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25/09/2010

MON AMI MOHAMMED ARKOUN

Mohammed Arkoun est mort, il y a une dizaine de jours. Je n’ai pas voulu me précipiter pour parler de lui. Je n’aime guère les hommages rendus à chaud. Même quand ils sont très sincères, ils semblent avoir un aspect convenu, un peu désagréable.

En même temps, je ne voudrais pas susciter de fausses interprétations par mon silence. Un ami m’a déjà demandé si c’était à cause de notre «différent » (le mot est de lui) lors de la Commission Stasi, que je m’abstenais de lui consacrer une Note. Je reviendrai sur la Commission. Mais la réponse est, bien  sûr, « non ».

 

Mohammed, c’était d’abord un véritable philosophe. En ce temps où le terme est galvaudé, parce que l’essayisme se pare souvent du manteau de la philosophie, où certains dits philosophes sont beaucoup plus brillants que profonds, ou se contentent de théoriser leur affect, leurs émotions, Arkoun creusait son sillon avec talent, ténacité et courage. Il s’adonnait à l’aventure de la pensée, en prenait les risques.

C’est d’ailleurs pourquoi, il ne voulait guère qu’on lui colle une étiquette englobante de « musulman », même s’il affirmait, en privé, l’être à sa manière. Mais il préférait que l’on le qualifie, s’il fallait le mettre dans une catégorie (ce qui ne lui plaisait pas tellement), de « penseur de l’islam » ou d’ « islamologue ».

 

Alors, bien sûr, nous avons eu des discussions où se différenciait le point de vue du philosophe et le point de vue du sociologue. Mais comme chacun de nous tentait d’être attentif à la cohérence interne de la pensée de l’autre, cela s’avérait plutôt enrichissant. En tout cas pour moi.

 

Nous avons eu des combats communs, notamment celui de l’accueil par l’enseignement laïque d’une approche de connaissance des religions, du religieux, etc (les mots sont toujours un peu piégés). Nous avons participé à pas mal de discussions, de tables rondes, etc en ce sens.

Mais, de façon plus précise, au début des années 1990, nous avons beaucoup travaillé ensemble pour que soit créé un Institut d’Islamologie.

Ancien élève de Massignon, il estimait que l’Ecole Pratique des Hautes Etudes était le lieu le plus approprié pour être l’institution d’accueil d’un tel Institut.

Comme j’étais alors président de la section des Sciences religieuses de l’EPHE, avec l’accord chaleureux de ma présidente d’établissement et des « islamologues » de la section, j’ai géré le dossier.

Des contacts furent établis avec un Conseiller du Président Mitterrand . Un dossier fut peu à peu constitué, grâce à diverses rencontres. Des vues concrètes se dégagèrent.

Bref le projet prenait de plus en plus corps. Le dit Conseiller comprenait parfaitement l’enjeu et se montrait on ne peu plus coopératif.

Chaque fois que nous nous rendions ensemble à l’Elysée, Arkoun développait une vision enthousiaste du futur Institut. Il s’investissait complètement dans ce projet, et lui donnait une ampleur intellectuelle qui me rendait admiratif.

 

Est arrivé quelque chose que je n’ai jamais encore raconté publiquement. Mais près de 20 après, il y a prescription et je dois à Mohammed Arkoun de ne pas laisser dans l’ombre la raison qui a fait échouer ce qui aurait été l’œuvre de sa vie.

Le dit Conseiller avait fait venir à Paris, un leader palestinien, Georges Habbache, qui dirigeait le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine). Ce leader était très malade et il fallait l’opérer. Mais à l’époque, les mouvements laïques de la résistance palestinienne étaient considérés par les Israéliens comme des groupes terroristes.

 

Bref, les choses s’étaient-elles faites derrière le dos du Président qui l’a fort mal pris,… Je ne sais.

Toujours est-il que, quelques jours après cet incident, nous sommes arrivés, avec nos dossiers sous le bras, très contents car l’affaire semblait presque « finalisée ». Et quand nous avons déclaré que nous avions rendez-vous avec X, ce fut presque comme si nous avions dit une grasse obscénité.

La réaction de l’huissier fut comme si le Conseiller X n’existait pas, n’avait jamais existé. C’était ahurissant : on se serait cru en URSS quand les indésirables disparaissaient des photos officielles.

J’ai tenté de parlementer, de dire qu’X était bel et bien chargé de cet important dossier et que, s’il n’était plus là, il nous fallait prendre contact avec son successeur. Il en avait sûrement un.

L’huissier prétendit qu’il n’était pas habilité à me répondre. Mais il s’avéra qu’il n’était pas habilité non plus à me mettre en contact avec quelqu’un qui, lui, soit habilité !

J’ai tenté ensuite de rétablir le contact par d’autres moyens. Peine perdue ! Le dossier, que nous avions des mois à élaborer, avait sombré avec le Conseiller.

