui porte sur l’exercice des libertés religieuses ont pris ces derniers mois une tournure inquiétante. Avec une fixation toute particulière sur le port du voile intégral dans l’espace public.

Nous souhaitons mettre d’emblée l’accent sur une évidence : nous ne sommes pas dans un débat sur le goût, mais bien dans un débat sur le droit.

Dans ce débat, il est indispensable que chacun garde à l’esprit le cadre juridique qui organise l’exercice des libertés religieuses sur le territoire de la République. Il s’agit des articles 9, 14 et 17 de la Convention européenne des droits de l’Homme, de l’article 1er de la Constitution, de l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat et de la législation anti-discrimination directement inspirée du droit communautaire européen.

Ce cadre établi, il est possible d’envisager certaines restrictions légales, pour autant que le but poursuivi par le législateur soit légitime et que la mesure soit proportionnée, que le principe de non-discrimination soit respecté et que cela n’aboutisse pas à une destruction des droits protégés.

De notre point de vue, seuls deux éléments sont à retenir : la sécurité publique au regard du critère de l’identifiabilité – et non de la reconnaissabilité – de chaque citoyen (devoir décliner son identité si nécessaire et dans des circonstances déterminées) et l’importance – pas l’obligation – du maintien du lien social.

L’interdiction de toute tenue vestimentaire couvrant intégralement le corps dans l’espace public a ceci de disproportionnée qu’il n’a jamais été démontré adéquatement que le port du voile intégral représente en soi un danger pour la sécurité publique, la protection de l’ordre, de la santé ou de la moralité publics, ou encore la protection des droits et libertés d’autrui.

Le critère de la dignité ne peut servir de fondement à pareille interdiction : la puissance publique ne peut nullement se substituer aux personnes afin de se faire juge de leur dignité. Le contraire reviendrait à créer une querelle théorique entre les principes de liberté et de dignité, alors que la liberté doit permettre de développer sa propre conception de la dignité, dans le respect des balises prévues à l’article 9.2 de la Convention. Cela reviendrait à supprimer le principe de liberté.

Loin d’être une affirmation du principe d’égalité entre les hommes et les femmes, une loi d’interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public en constitue une rupture, dans la mesure où elle prive une femme qui le souhaite du droit d’exercer cette liberté.

Si la laïcité est un principe constitutionnel, il ne nous semble nullement être de nature à justifier une interdiction générale. Au contraire, ce principe doit conduire à la préservation des principes de liberté et d’égalité et non à leur négation. Il emporte l’obligation pour l’Etat de protéger le pluralisme et non de le limiter. De plus, une telle interdiction générale violerait le principe de proportionnalité et le prescrit des articles 14, 17 et 18 de la Convention.

En vertu du principe de séparation du religieux et du politique et conformément à la jurisprudence établie de la Cour européenne des droits de l’Homme, il ne revient pas à l’Etat de définir le contenu d’une pratique religieuse ou de se prononcer sur la validité ou la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci. De façon générale, constitue une pratique religieuse la pratique qui est qualifiée comme telle par la personne concernée.

Ces différents principes ont été rappelés par la Cour dans un arrêt Ahmet Arslan c. Turquie du 23 février 2010 donnant raison à des requérants qui avaient été sanctionnés pour la tenue vestimentaire qu’ils portaient dans des lieux publics ouverts à tous.

La Cour a relevé qu’« il ne ressort pas du dossier que la façon dont les requérants ont manifesté leurs croyances par une tenue spécifique constituait ou risquait de constituer une menace pour l’ordre public ou une pression sur autrui ». Quant à la thèse d’un éventuel prosélytisme dans le chef des requérants, la Cour a observé qu’« aucun élément du dossier ne montre que les requérants avaient tenté de faire subir des pressions abusives aux passants dans les voies et places publiques dans un désir de promouvoir leurs convictions religieuses ».

Dès lors, la Cour a estimé qu’en l’espèce la nécessité de la restriction litigieuse ne se trouve pas établie de manière convaincante. L’interdiction des signes religieux dans l’espace public n’est possible que dans un contexte de prosélytisme abusif.

Devant la mobilisation déraisonnable et disproportionnée de l’appareil législatif, la nécessité du rappel des principes fondamentaux de la démocratie et du cadre juridique existant s’impose à nous.

C’est le double objectif poursuivi par une proposition de circulaire (disponible sur www.neutralite.fr) que nous transmettons aux membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. Elle rencontre selon nous les réserves exprimées par le Conseil d’Etat dans son rapport rendu public le 30 mars dernier. Elle constitue à nos yeux le moyen le plus approprié pour assurer le nécessaire équilibre entre garantie de la sécurité publique et respect des libertés individuelles.

 

 

 

Dans le cadre du groupe de travail neutralite.fr :

Abdelghani BEN MOUSSA, militant anti-discriminations
Christine DELPHY, auteure et chercheuse
Hajer MISSAOUI, juriste spécialiste des droits de l’Homme
Inès WOUTERS, avocate spécialiste des droits de l’Homme
Ismahane CHOUDER, auteure et militante
Jean BAUBEROT, historien et sociologue
Laurent LEVY, essayiste
Lila CHAREF, avocate
Mehmet SAYGIN, juriste
Nora MISSAOUI, chargée de communication
Pierre TEVANIAN, enseignant
Samy DEBAH, historien

 

Paris, le 5 juillet 2010

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Document à imprimer :

 

Voile intégral dans l’espace public, le juste milieu

23:29 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2010

Pour les libertés publiques. Contre le projet de loi sur le voile intégral

Liberté, liberté chérie….

 

La messe est dite, avant même que le rituel ait commencé !. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, J.-M. Ayrault, l’a confirmé dans une interview à La Croix (2 juillet 2010) : « Je ne ferai pas obstacle au vote d’une loi interdisant le voile intégral » titre le journal.

Autrement dit, les socialistes ne sont plus arc-boutés sur leur contre proposition d’une interdiction relative.

Ayrault  précise :

« Le gouvernement veut une loi qui s’étende à l’espace public en général. J’ai considéré qu’il fallait (…) avoir une attitude responsable. Je ferai en sorte de ne pas faire obstacle au vote d’une loi, sinon les Français ne comprendraient pas notre position. »

Et il ajoute qu’il ne sait pas encore s’il va s’abstenir ou voter pour.

 

Propos étranges : le fait qu’il envisage de s’abstenir, qu’il parle de « ne pas faire obstacle », etc montre bien qu’il n’est pas véritablement partisan de la loi. Il s’y rallie pour ne pas susciter (selon lui) l’incompréhension des Français.

Mais… comment les Français ne pourraient-ils pas comprendre si on ne leur explique pas le pourquoi de ces réserves ?

(Précisons qu’en Commission les députés PS se sont abstenus)

Il me semble d’ailleurs que les dits Français sont beaucoup préoccupés par bien d’autres problèmes. Bien sûr quand on médiatise le port du nicab, que l’on parle de « burqa », que l’on on met en scène, de façon démesurée, l’histoire de la conductrice en voile intégral, la majorité est, je dirai, passivement favorable à la loi.

Passivement, car dés que les médias n’en parlent plus, ils ne s’intéressent guère à  ce problème marginal. Il n’y aurait pas eu, finalement, de dépôt d’un projet de loi et discussion de ce projet la semaine qui vient,  aucun mouvement d’opinion ne les auraient réclamés.

Et si on avait autant médiatisé (c’est dire si on avait fait un feuilleton télévisuel, comme celui de la conductrice en nicab et de son mari) les oppositions des juristes, celle du Conseil d’Etat,…. Cette opinion passive serait différente.

