13/10/2008
DES FILLES VOILEES PARLENT (SUITE)
J’ai eu des problèmes récurrents de wifi et d’accès à internet toute la semaine dernière et j’ai profité de l’amabilité d’une collègue d’hôtel pour envoyer la première partie de la Note sur l’ouvrage Les filles voilées parlent, publié par les éditions La Fabrique (64, rue Rébeval, 75019 Paris, Diffusion : Harmonia Mundi).
Je vous livre donc la suite de cette Note (cf. Note du 6/10/2008, que vous pouvez trouver ci après, si vous ne l’avez pas lue ou si vous voulez vous la remettre rapido en mémoire)
L'ouvrage comporte, pour l’essentiel, 44 témoignage recueillis par Malika Latrèche, Ismahane Chouder, qui est un(e) des piliers de l’association « Islam et laïcité », et Pierre Tevanian, déjà auteur d’un excellent petit livre : Le voile médiatique (éd : Raison d’Agir). Leur entreprise a été soutenue par l’association Une école pour tous/toutes et par le Collectif des féministes pour l’égalité.
Témoignages, ai-je écrit, et donc ressenti de ces jeunes filles et jeunes femmes. Pour la plupart elles ont été soit démissionnaires ou expulsées de l’école publique pour cause de port de foulard, soit obligées d’enlever leur foulard contre leur gré pour pouvoir continuer leur scolarité (parfois à la demande pressante de leurs parents).
La diversité des situations rapportées est d’ailleurs une des richesses de ce livre, qui en compte plusieurs. Et l'amertume des jeunes filles qui ont enlevé leur foulard à l'école, celles que l'institution scolaire croit avoir gagné à sa "cause", apparait en fait la plus forte.
Témoignage ne signifie naturellement pas enquête sociologique, les auteurs le savent, mais leur but est de rompre l’omerta, la loi du silence qui fait croire que tout se trouve réglé. La télé qui est si friante de "témoignages" (au point, d'ailleurs, d'intituler souvent "témoignage" des propos qui sont des points de vue ou des analyses) ne leur a surtout pas demander de "témoigner". Pourtant le rapport de la Commission Stasi va bientôt avoir 5 ans. Ce serait l'occasion, non?
Par ailleurs, je peux personnellement ajouter que ce qu’elles décrivent correspond factuellement à des témoignages que j’ai eu d’autres acteurs, des enseignants, même si les points de vue peuvent être différents.
De plus j’ai retrouvé des éléments d’une expérience analogue (l’analogie étant la ressemblance et la différence) que j’ai moi-même vécu durant ma propre scolarité, dont je conserve une blessure jamais complètement refermée.
Enfin, ce qui s’est passé à la rentrée 2004 ne fut que le dernier acte d’une gestion calamiteuse par l’éducation nationale de la « question du foulard ». D’ailleurs, il existait un consensus, à la Commission Stasi, pour estimer que, dans cette affaire, l’éducation nationale, comme institution, comme administration, s’était montrée particulièrement incapable. Il y a même des membres de cette Commission qui ont voté la loi car, disaient-ils, l’éducation nationale est « incapable de se dépatouiller » du problème.
La proximité factuelle du témoignage des filles et de ceux de certains profs se manifeste notamment sur un sujet précis. A la suite de la réticence d’une des membres de la Commission Stasi à voter la proposition de loi contre les signes ostensibles, il a été rajouté au rapport de la Commission la nécessité, avant toute exclusion, d’une phase de dialogue entre le corps professoral et la direction des lycées/colèges concernés d’une part, et les jeunes filles de l’autre.
Selon ce que m’ont dit des profs concernés, et ce que montrent encore plus les témoignages recueillis, c’est que cette mesure, dictée par la bonne intention de ne pas exclure brutalement, du jour au lendemain, s'est avérée très largement contreproductive. Ce fut un peu l’enfer pavé de bonnes intentions.