 

On m’a fait comprendre ensuite que quand on traitait directement avec l’Elysée par-dessus la tête du Ministre, c’était quitte ou double. Et sans doute, là, le Ministère de l’Education Nationale avait repris la main, et décidé d’enterrer le projet. Je n’ai bien sûr pas de preuve formelle

Mais si nous avions visé l’Elysée, c’est précisément parce qu’après la 1ère affaire de foulards, celle de Creil, de l’automne 1989, Jospin, très atteint par les attaques dont il avait été l’objet  d’avoir commis un crime de lèse-laïcité, était devenu complètement timoré en la matière.

 

Cette affaire, douloureuse spécialement pour Mohammed, a cependant scellé notre amitié, malgré la différence d’âge.

Nous étions devenus des compagnons d’infortune ! Nous nous sommes vus de temps à autre, au grè de colloques en France et à l'étranger. Nous avons continué nos discussions.

Et dix bonnes années après cet insuccés commun, nous nous sommes retrouvés à la Commission Stasi.

 

Mohamed était en porte à faux dans cette Commission. Il a tenté de faire partager aux autres membres quelque chose du projet qui le taraudait toujours (cela figure d'ailleurs dans les recommandations).

Il considérait, il l’a indiqué en séance, et plus encore dans les conversations personnelles que nous avons eues alors, que se focaliser sur le foulard était une grave erreur. Que ce problème n’était pas essenteil.

Il était donc (et je vais employer un terme faible pour ne pas engager quelqu’un qui ne peut plus me contredire) réservé quant à la nécessité d’une loi.

Il en a quand même voté le principe, avec les autres membres de la Commission. Et nos chemins, là, ont divergé.

 

Je l’ai revu quelques mois plus tard à Barcelone, lors d’une rencontre de l’UNESCO. J’avais des projets pour ma soirée, avant de le revoir, et je les ai abandonnés car, manifestement, il voulait pouvoir me parler à loisir.

Il n’a pas directement abordé son attitude à la Commission, dont il savait pertinemment que je ne l’approuvais pas. Mais il a tenté de me la faire indirectement comprendre. Il a développé longuement un thème qu’il avait déjà abordé de façon plus allusive avec moi : la reconnaissance que, selon lui, il devait à la France.

C’était comme s’il avait contacté une dette incommensurable, une sorte de tonneau des Danaïdes que, quoiqu’il fasse, il n’arriverait pas à combler.

A 75 ans, il n’était toujours pas quitte. Il était encore émerveillé par le fait que lui, fils d’un "petit épicier kabyle"  selon ses propres dire, il était devenu professeur en Sorbonne.

Il avait les yeux qui brillaient en évoquant son instituteur qui l’avait poussé à faire des études, et ceux qui, ensuite, l’avaient formé et avaient reconnu ses compétences.

 

J’ai tenté de lui expliquer qu’il n’avait nulle dette. Je lui ai dit : Mais Mohammed, tous nous avons eu, les uns et les autres, des personnes qui, à un moment ou un autre, nous ont aidé, nous ont révélé à nous-même, nous nous ont donné confiance en nous.

Et, devenus profs, nous tentons de faire de même.

J’ai cherché à lui dire le plus fortement possible que s’il avait fait la carrière qui a été la sienne, c’est d’abord et avant tout grâce à son talent, à son savoir, à son travail.

Que certes, pour certains, la « vie » ne leur avait pas rendu justice et qu’ils n’avaient pas pu donner leur mesure. Lui, ce n’était que justice qu’il soit devenu ce qu’il était. Et c’était d’abord à lui-même qu’il le devait.

Et que l’on pouvait tout aussi bien affirmer qu’il était un de ceux qui contribuent à « enrichir » la France, et non quelqu’un qui aurait une dette éternelle à son égard

Intellectuellement, il acquiesçait. Mais il restait quand même, à un autre niveau, l’enfant, l’adolescent, mal né au niveau des représentations sociales, et à qui on avait donné le clef d’un autre monde qu’il avait cru ne jamais pouvoir atteindre.

Et en le nommant membre de la Commission Stasi, Chirac avait, à son insu, en quelque sorte, réédité cet acte fondateur, le mettant dans l’impossibilité d’être un opposant.

Complexité des êtres.

 

Oui, nous avons pu être en désaccord, mais aujourd’hui la seule parole qui me vient à l’esprit pour conclure est celle-là :

Mohammed  va en paix. Ton œuvre reste, et elle n’a pas fini d’être féconde et de nous faire comprendre à quel point tu étais un grand bonhomme.

 

 

 

1er février 1928 : Naissance à Taourit-Mimoun (Algérie)

1956 : Agrégation d'arabe

1956-1961 : Professeur dans l'enseignement secondaire

1961-1970 : Maître-assistant à la Sorbonne

1970-1972 : Maître de conférences à Lyon-II

1972-1992 : Professeur à Paris-III, établissement de la Sorbonne (ensuite Professeur émérite)

1982 : Publie Lectures du Coran

1984 :  Pour une critique de la raison islamique

1990-1998 : Membre du Comité national d'éthique

2003: Membre de la Commission Stasi

14 septembre 2010 : Mort à Paris

(Source : Le Monde, 23 sept. 2010)



  

 

 

 

04:02 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (5)

20/09/2010

Le Haut Conseil à l'Intégration: Grand prix 2010 du Bêtisier de la Laïcité

Je voulais vous donner un grandiose bêtisier de la laïcité. Mais avec un avion à prendre, j’ai été stressé par mille choses en retard jusqu’à mon départ.