 

Mais quand le projet est passé en Commission, les médias n’ont plus parlé de cela. Et ils se sont focalisés sur le contenu de l’interdiction, pas les attendus du projet.

Or c’est sur les attendus que le PS devrait se battre, parce qu’ils sont très révélateurs… et inquiétants.

 

La notion « d’ordre public » est changée ; elle dépend maintenant, dixit l’exposé des motifs, publiés par Le Figaro (14 mai 2010)[1] de la manière, subjective, arbitraire, dont on comprend les « exigences fondamentales du ‘vivre ensemble’ ».

Il est explicitement dit que l’on élargit la notion de l’ordre public, qu’on ne la limite plus à des éléments mesurables ayant trait à la « tranquillité ou à la sécurité » (et le texte oublie le troisième motif : la salubrité publique !)

 

L’ordre public désormais permettra de « prohiber des comportements qui IRAIENT INDIRECTEMENT à l’encontre du contrat social républicain »

Le conditionnel, qui montre qu’on peut se dispenser de preuves avérées ; le « indirectement » qui permet une interprétation très large ,  tout cela dépasse de loin le problème du nicab.

De même, on fait référence à « nos concitoyens » qui « voient » dans le nicab un refus de l’égalité homme-femme et une renonciation à  (pour celles qui le portent) à « une part de leur  dignité » de femme.

On peut être d’accord avec cette appréciation (même si, à mon sens, le problème est beaucoup plus complexe) et refuser que ce qu’est supposé « voir » « nos concitoyens » soit source de loi.

Car là encore, c’est un raisonnement qui va très loin, et à un enjeu beaucoup plus général que le seul problème du nicab.

Autrement dit, ce projet de loi est TOUT A FAIT CONGRUENT AVEC D’AUTRES PROJETS OU MESURES PREVUES OU ADOPTEES DEPUIS TROIS ANS ;

Le Sens général est UN DEPLACEMENT CONSIDERABLE DU CURSEUR QUI SEPARE CE QUE L’ON ACCORDE AUX LIBERTES PUBLIQUES ET CE QUE L’ON ACCORDE A L’ORDRE PUBLIC.

 

En outre, il faut rappeler que le projet de loi n'invoque pas la laïcité: autrement dit même le gouvernement reconnaît qu'il est impossible d'interdire le nicab dans l'espace public, au nom de la laïcité: à dire et à redire, à chanter sur tous les tons car je rencontre chaque jour des personnes qui sont persuadées que c'est en raison de la "défense de la laïcité" que ce projet de loi est déposé..

 

Enfin, ce projet de loi est anti-musulman : il comporte des expressions comme « réclusion publique » (et non « réclusion »), et « coupé des autres tout en vivant au milieu d’eux » (et non pas simplement « coupé des autres ») pour ne pas viser les religieux et religieuses catholiques[2] ou d’autres confessions.

Autrement dit : vous avez le droit à un engagement religieux radical, mais pas dans n’importe quelle religion

Autrement dit : vous avez le droit à la réclusion, à vous coupé des autres, mais alors vous devez le faire totalement : cela montre que l’invocation des principes du « vivre ensemble » est, en fait, un prétexte.

 

 

Je suis persuadé que si des femmes et des hommes politiques avaient martelé cela depuis que ce projet est connu, une bonne part de l’opinion l’aurait compris.

Plusieurs personnalités politiques m’ont dites qu’elles étaient réservés (ou hostiles) à la loi, mais que c’était une position « incompréhensible » pour les Français.


Je pense qu’ils se trompent.

Affirmer haut et fort

-que, sous prétexte de nicab, ce gouvernement nous entube pour diminuer une fois de plus les libertés publiques

-que ce gouvernement montre par ailleurs (et notamment –mais pas seulement-  par le projet de loi sur le mode d’élection des collectivités territoriales : j’ai été très surpris de constater à quel point cela était peu connu) fort peu soucieux de l’égalité femmes-hommes

-que la laïcité ne peut pas être invoquée

-qu’il y a une entourloupe et qu’en parlant de « réclusion publique », le gouvernement ne respecte pas l’égalité entre religions,

Bref qu’on est en train de nous faire prendre des vessies pour des lanternes

Un tel propos n’est pas si incompréhensible que cela.

Et c’est un pente dangereuse, d’être ainsi obnubilé par ce qui serait incompréhensible ou pas.

 

Je salue donc les quelques députés et sénateurs (6, dont un ancien Ministre et un Vice-président du Sénat) qui ont eu le courage de signer la pétition que j’ai témérairement lancée

(suppression de la Halde, projet de loi sur le voile intégral ET projet de loi sur le mode d’élection des collectivités territoriales)

Je salue tous les autres CITOYENS (et non pas « anonymes » comme les médias veulent nous le faire croire) qui se sont associés à cette initiative :

Nous avons atteint les 300 signatures le 30 juin, et nous en sommes, ce matin du 3 juillet à 315.

Je publie ci-dessous la troisième liste de 100 signataires.

 

Bien sûr, et certains me le font remarquer, il y a bien d’autres choses, à dénoncer… Mais, bon, je ne pouvais pas faire un inventaire à la Prévert.

Et lisez ou relisez le texte, il a sa cohérence interne. Et il appuie là où cela fait mal.

Il n’est pas trop tard pour se mobiliser

Il n’est pas trop tard pour signer la pétition (en mettant, s’il vous plait, au moins une caractéristique qui peut préciser qui vous êtes et non votre seul prénom et nom) et la diffuser

(soit signature en ligne

http://www.petitionenligne.fr/petition/la-france-que-nous-aimons-vous-la-quittez/96
soit par le blog:

http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com
ou par mel à declarationlaicite@hotmail.fr)

 

TROISIEME LISTE PETITION (au 30 juin 2010) :

 

Nadia Achehboun,

Ellen Adam

Céline Aimon

Valérie Amiraux, Professeure d’Université

Nessrine Ayala

Aanan Aziz, Etudiant en histoire, Université de Dijon

Laury Bacro, Doctorante en Philosophie

Diane Barraud, Pasteur, Mission populaire, Paris

Jean Bart, Historien du droit, Dijon

Noemie Baroux, Responsable associative, 77

Renaud Beauval

Anne-Marie Bayle, EHESS

Mohamed Bechari, Président de la Fédération Nationale des Musulmans de France

Karima Bilal

Alain Blondelle, Commission Laïcité, LDH

Laurent Bloch, Informaticien

Marie Bonnet, Psychanalyste, Docteure en anthropologie

Michel Boissard, Historien

Monique Branstein

Jean-Pierre Brassac, Ecrivain

Guy Bruit, Professeur, Militant associatif

B. Bouchard, Militante FASE

Jérome Bouchereau, Enseignant Education Civique

Pierre Bülher, Docteur honoris causa de la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier

Gabrielle Cadier, Présidente d’une association protestante, Paris

Barbara Cassin

Michel Cauzid

Jacques Celet, Président de la section de Nanterre de la LDH

Evelyne Charmeux, Professeur honoraire IUFM, Toulouse

Alain Clary

Marie-Agnès Combesque

Michel Cornillon, Ecrivain, Leugny (89)

Lahcen Daaif

Dominique Dedet, Professeur retraitée de langues anciennes

Agnès de Féo, Sociologue, Réalisatrice

Christian Delorme, Ancien Membre du Haut Conseil à l’Intégration, Prêtre du diocèse de Lyon