Pourquoi? Parce que, pour que le dialogue s’établisse il faut qu’il y ait autorité, mais pas pouvoir, c'est-à-dire pas d’acte de répression comme objectif. La situation scolaire n'est guère, de toute façon, une situation de dialogue. Et le dit « dialogue », sauf exception, s’est résumé à la mise à l’écart des filles aux sein de l’établissement scolaire, parquées dans une salle spéciale, stigmatisées comme n’étant pas « normales », conformes à la norme scolaire et sociale.
A travers les témoignages, on s’aperçoit que ces semaines ont été les plus dures, les plus éprouvantes de ce qu’on vécu les jeunes filles. Leurs souvenirs, à ce sujet, sont particulièrement amers. Il faut les lire.
Mais des témoignages de profs montrent qu’eux aussi ont mal vécu ces interminables semaines. Certains se trouvaient fort mal à l’aise. Ils n’étaient pas toujours convaincus du bon droit de ce qu’ils exigeaient. Ils se justifiaient, à leurs propres yeux, en se disant qu’ils faisaient cela dans « l’intérêt des jeunes filles », pour qu’elles puissent continuer leur scolarité.
Plus d’un s’est montré cassant, a tenté de contraindre (psychologiquement), faute de pouvoir convaincre, en se disant qu’il fallait « sauver ces élèves malgré elles ». Mais bien sûr, et de nombreux récits du livre le montrent, ils ont été ressentis, ils ne pouvaient être ressentis que comme hostiles, répressifs, porteurs d’une normalité qui exclue.
Certes, il existait des profs ou proviseurs militants antifoulards qui ont réprimé, voir provoqué ou même injurié sans état d’âme. Il s’est produit, comme l’indique une des élèves « une alliance un peu contre nature des « laïcards », des féministes et des fachos »
D’autres ont su faire passer quelque chose, pour montrer aux filles qu’ils n’étaient pas leurs ennemis (l’une d’entre elles rapporte qu’une proviseure qu’elle a pensé alors être « contre » elle; maintenant, ajoute-t-elle, « avec le recul, je la comprends et je la remercie »). Certains ont même fait ce qu’ils pouvaient pour soutenir les jeunes filles. La majorité ne savait pas trop comment appliquer la loi, ni gérer ces fameuses semaines de pseudo dialogue.
Un des aspects les plus calamiteux de ces semaines a été, cela est manifeste quand on lit les divers récits comme quand on écoute certains profs, une idéologisation du conflit. Au lieu de dire, il y a une loi, en tant que citoyennes ou bientôt citoyennes, vous avez le droit de la trouver injuste et de lutter pour son abolition, mais tant quelle existe, vous et moi devons l’appliquer, le dialogue a consisté, le plus souvent, dans un discours très idéologique. Ce discours figeait les positions, les oppositions.
Est revenu comme un mauvais refrain, le reproche (ressenti comme une injure par les jeunes filles) d’être des femmes soumises.
Deux paradoxes dans cette accusation.
Le premier paradoxe est qu’on leur demandait, précisément,… de se soumettre. Pour démontrer qu’elles n’étaient pas des femmes soumises, il fallait…qu’elles se soumettent à quelque chose qu’elles considéraient comme injuste.
Le second est que le vieux thème de la femme soumise à l’emprise cléricale n’a rien de féministe. C’est au contraire, depuis des lunes, un thème récurrent de l’antiféminisme laïque, ou plus exactement de l’antiféminisme qui se dit laïque pour masquer sa bêtise.
On le trouve déjà au XIXe siècle. Il a continué au cours du XXe. Il a été le ‘meilleur’ ( !) prétexte pour ne pas donner le droit de vote aux femmes. C’est à cause de ce stéréotype que les femmes, en France, ont voté un siècle après les hommes.
Dans les autres pays démocratiques, la différence est d’un quart ou d’un tiers de siècle. Autrement dit, on trouve une marche en avant où l'on passe d’un vote censitaire à un vote masculin, puis au suffrage universel. En France, on a un blocage sur le vote masculin, qualifié (significativement) de ‘suffrage universel’, alors que les femmes ne votent pas de 1848 à 1944-45.
Cette exclusion des femmes est justifiée alors au nom du stéréotype (qui se veut laïque) de la femme soumise.