Alors j’ai du réduire mes prétentions, hélas.

 

Et donné seulement les résultats du

 GRAND PRIX 2010 DU GRAND BÊTISIER DE LA LAÏCITE

 

HORS CONCOURS (toutes catégories confondues) :

N…..s  S…..y :

Les raisons de ce Hors concours, la presse et autres médias vous en ont déjà parlé,

Pas la peine d’insister lourdement

 

Et donc le Grand Prix 2010-09-20 a été attribué, avec (comme à l’habitude) une unanimité stalinienne

Au HAUT CONSEIL A L’INTEGRATION

 

Qu’à fait, cet été, le dit Haut Conseil pour mériter un tel prix ?

Rien, rien justement rien.

C’est l’histoire de Sherlock Homes : le chien qui n’a pas aboyé pendant la nuit.

La chasse aux Roms a été ouverte,

Les « Français d’origine étrangère » ont été mis à part des autres Français

Et le HCI n’a pas fait entendre la moindre protestation

Pas le moindre petit murmure.

 

Le HCI est, comme un brave scout, toujours prêt à durcir la laïcité

Pour les immigrés, le enfants, petits enfants, arrières petits zenfants d’immigrés

Soit par sa géniale Charte de 2007, soit par ses propositions de 2010-09-20

C’est le grandissime, sérénissime, spécialiste de la Laïcité, ce qui montre bien qu’elle n’est pas pour tous les Français,

Seulement pour celles et ceux dont on considère qu’ils ont à « s’intégrer »

Sinon, on ne voit vraiment pas pourquoi ce serait le HCI qui s’en occuperait

Ce serait même fort incongru

 

Donc le HCI durcit la laïcité dans le cadre de « l’intégration »

Mais le HCI ne se sent nullement vocation à défendre Roms et des Français « non de souche » ( ?!!!)

Quand ceux-ci sont attaqués.

Bravo, bravissimo et félicitation pour ce grand Prix du Bêtisier de la laïcité 2010.

   

14/09/2010

La loi sur le voile intégral: des principes à l'application.

Je laisse au chaud pour quand j’aurai vraiment un peu de temps, le texte promis et repromis sur les… comment les appeler ? Cela même fait débat. J’ai parlé des « dits Souchiens », restons en là pour le moment. Cela va rester d’actualité, on a donc le temps de l’aborder. Et on le fera, car c'est important: c'est ce qui s'appelle prévoir "le coup d'après"

Pour le moment, je suis toujours complètement surbooké, donc voici une Note courte. Mais je ne pouvais laisser passer le jour du vote de la loi sur le voile intégral au sénat, sans mettre mon petit grain de sel.

Sur le dit port : j’ai déjà indiqué plusieurs fois ma position (y compris  à des femmes en nicab) : cela traduit une recherche inflationniste de la « pureté », qui me semble illusoire et dangereuse.

On trouve cette tentation de séparation d’avec autrui, par volonté d’être « pur » dans maintes religions ET convictions non-religieuses. C’est d’ailleurs pour cela qu’un non-musulman a, je pense, parfaitement le droit d’engager un dialogue critique sur le sujet avec les personnes concernées

Sur la loi, j’ai également indiqué sur ce Blog et ailleurs, à plusieurs reprises, pourquoi je suis contre. Rajoutons juste 2 choses :

-         Il deviendra beaucoup plus difficile pour des gens comme moi d’indiquer mes critiques, si, suite à une loi, les femmes avec le voile intégral sont pourchassées.

-         Malgré le fait que la loi ne fasse pas référence à la laïcité, elle se trouve symboliquement impliquée dans l’affaire. Or, une fois de plus il s’agit d’une perversion de la laïcité.

 Historiquement, la laïcité a consisté à dégager l’Etat et ses lois de normes morales et religieuses, afin que les individus aient une liberté de choix. La loi de 1975 sur l’IVG est typique de cela. Et il y a encore des choses à faire dans ce sens : cf. le combat de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité. Maintenant, la laïcité consisterait à normer l’individu selon des « dogmes » d’Etat (pour reprendre le terme de J.-J. Rousseau, définissant la « religion civile »). C’est tout le contraire.

La libre-pensée ne s’y est d’ailleurs pas trompée : elle est farouchement contre le voile intégral et résolument contre la loi.

 

Cela est d'abord et avant tout une question de principe. Et donc cela vaudrait même s'il n'y avait pas de difficulté d'application.

Mais, en plus se pose le problème de cette difficulté d’application. Là je vous renvoie à ce qu’écrit le quotidien La Croix, ce matin et dont je vous donne un extrait :

« (…) «Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. » C’est sur le fondement de l’article premier de la loi que les forces de l’ordre devront, à l’avenir, verbaliser les femmes portant le voile intégral, si le Sénat entérine définitivement le texte qui lui est soumis.