Pierre Desbruyeres

Di Diné

D. Djerrah

Françoise Duthu, Universitaire,  Ancienne Députée au Parlement européen

Anouarnourdine Eirida

Eric Favey, Ligue de l’Enseignement

Sylvette Fayet, Conseillère municipale, Nîmes

Francis Foliguet, Paris

Christine Fourastié

Vincent Fransioli

Anne Fraudais, Conseillère Municipale de Bougival, Militante associative, politique et syndicale

Benjamin Gaubert

Fanny Gondran, Retraitée fonction publique, Poète

Odile Grange, SGEN-CFDT

Michel Guerin Von Eickern, Libraire

Coralie Guillot

Claude Henaff-Mutzig

Jeannine Hermann

Marc Hubaut, Ingénieur conseil en informatique, Monteux (84)

Annpôl Kassis, Ecrivain, Paris, Membre de l’ARPD, Secrétaire association FDFA

Farhad Khosrokhavar, Directeur d’Etudes à l’EHESS

Hadrien Lalanne

Anne-Sophie Lamine, Professeure de sociologie, Université de Strasbourg

Jeremy Landor, Conférencier

Maud Lasseur, Enseignante agrégée, docteur en géographie

Jean-François Launay, Principal de Collège honoraire, Militant associatif, Luçon, 85

Marie-France Launay, Retraitée de l’Education nationale, Lucon, 85

Max Lejbowicz, Ingénieur d’Etudes, Paris

Michel Lemée, Doctorant EHESS

Solweig Le Moal, Chargé d’études association

Jean-Loïc Le Quellec, Directeur de Recherches au CNRS

Olivier Maes

Karim Mahmoud-Vintam, Doctorant, Paris

Camille Majerus

Michele Martin,

Christian Masson

Gilbert Meynier, Professeur d’Université

Joël Minois, Ingénieur Retraité

Nora Missaoui, Responsable associative

Jacques Monteil, Responsable associatif

Marcel Moutoucomrapoule

Laurent Mucchielli, Sociologue, Directeur de Recherches au CNRS

Jean-Christophe Muller, Pasteur

René Neveu

Thomas Osmond, Docteur en Anthropologie, Assistant Professeur Addis Ababa University

Marina Pajoni

France Parada

Jean-Louis Paul, Instituteur public, Ploër sur Rancve (22)

Antoine Pitchaya

Michel Piquet

R. Retrif

François Ribac, Compositeur

Bernadette Ripp-Hergott

Marc Rozenblum

Arnaud Sérandour, Maitre de Conférences EPHE

Alain Tailleur, Syndicaliste Renault

Philippe Terroire

Mathieu Torres, Musicien

Pierre Tournemire, Vice-Président de la Ligue de l’Enseignement

Farida Verhaege

Daniel Weinstock, Citoyen français, Professeur de Philosophie et Directeur du CREUM, Université de Montréal.

Marie-Claude Willard, Professeur retraitée, Boulogne

Négar Zoka, Réalisatrice, Paris

Jean-François Zorn, Professeur d’Histoire du Christianisme  contemporain, IPT, Montpellier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Je n’ai pas trouvé une version plus récente. A priori, il n’y a pas eu de changements. Mais si un internaute a des infos…, comme d’hab. je suis preneur, bien sûr.

[2] De la Révolution française à 1904, au contraire, les républicains ont souvent affirmé que la réclusion conventuelle était contraire aux dites valeurs de la République, et des lois ont été votées pour fermer les couvents.

Or de telles mesures apparaissent aujourd’hui comme intolérantes et leurs promoteurs comme « sectaires ».

Donc dans 100 ans….

11:47 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (8)

29/06/2010

Autant pour moi!

Suite à la Note d'hier ("la laïcité doublement bafouée"), vérification faite, j'ai confondu 2 cérémonies, à propos de la construction de la mosquée de Paris dans les années 1920 :

-la pose de la première pierre,ou plus exactement l'orientation rituelle de la salle de prière, par la détermination géomagnétique de la qibla (direction de La Mecque), le 22 mars 1922: le gouvernement français était représenté par un sous-secrétaire d'Etat:Maurice Colrat (auteur de la formule "il ne montera vers le beau ciel nuancé de l'Ile de France qu'une prière de plus dont les tours catholiques de Notre Dame ne seront point jalouses"). C'est cette cérémonie à laquelle je faisais allusion.

-l'inauguration de la mosquée, le 15 juillet 1926, où... si le Président du Conseil était absent (et donc, d'un point de vue littéral, j'avais raison), en revanche, le président de la République Gaston Doumergue, ... et le sultan du Maroc étaient présents. Doumergue déclara: "La République admet, protège toutes les croyances: quelle que soit la voie que l'être humain se fraye vers zson idéal, cette voie nous est sacrée; nous la respectons et nous entourons ceux qui la suivent d'une égale sollicitude."

Une troisième cérémonie, proprement religieuse: l'inauguration de la salle de prière de la mosquée a lieu le 16 juillet. Il n'y eu pas là de représentant de la République.

Source: Michel Renard in M. Arkoun (dir.) Histoire de l'islam et des musulmans en France du Moyen-Age à nos jours, Albin Michel, 2006.

Cette rectification était nécessaire (cela m'apprendra à aller me coucher après avoir rédigé ma Note, à 23H15, au lieu de vérifier scrupuleusement!), mais, quant au fond, elle ne change pas ce que j'ai écrit hier: il est souhaitable que l'islam soit en France, une religion comme les autres, et il n'est pas souhaitable que le chef de gouvernement aille inaugurer un édifice de culte de quelque religion que ce soit. D'autre part, l'aspect de "troc"  (inauguration -loi d'interdiction) n'a pas échappé aux journalistes. Cf, notamment l'article de Catherine Coroller dans Libé (29/6/2010) : "Islam: Fillon fait le choix du croissant et du bâton" .

17:55 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (1)

28/06/2010

La laïcité doublement bafouée

François Fillon a inauguré aujourd'hui la mosquée d'Argenteuil. La semaine prochaine il va présenter un projet de loi interdisant partout le voile intégral. Il croit ainsi faire match nul à l'égard de l'islam. Ou plutôt encourager un "islam modéré" et combattre un "islam radical". mais ce n'est pas du tout ainsi que les choses se passent.  

D'une part, est-ce le rôle d'un premier ministre d'inaugurer un édifice religieux? Je ne le crois pas, car cela donne un air d'officialité qui est contraire à la loi de 1905. Certes, dans le cas présent, cela ne trompe personne. Il n'y a aucun danger que l'islam devienne la religion officielle du gouvernement dont M. Eric besson est ministre! Et tout le monde sait que c'est pour faire "passer la pilule" de la future loi d'interdiction intégrale du voile intégral.

Il n'empèche: c'est, sauf erreur de ma part, la première fois depuis 1905 qu'un chef de gouvernement inaugure un édifice religieux. Et le précédent est très facheux. Lors de l'inauguration de la mosquée de Paris, le gouvernement était représenté, mais certes pas par son chef. Il est des hommages suspects. Celui là en est un.

Les musulmans, comme tous les autres citoyens, ont besoin de reconnaissance, l'islam, lui, a besoin de liberté. Ni plus ni moins. Ni l'islam, ni aucune autre religion ne doivent se trouver entraîner dans une reconnaissance officielle. Et là, c'est pire, puisqu'il a également la tutelle du gouvernement algérien. Islam sous double surveillance!

Quant à la loi de la semaine prochaine, je vais très rapidement en reparler. Ses attendus, la aussi, sont un dangereux précédent, ils menacent les libertés publiques et vont bien au-delà du voile intégral. Refusons l'alternative: si vous n'êtes pas pour le voile intégral, vous devez être pour la loi. Sont-ils pour le voile intégral les nombreux juristes et responsables d'associations laïques qui se sont nettement prononcés contre la loi?