Que certaines femmes, encore aujourd'hui, aient fortement intériorisé le dit stéréotype ne change rien à l’affaire. Quand on fait l’histoire des stéréotypes, on est frappé de leur puissance, de leur permanence, de leur possibilité de resurgir.
Et l’on constate qu’une nouvelle fois cela fonctionne à merveille, justifiant de nouveau l’exclusion.
Les auteurs montrent, à partir d'exemples précis que "pour une fille exclue ou démissionnaire, il faut ajouter au moins deux "exclusions invisibles" par abandon avant la rentrée" (p. 109). Les témoignages des jeunes filles qui ont été désocialisées et déscolarisées et ont tenté de continuer par l'enseignement à distance (comme si elle étaient obligé"es par une maladie de rester chez elles), ou même ont renoncé, sont particulièrement significatifs.
Un autre enseignement important ressort des témoignages : c’est l’interdiction du bandana qui a été surtout ressenti comme une injustice profonde. Surtout que des filles portaient le bandana sans s’appeler Leila, Sabrina, Habiba ou Khadija. L’interdiction du bandana pour les jeunes filles musulmanes a été ressentie comme une discrimination ethnico-religieuse.
Cela donne parfois lieu à des scènes cocasses, et révélatrices : une prof qui demande à une jeune fille de mettre son floulard façon bandana, en précisant qu'il ne doit être ni blanc, ni noir, ne pas faire "oriental" (sic), mais être bleu, latino-américain.
J’avais prévu cela et, à la Commission Stasi, j’avais fait deux propositions. La première consistait à mettre en loi, à solenniser l’avis du Conseil d’Etat, faisant la distinction entre foulard discret et foulard ostentatoire.
La seconde proposition était un compromis, interdisant les « tenues religieuses » mais pas les signes ; le bandana ne pouvait être considéré comme une tenue religieuse.
A mon sens, cette seconde proposition avait ses chances. En tout cas le résultat aurait été serré. Le staff refusa de la mettre aux voix et, comme des petits garçons soumis et des petites filles soumises, les membres de la Commission ne réclamèrent pas qu’elle fut mise au vote. Mais le film de la séance a du en garder la mémoire.
Stricto sensu, la loi et la circulaire auraient pu amener tolérer le bandana. Mais à partir du moment où la distinction n’avait pas été explicitement faite, les consignes étaient de ne pas l’admettre.
Il semble que maintenant il soit toléré dans plusieurs écoles, pas dans toutes. Le fameux « cas par cas » que les partisans de la loi récusaient fonctionne donc. Mais de manière arbitraire. De toute façon, on ne peut empêcher du cas par cas. Ne serait-ce que parce qu’il des personnes qui savent faire preuve d’intelligence, de finesse, et d’autres, aller redisons l’expression, chère Anne, « bêtes et méchantes ».
Cela se manifeste aussi sur d’autres sujets, et nous en reparlerons.
PS : Je m’aperçois que je n’ai pas parlé de mon expérience perso (de rebelle !) avec l’école, comme je l’avais annonçé. Dans la mesure où elle montre, hélas, une continuité de l’institution scolaire, de la prétendue « école républicaine » (en fait très bonapartiste), à imposer des normes qui ne se justifient pas, je vous en reparlerai ; qui sait peut-être dans une semaine.
2ème PS : ce blog n’a pas l’objectif de faire de la critique de films, mais comme Libé (8/10/2008) s’est fendue d’une critique particulièrement coincée et mauvaise du dernier Woody Allen : Vicky, Christina, Barcelona, je vous recommande chaleureusement ce film.
Comme le dis un copain-collègue, ce film « a l’art de parler légèrement de choses graves ». L’art de filmer et de faire parler et vivre les personnages. Je pense que pour les dames (et les messieurs qui aiment ça), Javier Bardem est pas mal, et (moi-même, personnellement) je trouve Rebecca Hall absolument craquante.
Oui, elle est sublime Vicky-Rebecca. Mais comme no body is perfect, elle a un vilain défaut (un seul) : elle fait une thèse sur « l’identité catalane », alors qu’elle devrait travailler, toutes affaires cessantes, sur la laïcité.