Juristes et forces de l’ordre redoutent déjà que ce projet de loi ne se révèle très difficile à appliquer dans les différents lieux concernés que sont la rue, les cités, les magasins, les transports et
les points d’entrée en France, comme les aéroports. Dans la rue. Le voile sera ôté à l’abri des regards


Comme pour n’importe quelle infraction commise sur la voie publique, les policiers verbaliseront immédiatement les femmes portant un voile intégral. En ce cas, la vérification d’identité risque d’attiser les tensions. Car si la contrevenante refuse de lever son voile, elle sera
emmenée au poste. « On lui permettra de s’isoler dans une pièce à part, où elle montrera son visage à l’une de nos collègues femmes », précise Jean-Marc Bailleul, secrétaire général adjoint du Syndicat national des officiers de police (Snop). Et ce à l’instar des dispositifs à l’œuvre pour la fouille à corps.


Une fois le procès verbal établi, rien n’empêchera la contrevenante de repartir en niqab… « Dans les faits, les policiers n’auront pas les moyens de faire cesser l’infraction, note la juge Virginie Valton, secrétaire nationale de l’Union syndicale des magistrats (USM). De l’extérieur, on aura donc l’impression que l’action des forces de l’ordre n’a aucune incidence. »


La justice convoquera ensuite les femmes verbalisées. C’est aux juges de proximité qu’il reviendra, in fine, d’opter pour une amende (entre 22 et 150€) et/ou un stage de citoyenneté

Dans les cités. Les forces de l’ordre ne feront pas d’excès de zèle. Sur le papier, la loi s’applique bien évidemment sur l’ensemble du territoire. Reste que, dans les faits, les policiers se disent convaincus qu’on ne les enverra pas dans les banlieues sensibles pour verbaliser les femmes intégralement voilées. « Notre hiérarchie nous demande déjà d’éviter au maximum les cités difficiles de peur que le moindre incident n’embrase le quartier, alors vous croyez vraiment qu’on va nous dépêcher dans les quartiers salafistes pour combattre le voile ? » ironise un policier de la Seine-Saint-Denis.

Sauf à se voir imposer un quota de verbalisations à effectuer, nombre
de policiers avouent déjà ne pas vouloir faire de zèle pour faire appliquer la loi. « On se contentera de verbaliser les femmes présentes en centres-villes, pas plus », précise l’un d’eux. Les femmes appartenant à la communauté salafiste, et qui vivent d’ores et déjà souvent quasi recluses chez elles, ne devraient donc pas être inquiétées. (…) »

Marie BOËTON et Jean-Baptiste FRANÇOIS


Source : La Croix http://www.la-croix.com/La-loi-sur-le-voile-integral-sera...

 

Enfin, comment ne pas s’apercevoir que la politique suivie à l’égard du « voile intégral » fait partie intégrante de la politique sécuritaire sarkozienne, de l’érection de boucs émissaires ultraminoritaires. Le problème est que, là, des gens dits de gôche s’y laissent prendre. Affligeant.

 

Enfin, ne nous parlez pas d’égalité homme-femme Msieurs et quelques Dames Députés et Sénateurs. Si vous vous en souciez véritablement, vous commenceriez par balayer devant votre porte : 82% d’hommes à l’Assemblée nationale, 10 ans après la loi sur la parité : Bravo, faut’l’faire !

Et, quand vous aurez un peu balayé, penchez-vous aussi sur les professions, comme la restauration, dans beaucoup de cas, on enlève aux femmes de plus de 40-50 ans, les postes qui sont en contact avec la clientèle. Une de mes amies a vécu cela et c’est absolument charmant !

Mais rassurez-vous, c’était un bon agnostico-chrétien qui l’a ainsi discriminé : la laïcité est donc saine et sauve. Bravo !

Prochainement dans le Blog : Attribution du Grand Bêtisier de la laïcité 2010.

La loi sur le voile intégral n’est plus dans la course, puisque ses attendus ne font pas référence à la laïcité.

Mais, il reste deux concurrents au coude à coude. Cela va être sanglant !

 

PS : pour J. Minois  (commentaire de la Note du 7 septembre) : eh oui, j’ai rajouté « bisou » dans la liste. Avouez que c’est plus chou que caillou ou pou !

 

12:10 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (7)

07/09/2010

Aux Internautes

Internautes chéris, internautes adorés, ne croyez surtout pas que je vous oublie. Bien au contraire, je pense à vous nuit et jour, 26 heures sur 24, je vous aime, je vous adore,... Je phantasme à mort sur les Internautes femmes forcément charmantes, ravissantes, et tout et tout, qui me font l’honneur de surfer sur mon Blog. J’ai, pour elles, les yeux du loup de Tex Avery (ceci pour répondre à Diane, qui voulait me confesser sur mes rapports avec les femmes),…

Mais voila, je suis en pleine correction d’un assez gros ouvrage (une sociologie de la laïcité et des laïcités au niveau international, écrit avec Micheline Milot) et la rédaction d’un autre (écrit avec Raphaël Liogier, portant sur la sacralisation de la médecine, et son actuelle désacralisation). Ces 2 ouvrages paraîtront en 2011 et nous en reparlerons. Mais, pour le moment, "cent fois sur le métier, je remets mon ouvrage"..;.et c'est long! Ajoutez à cela, de prochaines soutenances de thèses, le travail habituel, le non habituel, and so on  et vous comprendrez mon problème, qui me rend blême.