 Qui ne voit pas que, dans les deux cas, l'ISLAM SE TROUVE INSTRUMENTALISE, au service de deux religions civiles: d'une part celle qui, comme l'indiquaient déjà les discours du Latran et de Ryad, redonne de l'officialité aux religions; d'autre part celle qui transforme le nécessaire débat sur les valeurs en atteintes aux libertés publiques, qui figent les principes en "dogmes".

Comme très vite on va reparler du projet de loi, l'essentiel aujourd'hui est de protester contre ce cadeau empoisonné fait "à l'islam", cette première atteinte à la laïcité, ce précédent qui fera que demain la confusion entre politique et religion va prospérer et se réclamer de l'inauguration du 28 juin 2010 pour prétendre être républicainement légitime.

23:00 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (2)

25/06/2010

Les Politiques entre vice et vertu. Nouvelles de la Pétition.

Multiplication d’« affaires » qui mettent en cause des ministres, Sarko recevant (et pas à sa demande !) Thierry Henry le jour de la grève contre les retraites, Guillon évacué pour cause de mauvais humour sur les politiques,…

Tout cela suscite en moi des sentiments très mêlés.

D’une part, je voudrais défendre la fonction du politique, indispensable, fondamentale en démocratie, je voudrais dire : attention, prière de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Je pense aussi à toutes celles, tous ceux qui tentent de faire de la politique, parce qu’ils continuent d’en espérer quelque chose.

De l’autre, c’est un peu : « plaidoyer pour les indéfendables » et j’ai peur de me faire mal comprendre en tentant d’être ailleurs que dans l’indignation face à un spectacle (et il s’agit bien de cela) souvent vraiment peu ragoûtant.

 

Spectacle : un des rôles du politique est d’être sur le devant de la scène, et le développement exponentiel de la communication de masse a majoré ce rôle. Et je comprends que la partition jouée suscite la colère. A certains moments, je la partage.

A d’autres, je dis : Attention ! Le politique est dans une certaine mesure, et devrait être beaucoup plus, un contre poids face au pouvoir exorbitant de ceux (et celles, mais c’est surtout « ceux ») qui tiennent les leviers économiques et financiers.

Ceux-là ne cherchent pas à paraître, à jouer sur le devant de la scène. Ils préfèrent les coulisses : pour vivre puissants, vivons cachés ! Moins on parle médiatiquement d’eux, plus ils sont contents.

 

Alors vous me direz, les medias ne les ont pas épargnés depuis le début de la crise : parachutes dorés, évasion fiscale, stock options, etc

Outre que cela pose autre problème sur lequel je reviendrai, je constate la différence entre le fait de signaler tel ou tel fait, donner l’info une ou deux fois, et la passer en boucle.

Vous avez remarqué, au bout du compte, qu’on s’indigne plus des compromissions de la famille Woerth (et loin de moi l’idée de les minimiser) que du fait même qui en est la cause : la fortune de Mme Bettencourt elle-même et sa propre conduite.

En amont de l’affaire Woerth, il y a une affaire Bettencourt, non ?

 

Vous n’êtes pas d’accord ? C’est votre droit. Ce que je voudrais dire, et c’est difficile de le dire, certes, c’est qu’il faut faire attention de ne pas tomber, même pour les meilleures raisons du monde, dans une disqualification complète du politique, dans la croyance, qui devient de plus en plus dominante, qu’il est complètement ridicule, inefficace, etc

Qu’il est, de toute façon, composé que de pourris et de nuls.

 

J’écris d’autant plus cela, que je n’échappe pas moi-même à la critique que je suis en train de faire. Après mon audition devant la Mission parlementaire, je me disais : décidément, ils sont vraiment nuls, Nuls de chez Nul.

J’ajoutais en mon for intérieur : décidément si l’anti parlementarisme se développe, ils n’ont qu’a s’en prendre à eux-mêmes, tellement leur niveau intellectuel est bas.

De la discussion que j’avais eue, seules sortaient intacts les remarques et questions d’un député de la majorité et d’une députée du PS (la seule femme d’ailleurs à avoir pris la parole).

 

Donc, j’ai des réactions contradictoires, mais peut-être est-ce parce que le rôle du politique est lui-même très ambivalent :

-à la fois tenter d’avoir le « pouvoir de », le pouvoir d’améliorer, voire de transformer les choses

-et avoir « le pouvoir sur », être l’élu face à l’électeur, le ministre face au citoyen ordinaire, et donc le clerc face au laïc : ce n’est pas pour rien que l’on parle de « l’onction du suffrage universel » !

 

Je voudrais que l’on se focalise un peu plus sur le « pouvoir de », et ses résultats

Non dans l’effet d’annonce mais dans les conséquences concrètes

Non dans l’immédiateté mais dans la moyenne et longue durée

Non dans la seule actualité mais dans l’ensemble de la réalité, dont les 9/10ème, comme l’iceberg, sont invisibles.

Non au seul niveau des ‘vedettes’, mais aussi dans tout le terreau national, régional, local.

Et, finalement, même si cela va à contre courant, que l’on soit plus attentif à l’aspect proprement politique, et un peu moins à l’aspect moral, souvent pris de façon moraliste.

 

Rassurez vous, je ne demande pas que l’on ferme les yeux quand il y a des turpitudes.

Je vais prendre quelques exemples pour tenter de me faire comprendre :

Je trouve beaucoup plus grave que Fadela Amara ait aussi lamentablement échoué dans sa politique à l’égard des banlieues (même si c’était un peu « mission impossible », mais l’action politique, au départ, est toujours plus ou moins cela), que le fait qu’elle ait fait profiter sa famille d’un logement de fonction qui n’est, au reste, pas somptueux

Je trouve que c’est manier l’amalgame que de mettre dans le même sac  comme étant autant de « privilèges attractifs », «palais et hôtels particuliers somptueux » d’un  côté, « chauffeurs, garde du corps » de l’autre (Sophie Landrin, Le Monde, 23 juin 2010, et d'autres medias ont indiqué la même chose).

 

D’abord, on confond là « privilèges » (palais, hôtel) et fonctionnel (chauffeur, garde du corps).

Ensuite, je serai prêt à accepter, la société n’étant pas égalitaire, dans une certaine mesure, de relatifs « privilèges » (des dirigeants de grande entreprise, mais aussi, il a fallu que la coupe déborde beaucoup pour le  dire, des footballeurs  en ont 10, 100 fois plus) s’ils s’accompagnaient de résultats effectifs à terme.

 

Sur le premier point (ne pas confondre privilèges et fonctionnel), vous pouvez penser qu’il s’agit un peu d’un plaidoyer pro domo. En effet, ma propre ambivalence est d’être un citoyen ordinaire ayant eu une expérience d’un Cabinet ministériel.

Là, effectivement, je bénéficiais d’un des chauffeurs du Cabinet pour mes déplacements.

Il ne me semble pas qu’il s’agissait d’un « privilège »

(la question me semble beaucoup plus la coupure qui s’instaure si on ne prend plus jamais les transports en commun, si on n’a plus jamais la vie de l’individu ordinaire) :

Cela me permettait de relire mes dossiers avant une entrevue importante, voire de téléphoner à ma secrétaire pour vérifier tel ou tel point.

Cela me faisait gagner du temps, dans des journées qui commençaient à 8 heures du mat, et finissaient le plus souvent à 22 ou 23 heures (remarquez, je dirai en toute modestie que cela ne me changeait guère des journées d’enseignant-chercheur)

 

Au sujet de la durée des journées de travail, j’ai un souvenir assez drôle : un journaliste avait demandé de pouvoir faire un reportage sur une journée de la vie du Cabinet.