Je suis absolument, totalement débordé, mais je crois, oh miracle laïque, pouvoir trouver du temps à lui consacrer, only sur le plan scientifique, of course. Woody, soit sympa, transmets le message de toute urgence…
16:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06/10/2008
DES FILLES VOILEES PARLENT
Dans l’opinion publique, la loi du 15 mars 2004 a réglé le « problème » du foulard à l’école. Même des personnes qui se sont montrées réservées face à cette loi estiment maintenant qu’elle a « ramené le calme ».
J’ai entendu plusieurs fois émettre une telle remarque, due notamment au fait que les « affaires de foulards » (pas très nombreuses au demeurant, car en général le calme existait déjà), ces affaires étaient hypermédiatisées (rappelez-vous la seule affaire des 2 filles Lévy, à l’automne 2003, a fait la « une » pendant 15 jours, 3 semaines).
Au contraire, l’expulsion de quelques jeunes filles (4 si ma mémoire est bonne, vous voyez, même moi, je dépends de l’impact donné par les médias à un événement !), pour cause de foulard, en cette rentrée scolaire 2008 n’a donné que quelques lignes dans les quotidiens les plus sérieux, informations brève noyée dans l’ensemble des 1000 et une infos.
D’autre part, le processus logique induit par cette loi (pour que la France ne soit pas condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme) a commencé avec le contrat passé par l’Etat avec une école privée musulmane. Mais personne n’a établi le lien, alors qu’il est clair.
On peut (c’est mon cas) estimer (avec Jules Ferry qui a écrit un beau texte sur le sujet) que la liberté de l’enseignement est une liberté précieuse pour empêcher tout toute imposition d’une doctrine d’Etat (une liberté laïque en quelque sorte) et regretter que des parents et des jeunes filles qui avaient choisi l’école publique, soient « légalement » obligées de fréquenter l’école privée.
Et encore c’est, pour ces jeunes filles, la moins mauvaise solution. Car celles qui, pour des raisons pratiques, ne peuvent pas aller à l’école privée (parfois catholique d’ailleurs) sont contraintes, soit de suivre l’enseignement à distance (ce qui les désocialise et les parquent dans leur maison), soit d’abandonner l’école à 16 ans (elle n’est plus obligatoire, alors), soit d’enlever leur foulard contre leur gré.
Quelle que soit la position des internautes qui surfent sur ce blog par rapport au foulard (et les échos que j’en ai montrent qu’elle est fort plurielle), un constat sur le traitement médiatique du foulard devrait pouvoir nous réunir. Hypermédiatisées jusqu’en 2004, les jeunes filles qui portent le foulard se trouvent réduites au silence depuis lors. Les deux attitudes sont révélatrices du traitement médiatique de la réalité. Traitement médiatique, à mon sens dommageable pour la démocratie.
J’ai un souvenir fort de la matinée d’auditions de la Commission Stasi consacrée aux jeunes musulmanes. Elle se divisait en deux : une audition avec foulard ; une audition sans foulard. A la première audition (deux jeunes filles portant le foulard), il y avait davantage de cameramen et camerawomen que quand nous avions auditionné des ministres et des leaders politiques. A la seconde, celle de la jeune fille n’ayant pas de foulard… ils étaient tous, oui tous, partis.
Naturellement cette dernière jeune fille était furieuse de cette différence de traitement et elle a déclaré alors : « s’il faut que je porte une burka pour que l’on entende ce que j’ai à dire ; la prochaine fois, je viendrais en burka ».
Mais là où elle se trompait, c’est que les cameramen/women n’entendaient pas plus ce qu’avait à dire les 2 jeunes filles portant foulard que ce qu’elle avait à dire, elle qui n’en portait pas. Ce que ces 3 jeunes filles avaient à dire, ils s’en moquaient complètement. Seule l’image les intéressait.
Il ne s’agissait pas d’écouter, seulement de filmer un foulard. C’est seulement pour cela que, plus de foulard, plus de cameramen/women. Ce jour là, j’ai éprouvé du mépris. Oui ; j’ai trouvé méprisables ces cameramen/women, exécutant leur métier comme des chiens de Pavlov, se comportant comme les pires moutons de Panurge. Pas un n’est resté, pas un seul.