Donc, soyez un peu patients : vous aurez la suite de la Note du 30 août du d’ici la fin de la semaine, promis, juré sur votre tête. Et plein d’autres Notes passionnantes ensuite. Restez connectés. Bisoux à toutes,...

 

12:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

30/08/2010

L’insupportable légitimité de l’autre.

Tous concernés, et pas seulement les dits « Souchiens », par les bouleversements du monde.

 

D’abord, une annonce :

Michaël Ferrier (cf. le Blog des  27 juillet et 3 août, ainsi que les présentations élogieuses de Ph. Pons dans Le Monde du 21 août et de  Cécile Guilbert dans Le Monde des livres du 27 août) présentera son ouvrage,

Sympathie pour le fantôme (Gallimard)

à la Librairie Tropique, 63 rue Raymond Losserand, Paris XIV, métro Pernety), Samedi prochain 4 septembre à 18 Heures.

Si vous êtes francilien et que

-         vous vous intéressez à une autre façon de poser le débat sur l’identité nationale,

-         vous êtes curieux de connaître l’«excentricité [qui] s’enracine dans une riche histoire, pan attachant et largement inconnu à l’étranger[1], de la culture japonaise » (Ph. Pons, article cité),

-         ou, simplement, vous aimez la littérature jubilatoire,

venez discuter avec l’auteur.

 

Maintenant, voici la suite de la Note du …  19 août (eh, comme le temps passe….).

Petit résumé du 1er chapitre:

je rappelais qu’en 50 ans, la France est passé d’un pays « blanc », possédant le 2ème Empire colonial du monde (l’une et l’autre de ces caractéristiques étant apprises à l’école), à une nation pluriculturelle, puissance moyenne, ayant perdu une part de sa souveraineté dans le cadre de l’Union européenne.

Tout cet ensemble de bouleversements ne peut que provoquer des incertitudes, des tâtonnements, du désarroi.

Cependant toutes ces réactions ne sont pas spécifiquement françaises, même si la France est parmi les pays où elles sont exacerbées.

Pourquoi cette situation ?

 

Mon hypothèse est que nous sommes en train de quitter une époque historique qui s’est amorcé avec la Renaissance et a eu son apogée au XVIIIe-XIXe siècles, avec les Lumières et le Scientisme.

Non pas pour « retourner au Moyen-Age », comme certains les prétendent de façon vraiment « obscurantiste », mais pour basculer dans une nouvelle période.

Bien sûr, tout cela est une affaire de nomination. Dans les manuels d’histoire, vous trouverez de grandes divisions : Antiquité, Moyen-Age, Temps Modernes, Epoque contemporaine.

(les sociologues, plus imprécis sur les dates, parlent de « modernité », et suivant les auteurs cela commence au XVIe ou au XVIIIe siècle)

Cela signifie un découpage en des séquences historiques, des périodes, avec un commencement et une fin.

D’ailleurs, à un niveau au dessus des dits manuels (qui entre parenthèse, présentent depuis 12 ans vite et de façon erronée la laïcité. Nous y reviendrons) les historiens parlent d’«Antiquité tardive » et de « Moyen Age tardif ».

Mais, bizarrement, ils ne parlent pas de « Temps modernes tardifs » et, encore moins d’«Epoque contemporaine tardive ».

Au contraire, l’époque contemporaine, si elle commence en 1789, et, au fur et à mesure que « le temps passe », elle s’étire dans le temps.

Dans le Ancel de 1930, elle va jusqu’aux lendemains de ce que le manuel nomme « La guerre européenne » (cele de 14-18)

Le Mallet-Isaac de 1953 va jusqu’en 1939.

Et, pour les derniers manuels, l’époque contemporaine va jusqu’au début du XXIe siècle.

 

Logique me direz-vous. Mais cela signifie implicitement de ratifier la thèse de « la fin de l’histoire » : celle-ci est devenue immobile, et l’époque contemporaine va durer jusqu’à la fin des temps !!!

C’est absurde. C’est simplement que nous n’arrivons pas à analyser le présent de façon historienne. 

Les sociologues ont quand même l’intuition que « les temps changent » : d’où les termes de post-modernité, ultramodernité, modernité radicale, modernité avancée…

Mais il manque alors, le plus souvent, un ancrage historique. Quand ils comparent c’est, au mieux, à l’échelle d’1/2 ou de ¾ de siècle.

 

Heureusement le Grand Zorro de la science socio-historique (cad votre très humble serviteur) arrive, avec ses bottes, son ordinateur et son grand chapeau. Et il va vous expliquer le schmilbick.

Vous saurez tout sans rien payer, veinardes et veinards.

D’abord, puisque même les historiens parlent de « temps modernes », allons y pour la notion sociologique de « modernité ».

Mais à condition de la diviser en séquences, pour qu’il ne s’agisse pas d’une notion historiquement imprécise.