Il était arrivé à 9 heures, et surtout… il était parti à 17 heures, estimant SA journée de travail terminée. Et, dans le reportage, il faisait comme ci la journée du Cabinet s’arrêtait à 17 heures !

Ca, c’est de l’info, Coco !

 

Par ailleurs, quand il y a eu une grève dure des profs dans le 93[1], on m’a imposé, quand j’allais rencontrer les dits profs, une protection. Alors là, c’était vraiment une contrainte et non un « privilège ».

I had a dream : me faire prendre en otage par mes collègues professeurs grévistes, et pouvoir discuter avec eux des heures et des heures.

Voyez vous, je ne craignais pas qu’ils me torturent !

Plus sérieusement, j’ai souvent observé que la Ministre, à ce moment là, était en tension avec son garde du corps.

 

Je me souviens, notamment, d’une fois où les grévistes empêchaient la voiture ministérielle d’avancer. Ségolène avait ouvert la vitre pour dialoguer avec des personnes qui l’invectivaient, de manière assez chaude.

Le garde du corps avait refermé la vitre, et avait intimé l’ordre au chauffeur de foncer pour que les gens s’écartent. Ce à quoi, Ségolène avait donné contre ordre au chauffeur, lui demandant d’aller doucement et de ne prendre aucun risque.

Un garde du corps, c’est contraignant, ce n’est vraiment pas un « privilège ».

 

Donc je suis inquiet quand je constate qu’on mélange tout.

Pour l’hôtel particulier, rassurez-vous, cela n’a plus rien d’un plaidoyer pro domo (ni de le cautionner, simplement de prendre la mesure des choses).

Et ayant été dans l’appart. de la Ministre, je peux dire qu’il était bien,  mais sans être luxueux, et qu’il m’est arrivé de dormir dans le même hôtel qu’elle, et qu’il ne s’agissait pas d’un 5 étoiles.

 

C’est donc uniquement une position de principe : l’efficacité réelle, intelligente, qui ne jette pas de la poudre aux yeux mais change les choses de façon plus juste (et c’est extrêmement difficile, car si on ne tient compte ni du rapport de force ni des effets contre productifs possibles, l’un et les autres vous pètent à la figure, tels des boomerangs) c’est ce que je demande d'abord au politique

 

L’efficacité politique réelle plus que l’exemplarité morale.

Que le politique fasse bien son boulot, pas besoin qu’il soit un saint.

Au contraire, les saints, en politique comme ailleurs, je m’en méfie plutôt.

Ni le vice, ni la vertu ne conviennent au politique.

 

Le moralisme, c’est quand le jugement moral supplante l’analyse ou  en tient lieu. Quand la vertu devient LE critère, au lieu que ce soit l’intelligence de l’action.

Ce moralisme cache souvent une paresse intellectuelle. Et il est aussi souvent hypocrite.

Puisque je me suis laissé aller à des confidences, encore une pour la route : dans cette petite expérience d’un Ministère, quelque chose m’a stupéfait.

 

Il s’agit de coups de téléphone que j’ai reçu, de connaissances (se prétendant amis), ou même d’amis d’amis (que je ne connaissais absolument pas, mais qui, sans vergogne, empruntaient le nom de mes amis pour passer le barrage de la secrétaire)

Et là, oui, on me demandait (parfois on exigeait presque), que j’use de mon influence supposée pour faire obtenir à ces M’sieurs dames, tel ou tel « privilège ».

Par exemple : « J’ai mon fils qui est prof en ZEP, il faudrait le faire nommer dans un établissement plus tranquille ».

Et le refus rendait les gens furieux

 

La surprise du 1er coup de fil passé, j’avais une réponse toute prête : « J’ai moi-même un fils qui enseigne en ZEP, et je n’ai pas pensé le 8ème d’un quart de seconde, faire une quelconque démarche en sa faveur. »

En fait, d’ailleurs, il se débrouillait fort bien.

Mais là n’est pas la question : ce que je voulais dire c’est que, personnellement, j’ai retiré de cette expérience (très partielle, j’en conviens) surtout la demande de « privilèges » de la part des dits citoyens ordinaires, et non un Cabinet ou des Ministres qui chercheraient à en avoir.

 

Un mot pour finir sur Guillon. Je l’ai déjà indiqué, en déplaisant aux internautes (mais je ne vais pas commencer à m’auto censurer pour plaire !) : Guillon m’a très rarement fait rire et je trouve qu’il participait à la dérision envers le politique et non à sa critique.

 

Ceci dit, 3 choses :

- D’une part je trouve scandaleux, indigne d’une démocratie, dangereux pour les libertés publiques, que ce soit le président de la République qui nomme les dirigeants des chaînes de radio, de France-télévision, etc.

Tout ce qu’ils font est, du coup, entaché de suspicion.

Et j’en veux à D. Schnapper, la dite « républicaine », d’avoir laissé Joxe défendre tout seul la démocratie, de ne pas avoir voté l’inconstitutionnalité de cette mesure.

- D’autre part,  je trouve très significatif que ce soit sous la direction de Philippe Val, l’ex directeur de Charlie Hebdo, qu’une telle décision soit prise. J’avais déjà indiqué que le Charlie de Val c’était la big décadence

- Enfin, si j’ai bien compris, tout humour ou pseudo humour va disparaître de la tranche horaire du 6-9 de France-Inter. Alors là, je regretterai vraiment la chronique du vendredi de François Morel.

Cette chronique, c’était elle, de l’humour fin et caustique, intelligent et qui allait loin. Il me semble très significatif, et inquiétant pour l’état mental de la société française, que ce soit Guillon la vedette, et non  Morel. La finesse ne paye pas, braves gens !

Allez, pour nous consoler ensemble, je vous invite cet été dans mon humble île aux Seychelles (que j’ai oublié de déclarer, quel étourdi je fais !)

 

PS : La famous pétition, où en est-elle ? Moderato cantabile. Après un départ en fanfare qui m’a tout à fait surpris, j’ai eu une surprise inverse : une fois le verre a moitié plein, il ne se remplit plus qu’au compte goutte.  On va vers les 300, mais pianissimo.

(je publierai la 3ème liste de signataires la semaine prochaine)

La faute aux Bleus bien sûr !, ils ont accaparé toute l’attention par leurs si brillantes prestations, reflétant l’état général de la France ![2]

Je ferai le point plus en détail dans une prochaine Note.

 

Ceci dit : merci à celles/ceux qui ont signé, se sont mobilisé, l’on diffusé et la diffuse encore.

L’intérêt, déjà, est la diversité des signataires (malheureusement certains ne mettent pas de précision sur eux), leurs engagements et qualité, les débats qu’elle a suscités, et dont je vous reparlerai.

Je sais que les vacances sont une fort mauvaise période, mais les problèmes qu’elle traite, nous allons les retrouver en septembre. Donc s’il est possible de la « muscler » encore un peu d’ici là,….

A bon entendeur, salut….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Entre parenthèse, cette grève, on l’avait senti venir, la Ministre en premier. On avait prévenu Jospin à l’avance et on lui avait indiqué les mesures à prendre pour l’éviter. Sans résultat. Et donc Jospin me fait bien rire quand il tente maintenant de déprécier Ségolène. Il aurait mieux fait de l’écouter davantage.

[2] Heureusement pour moi, comme je me sens également Japonais et Mexicain, je peux toujours vibrer pour la suite de cette Coupe du Monde.

12:20 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (1)

20/06/2010

Conseil à Anelka. Brèves de comptoir.

2 Brèves de comptoir sur THE sujet national: nos Bleus qui déc.....

 

1) Anelka, quand tu t'énerves contre Domenech, reste présidentiellement correct et dis lui "Casses toi, pauvre c..". Là ni la Ministre ni la Fédération ne pourront te faire la moindre critique: c'est un mot estampillé historique!

2) Personne (sauf votre serviteur) ne comprend les Bleus: ce n'est pas qu'ils ne savent pas jouer au foot, c'est juste qu'émus par les critiques contre leur hôtel à 650 € la nuit, les trouvant justifiées, ils ont décidé de rester à leur hôtel le moins longtemps possible. Braves petits gars!

20:22 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2)

18/06/2010

POUR 10000 APPELS du 18 JUIN. La pétition est en ligne

Depuis quelques jours déjà, et tout spécialement aujourd'hui, les medias nous gavent avec l'Appel du 18 juin. Cette manière de le commémorer l'embaume et le neutralise. Elle est nostalgie du passé, face à un présent où "tout fout le camp" (de la crise économique aux défaites de l'équipe de France!). L'appel du 18 juin, pour être toujours vivant, consiste à ne pas accepter L'INACCEPTABLE D'AUJOURD'HUI. A savoir être très minoritaire, comme le général l'était en juin 194

Faire de l'Appel du 18 juin un monument (funéraire?) alors qu'il s'agissait de l'acte solitaire et un peu fou d'un quasi inconnu, c'est le mettre hors de notre portée, dans une sorte d'espace sacré où nous, profane, serions sollicités pour le révérer. Alors qu'il faut multiplier face à la situation présente des MINI APPELS DU 18 JUIN, de multiples appels de femmes et d'hommes qui tentent de rester debout dans les tempêtes qui secouent notre planète.

L'appel du 18 juin signifie: il faut garder l'esprit libre face aux conformismes de son époque, aux évidences sociales, aux idées reçues. Et, dans certains cas, il faut savoir les refuser. QUE MILLE FLEURS S'EPANOUISSENT, QUE 1000 APPELS, loin de la commémoration médiatique et tellement récupératrices, SACHENT DIRE "NON" AUX ATTEINTES ACTUELLES A "UNE CERTAINE IDEE DE LA FRANCE", à une certaine idée du Canada, de l'Italie, du Japon, de la Belgique, des USA, du Mexique, de la Suisse, etc. A chacune et chacun de s'instaurer citoyen critique de son pays, et ainsi habitant de l'humanité, terrien autant que citoyen.

Parmi ces 1000, ces 10000 fleurs nécessaires, l'une d'entre elles, la Pétition LA FRANCE QUE NOUS AIMONS VOUS LA QUITTEZ (cf son texte dans la Note du 11 juin dernier) se trouve désormais en ligne: 

 http://www.petitionenligne.fr/petition/la-france-que-nous...

Ce sera ainsi plus facile désormais pour la signer (les autres moyens: un commentaire sur le Blog et envoyer un mel à declarationlaicite@hotmail.fr ) restent possibles. N'OUBLIEZ PAS DE METTRE VOTRE NOM, VOTRE PRENOM, et si possible UNE CARACTERISTIQUE au moins (lieu d'habitation, engagement associatif ou autre, profession, etc)

14/06/2010

La famous Pétition en débat, et la seconde liste des signataires

Je ne republie pas le texte de la pétition : « La France que nous aimons, vous la quittez », lancée mercredi dernier. Vous le trouverez dans les 2 Notes précédentes du Blog.
Avant de reproduire certains commentaires, de les commenter et de donner la deuxième liste de 100 signataires (si vous avez signé et que votre nom ne figure pas encore, ce sera pour la troisième, les 200 sont déjà dépassés), voici 2 ou 3 précisions sur les règles du jeu :

 

-pour le moment, 2 moyens pour signer :

l’espace commentaire du Blog, le mel declarationlaicite@hotmail.fr

A la demande de certains l’ouverture d’un site est envisagée. Mais il y a (de ma part) une double question de temps et de compétence

-la pétition est publiable en l’état sur n’importe quel site et blog. C’EST MÊME TRES RECOMMANDE !

On peut renvoyer aux 2 possibilités de signatures. On peut aussi recueillir directement des signatures. Le responsable du site ou du blog gère alors les commentaires et les signatures et donne la liste de ces dernières grâce aux 2 moyens indiqués.

-on peut aussi la tirer sur papier, avec la ou les liste(s) de signataires et la faire circuler, etc…

 

 

-aucune signature ne sera prise en compte s’il n’y a pas le nom et le prénom.

Au moins une autre indication est vivement souhaitée (engagement associatif, ou autre, profession, lieu d’habitation,…). Il m’a semblé en revanche que la mention d’un parti (que certains ont donnée) risquait de faire enlever à la pétition son aspect « société civile ». Mais j’hésite sur ce point.

Qu’en pensez-vous ?

-quelques non-Français, mais « Français de cœur », ou « très attachés aux valeurs de la France » ont signé : pourquoi pas : au début de la Révolution, n’importe qui s’affirmait attaché aux valeurs de la Déclaration des droits de 1789 pouvait devenir « citoyen français ».

 

Chacune/chacun a pu lire de nombreux commentaires sur le Blog. Parmi les commentaires reçus sur declarationlaicite@hotmail.fr voici une petite sélection :  d’abord les personnes qui signent avec des remarques critiques, ensuite celles qui ne signent pas et en donnent les raisons, enfin celles qui ne cachent pas leur enthousiasme.

 

I) D’abord voici des remarques critiques qui m’ont semblé très consistantes :

 

« Bravo pour ton initiative. Quelques remarques sur le projet de pétition, si c'est encore temps de faire des remarques, sinon, oublie-les.
1/ Le titre : pas très évident. Je suggère : "pourquoi quittez vous la France que nous aimons ?", ou bien "N'abîmez pas la France que nous aimons!" ou plus simplement : "la France que nous aimons".
2/ Sur la suppression de la Halde, peut-être dire un mot de la suppression associée du défenseur des enfants et de la CNDS[1]. C'est la question des droits de l'homme en général qui est en cause.

La CNDS notamment a eu à connaître des violences commises envers les étrangers expulsés et a en partie infléchi cette politique ainsi que des violences lors d'interpellations musclées dans les banlieues.
3/ Le dernier argument sur les élus des collectivités locales n'est pas du tout explicite
4/ Il manque me semble-t-il un quatrième point d'inflexion : le glissement progressif du judiciaire vers l'administratif dans de nombreux domaines, en particulier dans la loi sur l'immigration clandestine puisque cela constitue l'essentiel des dernières modifications.

De manière plus générale, c'est le caractère obsessionnel de la lutte contre les sans papiers et les loi sur l'immigration qu'il faudrait évoquer »

 

Commentaire J.B. :

Sur le 3), une note d’information a été ajoutée à la pétition.

Sur le 1), le titre est une paraphrase ironique de « La France on l’aime ou on la quitte » (cité dans le texte de la pétition), et donc il fallait qu’il soit le plus près possible, même dans la syntaxe, de cette phrase.  

Sur le 2) et le 4) : je n’ai pas voulu écrire une pétition généraliste (soit déjà faite, soit qui reste à faire) et longue sur l’immigration, l’ensemble des atteintes aux droits, ou sur l’établissement du défenseur des Droits avec l’ensemble des suppressions qu’il permet.