 

En gros (cela varie suivant les sociétés et les domaines)

- la modernité émergente (de la fin du XVe à la fin du XVIIe),

- la modernité ascendante (Fin XVIIe- au 2/3 du XIXe),

- la modernité établie (2/3 XIXe-2/3 XXe)

- et la modernité tardive (depuis lors).

Et oui, la modernité, elle était jalouse de constater que l’Antiquité pouvait être tardive, le Moyen Age, itou. Elle a dit : « Eh moi alors ! ». Qu’a cela ne tienne M’dame modernité, votre age tardif est avancé.

 

Pourquoi « modernité tardive » ?

Parce que nous sommes en train de quitter les 2 événements structurels majeurs qui ont été les principaux fondements de la modernité.

(je schématise un peu car, si la plupart des internautes qui surfent sur le Blog sont géniaux, il y a aussi parfois quelques handicapés de la bulbe, et j’essaye de ne pas être raciste envers mes frères inférieurs !)

 

Au fondement de la modernité émergente il y a  ce que Ch Grataloup (dans un livre qui est très belle synthèse[2]) nomme la « capture de l’Amérique » par l’Europe (p. 121 ss.).

Cette « capture » a « changé la donne », avec « la guerre bactériologique involontaire des Européens », l’afflux de métaux précieux qui a conduit au « dopage économique de l’Europe » et à faire une double coupure dans l’Eurasie (suprématie de l’Europe sur le Chine et autres ; émergence de l’Euroamérique).

Mais « l’Europe tempérée a produit le sous-développement sous les tropiques » (p. 141 ss du même ouvrage)

La globalisation remet fondamentalement en cause ce premier fondement de la modernité.

 

Au fondement de la modernité ascendante, il y a la découverte progressive que la science pouvait avoir des applications pratiques, apporter du « bien être », changer la « vie ici-bas »… que l’on va considérer socialement comme la vie tout court (« la vie dans l’au-delà devenant progressivement une croyance privée).

Bref, avoir l’utopie de la conjonction des progrès : le progrès scientifique permet le progrès technique, qui permet le progrès moral et social.

Le rôle du politique étant précisément de faire que le progrès scientifico-technique induise du progrès social et moral.

Avec la version de droite : les z’élites tirent le reste de la société vers le haut, et le progrès moral conditionne le progrès social

Et la version  de gauche : c’est plus d’égalité qui tire la société vers le haut, et le progrès social conditionne le progrès moral.

 

Quant aux femmes, droite et gauche s’accordaient pour leur dire : mouchez les marmots, nous les mecs on est rationnel pour les deux sexes, et vous, vous êtes si délicates et sensibles que s’en est un plaisir.

Un peu hystériques aussi, il faut bien l’dire[3], mais pas d’inquiétude il y a des médecins (hommes) pour cela.

Et dans sa sagesse infinie la France, pays des « droits de l’homme », a rechigné tant qu’elle a pu pour accorder le droit de vote aux femmes. Comme quoi, Gigi III, il faudrait peut être être un peu plus prudente quand on demande aux immigrés d’adopter « nos valeurs » !

 

Tout cela est exposé de façon brillantissime et définitive dans les œuvres immortelles de votre très dévoué serviteur, notamment à la fin du livre où il explique si lumineusement la laïcité à Monsieur Sarkozy[4]

(pour les franciliens, il y a un exemplaire à moitié prix chez Gibert, le 1er qui y va l’aura)

Et sera exposé encore plus lumineusement (si, si, c’est possible) dans les 2 prochains (janvier et mars 2011, on en reparlera bien sûr).

Où, pour l’attitude de la laïcité face aux femmes dans L’intégrisme républicain contre la laïcité (Aube, 2006, p. 29ss.).

 

Bref c’est cette conjonction des progrès qui est remise en question par toutes les préoccupations actuelles, écologiques, bio-éthiques etc, et plus généralement ce que l’on nomme « le principe de précaution »

Parfois, après avoir tiré très fort dans le sens de la croyance au progrès, eh bien on tire très fort, now, dans l’autre sens : cf. G. Bronner et E. Géhin L’inquiétant principe de précaution, PUF 2010 (je suis une peu moins d’accord avec eux qu’avec moi-même, mais ce livre est à lire).

 

Deux bouleversements majeurs.

Un tournant face à une période historique, en gros, de cinq siècles.

Comment voulez-vous que cela ne soit pas perturbant !

Et, face à cela, on trouve mille stratégies où la peur face à ces 2 bouleversements majeurs induit des attitudes rétrogressives (vous voyez, je parle savant quand je veux), nostalgiques (ah, c’était bien mieux quand on était entre Souchiens, avec nos valeurs : d’ailleurs on a tous été pour Dreyfus et Résistants, n’est-ce pas !) et/ou angéliques (s’il n’y avait pas les Souchiens, qui sont des Beaufs comme ce n’est pas possible, s’ils n’y avait pas les conservateurs, on serait bien) etc

 

 

Dans toutes ces stratégies, il existe un point commun : les bons et les méchants.

LE REFUS DE L’INSUPPORTABLE  LEGITIMITE DE L’AUTRE .