J’ai voulu cibler et relier deux « valeurs » que l’on est en train de nous VOLER sans vergogne :

 

 

-la laïcité : globalement, même si quelques signataires m’ont reproché d’avoir été trop élogieux à son égard, la Halde a défendu une conception de la laïcité qui me semble conforme à des moyens (neutralité et séparation) ordonnés à des finalités (liberté de conscience et égalité des citoyens), le projet de loi d’interdiction du voile intégral (même quand on est contre le port de ce voile là) malgré les avis des juristes (à la fois laïcité et liberté publique)

 

-l’égalité homme-femme : la contradiction flagrante entre les 2 projets de loi qui sont en même temps dans les tuyaux, celui de l’interdiction du voile intégral (où on crie très fort que c’est au nom de la dite égalité) et celui qui change le mode d’élection des élus des collectivités territoriales qui montre que l’on se fout royalement de cette égalité femme-homme

(la demande de précision montre qu’au moins j’apporte de l’info, puisque certains ne savaient pas que le changement de mode d’élection était calamiteux pour la parité)

 

Mais que la pétition soit aussi l’occasion de parler des différentes menaces qui pèsent sur « une certaine idée de la France », je suis totalement pour.

 

 

Dans cet esprit, voici 2 autres commentaires critiques consistants et bienvenus :

 

« J'aimerais, comme vous l'avez invité à le faire, apporter quelques remarques à votre pétition.

Soyez tout d'abord assuré que j'adhère sur tout ce que celle-ci contient, mais je trouve dommage que vous parliez de la Halde sans en faire de même pour les autres institutions qui seront fusionnées. Bien sûr, la pétition s'alourdirait si toutes les institutions devraient être présentées, toutefois, une attention spécifique à la CNDS serait largement appréciable.
Le rôle que cette commission porte est démocratiquement indispensable, surtout à l'heure d'une IGS/IGPN très peu saisie et très peu exigeante vis à vis des forces de police.

Je n'ai plus les chiffres en tête des saisines, ou des affaires effectivement traitées par l'IGS/IGPN, mais une rapide étude sur le Net à un moment où j'en avais besoin (cela date de l'année dernière : les choses auraient elles changées depuis? je suis sceptique) n'avait fait qu'empirer mes craintes : peu d'abus policiers sont dénoncés par les victimes, et une portion infime de ceux-ci sont réellement traités et sanctionnés.

La CNDS a elle élaboré en 2009 un rapport sur les abus et les dysfonctionnements des forces de police : elle met donc en lumière les faits qui ne sont pas dénoncés ou traités par l'IGS/IGPN.

Ce rapport de 2009 est largement détaillé, s'appuyant sur de nombreux exemples.

Ce rapport est selon mon avis dans la même lignée que le rapport d'Amnesty International de la même année, à ceci près qu'il est encore plus étayé et précis.

Cette commission critique a donc, du moins pour moi, fait preuve de sa réelle indépendance. Et comme le souligne Lionel Jospin dans un article paru dans Le Monde, cette fusion compromet largement sa liberté d'action et de réflexion. Assurer la liberté et l'indépendance de la CNDS, c'est aussi ça ma conception de la France.
Une dernière remarque, qui sort cette fois du débat sur la fusion dans un Défenseur des Droits : serait-il une bonne idée de réclamer la démission d'Hortefeux? C'est en tout cas mon avis. Cela dit, ce sujet pourrait faire à lui tout seul question d'une autre pétition. »

 

« Je suis d'accord pour signer cette pétition, mais j'aurais aimé qu'on y rajoute des éléments sur le fait que la CNDHS (je crois que le développé est commission nationale de déontologie et de haute sécurité, garante du respects des droits de l'homme par la police et la gendarmerie ait été dissoute, laissant le terrain à une inspection interne (boeuf carottes). On voit toutes les dérives possibles, notamment avec la garde à vue.

Bien d'autres sujets d'inquiétudes sur ces items: suppression de la défenseure des enfants; le décret CARLE intimant aux collectivités locales de financer les écoles privées quand les écoles publiques de la commune ne suffisent pas; réforme de la constitution non appliquée en ce qui concerne le référendum d'initiative populaire; suppression de fait du juge d'instruction indépendant, on ne leur donne plus de dossier; prise de pouvoir des média (nomination des présidents par le président de la république) Etc... »

 

II) Les personnes qui ne signent pas et en donnent les raisons :

 

« Je ne signerai pas pour deux raisons
  1) Je suis d’accord avec le “coeur de cible” la loi sur le voile intégral, mais pourquoi ne pas s’en tenir là, à ce compte il y a encore bien d’autres projets de Sarko qui ne me satisfont pas.  
2) Je ne comprends pas le sens de la rhétorique : “La France que nous aimons, vous la quittez ”: tu demandes quoi précisément ? Le changement de politique? La démission de Sarko ? Son exil ?  
Il semble qu’une pétition ne relève pas du pamphlet; elle doit avoir un objet précis et un but théoriquement atteignable. »

 

Commentaire J.B. :

-Le cœur de cible est plus complexe que celui indiqué, cf. mon commentaire précédent

-Non, je n’irai pas jusqu’à demander à Sarko de s’exiler à Saint Hélène. Cette pétition est d’abord une manière de dire : « Assez, l’instrumentalisation des ‘valeurs de la République’, leur invocation en même temps qu’elles sont foulées au pied, allègrement piétinées, c’est insupportable, la coupe est pleine. Vous prétendez que nous sommes ‘l’anti France’, or nous somme l’autre France. »

-L’objectif précis, ensuite, est de protester contre la suppression de la Halde et les 2 projets de loi dont j’ai parler dans mon 1er commentaire

 

« Le  "nous   aimons"  me  reste  dans  la  gorge   ,cela  fait Ségolène et  drapeau  au  petit  déjeuner,  la  France  d'aujourd'hui   est  une  province
de l'EUROPE,  c'est  cela  que  nous  devons  vouloir. Tout  le  reste,  très  juste. (Mais) ne  pas  jouer  le  jeu  de  l'amour  baveux. »

 

Commentaire J.B. :

D’abord, j’aime mieux « faire » Ségolène que Sarko : je renvoie à ce sujet à l’analyse de Gérard Noiriel : dans son livre A quoi sert l’identité nationale (Agone), il décrypte les discours des 2 candidats de 2007 et montre clairement que l’une est dans la tradition de Jaurès, et l’autre dans celle de Barres.

Certes la France fait partie de l’Europe, mais les enjeux dont il est question dans la pétition restent nationaux. Et je n’ai pas envie de me faire voler une conception universaliste de la France par ceux qui la défigurent. Le mieux ne serait-il pas l’ennemi du bien ?

 

III) Parmi celles et ceux qui ne cachent pas leur enthousiasme  (extraits) :

 

- « Je soutiens votre pétition qui relève avec des mots justes ce que je ressens contre la suppression de la Halde et le mépris flagrant des droits dans les cas que vous indiquez »

- « Je signe la pétition parce que je ne me reconnais plus dans mon pays, dans celui que j'ai fait aimer à mes élèves des quartiers Nord de Marseille. Non seulement je ne me reconnais plus mais j'en ai honte. »

- « En tant qu'enseignant et chercheur étranger mais d'origine française et très attaché à  la France et a ses valeurs, j'adhère avec enthousiasme a la pétition. »
- « Bravo pour la pétition, Je signe de deux mains »
- « Avec tous mes encouragements. Pour une laïcité qui entretient la vie pas une laïcité qui tue par étouffement. »

- « Belle et bonne initiative ».

- « Je signe la pétition. Je la diffuse à mon réseau féministe et universitaire ».

- « Je signe contre la suppression de la HALDE, contre l'interdiction de la burqa (de même contre l'obligation) pour des élections sur liste (et, mieux, à la proportionnelle) »,
-  « 
Merci pour cette engagement public sans compromis (ni compromission) auquel je souscris dans sa totalité »

- « Enfin une initiative plus que  consistante, à laquelle les citoyens républicains laïques ne peuvent que souscrire. Qu'elle s'épanouisse et que d'autres initiatives viennent en relais. Allez ! »

- « J'adhère en tant que citoyen laïque et républicain »

- « C'est une pétition courageuse, rafraîchissante. »
- « Je trouve désordre et malsain que des gens comme moi, d'origine étrangère, (qui, plus est sont: chef d'état : Nicolas Sarkozy; et ministre: Eric Besson) aient pu lancer par pur populisme et démagogie ce débat sur l'identité nationale. (Si des " franco-français" de l'extrême droite l'avaient fait : passe encore...!) »
- « Je suis musulmane "réformée", et je revendique ma pluralité culturelle: algérienne, française, ...j'ai eu vent de votre pétition par l'intermédiaire d'une liste d'information "politique", laïque, ... j'aimerais tellement qu'un- e musulman-e, lance aussi une telle pétition pour dire aux musulman-e-s qu'il y a bien d'autres façon de vivre sa foi, son engagement, ... »

- « Bravo pour le succès de la pétition... peut-être faudrait-il essayer de la publier comme une lettre ouverte dans Le Monde ou alors dans un journal comme Politis. »

- « merci pour ce coup de colère pétitionnaire »

- « Je signe pieds et mains joints »

 

Commentaire J.B. : MERCI : diffusez, propager, faites signer et débattre….

 

Et maintenant, une seconde liste de 100 signataires (cf. la première dans la Note du 11/06)

 

Roger Abovici, Directeur d’hôpital honoraire, citoyen laïque et républicain

Jean-Loup Amselle, Directeur d’Etudes EHESS

Nawal Badaoui, Coordinatrice, ancienne Conseillère municipale, Roubaix

Janine Baraton

Corentin Benaïssa

Miguel Benassayag, Langry

Sylvain Bergounioux, Directeur de Cabinet

Gilles Bernard, Restaurateur, Militant politique et associatif (FASE), Paris

Bernard Bier, Chargé de recherches, Paris

Alain Bonhomme, Haut fonctionnaire, Paris

Daniel Borrillo, Juriste, Université Paris-Ouest Nanterre, CNRS

Benkheulouf Boualem, Responsable associative, Aubervilliers

Jean Boulègue, Universitaire

Lionel Bourgeois, Avocat

Maryse Butel, Président section LDH, Lorient

Jacqueline Charretier, Président LDH, Uzès (34)

Mary Chebbah, Professionnelle dans le secteur artistique, Lyon

Michèle Cortot

Monique Crinon, Sociologue, philosophe

Jocelyne Dakhlia, Directrice d’Etudes, EHESS

Claude Dargent, Professeur et directeur du Département de sociologie, Paris VIII, Saint Denis

Jean-Pierre Dedonder, Professeur des Universités, ancien Président de Paris-Diderot Paris-7 et ancien Recteur de l’Université de Créteil

Pierre Delmas, Ingénieur retraité, Paris

Monique Dental, Animatrice du réseau féministe Ruptures

Christiane Dieterlé, Vice-présidente du Centre socioculturel de Tournon-sur-Rhône, Bibliste ERF

Claire Donnet, Doctorante

Olivier Doubre, Journaliste à Politis

Bernard Dreano, Président de l’Assemblée européenne des citoyens (HCA)

Françoise Dumas-Champion, CNRS

Marion Duteurtre, Militante LDH

Yann Fiévet, Professeur de Sciences Economiques et Sociales

Anne-Marie Foliquet, Paris

Marc Gaboriau, Directeur d’Etudes EHESS, Directeur de recherches CNRS

Michel Giraud, Chercheur CNRS, Université des Antilles et de la Guyane

Jérome Gleizes

Eric Goffroy, Islamologue à l’Université de Strasbourg

Christian Guérin,

Chantal Guichenu, Retraitée, Ondres (40)

Jean-Patrick Guillaume, Professeur d’Arabe à l’Université Paris III

Marie-Yvonne Guyon, Responsable d’une épicerie sociale à Limours (91)

Jean-François Havard, Maître de Conférences en Sciences-Politique, Université de Haute-Alsace

Pierre Hethener, Retraité, Marseille

Janine Hubaut, Professeur retraité, militante des droits de l’homme, Monteux (84)

Véronique Hummel, Journaliste, La réunion

Jalal Jallane, Paris, Artiste

Michel Jouvin, CNRS

Chachoua Kamel

David Koussens, Doctorant UQAM

Nadia Kurys

Barbara La Barbera, Conseillère municipale, Aubagne

Robert Launay, Professeur d’Anthropologie à Northwestern University

Stéphane Lavignote, Pasteur de la Mission Populaire, se réclamant du Christianisme social

Patrick Leclerc, Conseiller Général des Hauts de Seine

Nathalie Lejbowicz, Professeur de mathématiques

Clarence Lelièvre, Responsable SI, Bordeaux

Gilles Lemaire, Responsable politique

Anne-Marie Lepagnol

Jeannine Le Rhun, Maître de Conférences EPHE, PRODIG

Léna Li, Responsable SIG

François Licheterowicz, Youx (63)

Laurence Loeffel, Maître de Conférences, Lille 3

Martine Loyau

Chantal Marchand Bonivar, Militante des droits de l’homme, Beauvais

Michel Maric, Maître de Conférences, Université de Reims

Jean-Paul Martin, Maître de Conférences, Lille 3

André Mary, Directeur de recherches CNRS, CEIFR-EHESS

Christian Masson

Jean-Pierre Michel, Sénateur de la Haute-Saone

Gérard Moine, Militant associatif, Mulhouse

François Munier, Membre du CA du MRAP

Emmanuel Naquet, Historien

Claire Nancy, Consultante, membre LDH d’Antony

Jacqueline Oechner de Coninck, Artiste-peintre de la Onzième heure

Adriano Oliva, Chercheur et dominicain

Chama Perot, Paris

Evelyne Perrin

Claude Hélène Perrot, Professeur émérite Paris I

Jérome Picard, Fonctionnaire, Marseille

Toni Prima, Retraité Education nationale, Marseille

Daniel Roche, Professeur de Lettres en Khâgne

Annie Rouquier, Historienne (IA-IPR), Vauguenargues (13)

Pierre Ruscassie, Enseignant, membre du Comité de rédaction de Démocratie et socialisme, responsable politique Pyrénées-Atlantique

Valérie de Saint-Do, Journaliste

Malik Salemkour, vice-président LDH

Rachel Sarg, Doctorante, Université de Strasbourg

Catherine Saur, Retraitée du spectacle, Saint Denis

Céline Scavennec, Citoyenne

Nathalie Seghair, Libraire

Aurélien Sevin, Etudiant, Paris

Gilbert Tallent, Ingénieur de recherches, Portes (30)

Alain Ternot

Michel That

Nicole Trampoglieri, Enseignante,, Militante associative, attachée à la laïcité et aux pratiques solidaires

Raymond Trampoglieri, Ingénieur CNRS retraité (idem Nicole)

Marie-Claude Treilhou, Cinéaste

Pierre Tripier

Bernard de Veylder, Principal de collège

Léo Viguie

Kristina Wagner, Retraitée enseignement agricole

Valentine Zuber, Maître de Conférences, EPHE

 


[1] Précision de J.B. : Commission Nationale de Déontologie et de la Sécurité.