 

Mon petit fils de 4 ans, joue aux bons et aux méchants, mais il sait que c’est plus compliqué et il n’y croit pas. Moi non plus.

C’est pourquoi je ne qualifierai pas ceux qui s’affirment « Souchiens » de « racistes ». Ils sont, comme tout un chacun, complexes, pluridimensionnels (et c’est d’ailleurs cela qui les sauvera de la position où ils s’enlisent).

Je connais un dit Souchien revendiqué qui a voté FN à la présidentielle de 2002. (et s’apprêtait d’ailleurs à voter Jospin au second tour). Eh bien s’il y avait une chasse « à l’Arabe », comme il y a eu une chasse « aux Juifs » sous Vichy, je lui confierai des enfants arabes, absolument persuadé qu’il les défendrait au péril de sa vie.

Ceci dit, les propos colportés favorisent le racisme. Et il y a du racisme qui circule, qui se développe dans cette situation d’inconfort

Et le « Souchisme » le favorise, faute d’analyser ce qui est en train de se passer.

 

Il ne faut pas rejeter dans l’impensé l’une ou l’autre de ces propositions.

Un peu de dialectique, camarades.

A suivre.

 

 

 

 

 

 

 



[1] C'est-à-dire, hors du Japon. Cela me rappelle une fois où j’arrivais à Tokyo dans un avion Air France, où il y avait pas mal de Français. Pour les passeports : deux fils différentes, une courte, où attendaient les Japonais, et une longue. Un couple arrive avec une fillette et se met dans la file longue.

La fillette leur demande pourquoi ne pas aller dans cette file et pas dans la courte. Réponse d’un des parents : « Parce que nous sommes dans la file des étrangers ». Et la fillette alors de rétorquer : « M’enfin, nous sommes Français, nous n’sommes pas des étrangers ».

[2] Géo-histoire de la mondialisation, Armand Colin, 2007.

[3] Comme le rappelle http://www.osezlefeminisme.fr : « hystérique » vient de « utérus » d’où « le célèbre ‘hystériques mal baisées’ auquel les féministes répondaient dans les années 1970 ‘Mais la faute à qui, camarades’ »

[4] La laïcité expliquée à M. Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours, Albin Michel 2008 (cf. p. p. 235 ss)

26/08/2010

Brice et la « racaille»

Aller, une brève de comptoir pour terminer les « vacances » :

 

Selon l’AFP, une expérience scientifique inédite, menée par le CNRS de Limoges, vient d’être effectuée pour évaluer et comparer le TPR de 2 mammifères, familiers de nos contrées : le chat et le brice.

Le chat choisi est un chat Limousin, né dans mon village natal si vous voulez tout savoir. A priori le brice devait être un Brice de Nice, mais comme cela coûtait cher en transport et que le CNRS n’a pas beaucoup d’argent, on a pris un Brice d’Auvergne.

La distance était moindre, comprenez-vous.

Ah, vous ne savez pas ce qu’est le TPR ? C’est simple, c’est le rapport taille-poids-rationalité.

 

Futés comme vous êtes, je suis sûr que vous avez trouvé qui a eu (de loin) le meilleur TPR : le chat limousin, naturellement. Il n’y avait pourtant qu’un Auvergnat en compétition et, comme chacun le sait, quand il n’y a qu’un Auvergnat : no problemo…. C’est quand il y en a 3, comme au Conseil Constitutionnel, que cela devient craignos.

La nouvelle a pourtant étonné les autorités préfectorales. Elles ont objecté que le Brice possède l’irremplaçable pouvoir de la parole. Oui, mais pour dire des bêtises a rétorqué le directeur du Labo.

Et le chat Limousin s’est vexé, et comme il est super intelligent (je vous ai dit qu’il est né dans mon village), il s’est mis à parlé derechef.

Savez-vous ce qu’il a dit ? Je vous le donne en mille : « Moi, au moins, je ne fais pas partie de la racaille du 9.2 ! ».

 

PS : Maria Nowak (Le Monde, 26 août) a trouvé une belle expression, qui ne devrait pas être perdue pour tout le monde : le « bouclier social ».

2ème PS : Une Note « sérieuse » lundi 30 août : la suite de la Note du 19 août (les dits « souchiens » et la France aux mille visages ).

 

 

23/08/2010

L’Eglise catholique, la laïcité et le débat sur les Roms

Par la voix d’un prêtre de Lille, et par une déclaration de Benoît XVI, notamment, l’Eglise catholique intervient dans le débat actuel sur les Roms.

Avant de continuer la série de Notes sur les dits « souchiens », commencée par la Note du 19 août, voici 3 remarques, en profitant de l’actualité, pour examiner la place des interventions d’autorités « religieuses » en laïcité.

 

Premier point : l’Eglise catholique, comme d’autres religions ou familles de pensée a tout à fait le droit d’intervenir en tant que composante de la société civile, mais pas comme instance surplombant la société civile.

Cette distinction est fondamentale. Avant 1905, les « cultes reconnus », et l’Eglise catholique au premier chef  étaient des institutions liées à l’Etat. Dans cette situation, leur parole n’était pas libre. Un évêque, par exemple, pouvait être poursuivi selon la procédure « pour abus » si ses propos déplaisaient au gouvernement.

La loi de 1905 a mis globalement la religion dans le droit commun, et a (entre autres) levé les obstacles à la liberté d’expression des autorités religieuses.

Celles-ci peuvent donc s’exprimer à égalité avec d’autres composantes de la société. Le poids moral de leur parole est livré au libre jugement de chacun.

C’est donc comme organisme de la société civile qu’une religion s’exprime. Précision importante : aucune religion ne peut dire : telle est ma position, donc la société doit suivre cette voie, le gouvernement doit faire telle loi pour obéir à mes propos, etc

La religion ne surplombe pas la société laïque, elle en fait partie. Ses « propositions de sens » sont soumises au débat démocratique.

 

Second point : les propos des autorités religieuses sont-ils « audibles » ?

Les enquêtes réalisée depuis 20 ans (notamment les enquêtes européennes sur les valeurs), montrent que les déclarations des autorités religieuses, en France comme dans d’autres pays européens, sont (en règle générale) mieux reçues quand il s’agit de problèmes sociaux (au sens large) que de questions de mœurs.

Les déclarations contre le racisme, les discriminations, l’accueil de l’étranger, les conditions décentes de vie ou de travail sont, en général, bien acceptées.

Celles sur la sexualité, l’avortement, l’homosexualité, l’euthanasie, etc sont moins bien reçues.

Cela confirme mon premier point de 2 manières :

-d’abord, les gens ne récusent pas le principe même de telles déclarations, ils ne confinent pas la religion dans la « sphère privée », ou un « purement religieux » qui ne devrait rien dire sur les « problèmes de société ».

Ils se déterminent suivant le contenu des déclarations.

-ensuite, les déclarations sur les mœurs sont toujours virtuellement considérées comme susceptibles de vouloir régenter la vie des gens, et cela contribue à faire qu’elles soient moins bien acceptées ;

Ceci dit, je ne reprocherai pas à telle ou telle Eglise d’indiquer ses positions sur ces questions : même quand je ne suis pas d’accord avec leur contenu, j’estime que c’est son droit et je ne réclame pas la liberté que pour ceux qui pensent comme moi.

En revanche, je regrette que l’Etat français, qui se veut laïque, tienne beaucoup compte de positions, notamment des autorités catholiques, et qui sont minoritaires dans le pays, notamment sur les questions de l’euthanasie et du mariage entre personnes de même sexe.

 

Troisième point : comme pour toute autre composante de la société civile, les positions prises sont triées selon des critères médiatiques.

J’ai parlé de propositions livrées au débat démocratique. J’aimerais qu’il en soit ainsi, mais cela ne fonctionne pas réellement de cette manière : le système médiatique trie, entre les nombreuses propositions de sens, selon des critères non rationnels.

Un prêtre (ou un responsable associatif) prend position contre les expulsions de Roms, cela peut faire quelques lignes dans le journal local, sans plus.

Mais le prêtre de Lille renvoyant sa médaille et déclarant qu’il a prié pour que Sarkozy ait une crise cardiaque, et la télévision en a parlé pendant au moins 2 jours.

Il a réalisé un « coup » (pour la ‘bonne cause’, mais ce n’est pas le problème que je veux poser ici) et ce coup était nécessaire pour se faire entendre.

Autrement dit : l’incongru, le spectaculaire, l’inflation du geste ou du propos, compte plus que la valeur intrinsèque de l’argumentation.

On peut le déplorer, on doit constater qu’il en est ainsi, et que cela fonctionne de façon générale.

L’exemple du prêtre de Lille n’en est qu’une nouvelle illustration parmi tant d’autres.

Notre société fonctionne selon l’émotionnel et l’inflation, pas selon le rationnel.

Et ça, c’est un véritable problème pour le débat démocratique.

 

 PS: pour celles et ceux qui viendront à 'Université d'été du PS, à la Rochelle, je participerai à la Table ronde organisée par les Jeunes Socialistes:

 

 

Mon quartier, c’est la République

Vendredi 27 août 2010 – 16:00

La République place en son cœur le principe d’égalité, sans distinction. Mais quand les gouvernants divisent les citoyens entre eux, selon leur quartier, leur religion, leur origine, quand la République ne tient pas ses promesses, le ressentiment devient parfois violent. Comment faire pour que, dans tous les quartiers dans tous les territoires, pour chaque habitant, vivre en France, en République ait de nouveau un sens ? Comment représenter mieux la France dans sa diversité au sein de tous les pouvoirs ? Quel projet collectif construire ensemble ?

InvitésClaude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois • Claude Bartolone, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis • Jean Bauberot, historien et sociologue spécialiste des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité • Réda Didi, responsable de « graine de France » • L’association « Agir pour réussir »

20/08/2010

Médaille

Le professeur Ngo Bau Chau "Français d'origine vietnamienne" selon les médias, a obtenu une médaille Field en mathématique. mais, crenieunieu, aucun média ne précise si ce Monsieur est bien Français depuis plus de 10 ans.

Dans le cas contraire, il faudra illico réexpédier la médaille dans son pays d'origine.

 

 

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