Humains décervelés. Robots humains. Et si la laïcité est menacée, c’est bien par des gens de cette sorte. Mais aussi par l’ensemble de la société qui accepte de fonctionner ainsi. De qualifier d’informations leurs turpitudes. Car la laïcité est liberté de penser comme elle est liberté de conscience. Et ces comportements, ce fonctionnement social = un étouffoir de la liberté de penser.
On dit qu’il faut mépriser les idées, pas les gens. Bernique ! Quand les gens adoptent un comportement aussi méprisable, il est urgent de les mépriser un peu pour ne pas se trouver soi-même (trop) contaminé par leur contagieux décervelage. Oui, il y a des fois où le mépris de la bêtise humaine est essentiel pour rester un peu libre, pour ne pas vivre complètement couché.
Et il faut savoir d’ailleurs qu’ils ne sont pas seulement bêtes, ils sont aussi méchants. Ils voudraient, en effet, que tous leur ressemblent. Les personnes possédant cervelle, celles et ceux qui ne se conduisent pas selon les stéréotypes sociaux sont leurs ennemis. Ils les traquent, ils les mordent. Et quand on a subi leurs blessures, reste le mépris comme élément vital de liberté intérieure.
Eh oui, vous pensiez qu’il était doux et bien gentil, le Baubérot. C’est parfois le cas, mais pas toujours. Il existe des moments de révolte, de colère, de refus. Quelqu’un qui me connaît bien dit que je n’ai pas tout à fait quitté mon adolescence. Peut-être. Encore que, j’ai appris aussi à avoir un pied dans le système. Je sais être « normal » quand je le veux. Et des fois, je porte « ostensiblement » mes décorations de (presque) maréchal soviétique pour le montrer. Pour prouver que le refus est un choix, et non une incapacité de vivre « intégré ».
Un pied dans le système, pas forcément deux. Vous savez, c’est à la fin d’un vieux film de Charlot : celui-ci est poursuivi par la police américaine et par des bandits mexicains : l’ordre insupportable d’un côté, le désordre-loi de la jungle de l’autre. Alors, Charlot chemine sur la frontière, un pied en territoire américain, un pied en territoire mexicain. C’est une très belle métaphore.
Bref, le silence actuel sur les jeunes filles à foulard est l’exacte continuation de l’hypermédiation passée. La même logique est à l’œuvre et aujourd’hui vous ne trouverez plus aucune émission de télévision, même les émissions dites « sérieuses » qui prendra comme sujet : que sont devenues les jeunes filles exclues de l’école publique pour cause de port de foulard ?
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian (qui avait déjà analysé la construction médiatique des affaires de foulard) ont recueilli leurs témoignages et le publient dans un ouvrage très intéressant : Les filles voilées parlent, publié par les éditions La Fabrique (64, rue Rébeval, 75019 Paris, Diffusion : Harmonia Mundi).
(à suivre)
03:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09/09/2005
UNE BELLE SYNTHESE
MIREILLE ESTIVALEZES
LES RELIGIONS DANS L'ENSEIGNEMENT LAÏQUE
On parle en France depuis une quinzaine d’années d’un nécessaire enseignement du fait religieux. Comment ce débat est-il venu sur les devants de la scène publique ? Quels sont ses enjeux et les attentes qu’il suscite ? Comment les professeurs chargés de cet enseignement sont-ils formés ? Comment répondre au mieux aux attentes de la société, des parents d’élèves et des élèves ?
Si l’on s’accorde à penser qu’une connaissance des religions doit faire partie de la culture scolaire de tout futur citoyen, on peut s’interroger sur les choix qu’opèrent les programmes et les manuels, incarnant à la fois une mémoire du passé et un projet d’avenir de la société. Mais cet enseignement ne va pas sans difficultés : quels sont les écueils à éviter ? La laïcité est-elle un obstacle ou, au contraire, l’une des conditions de cet enseignement dans une École devenue l’un des lieux stratégiques de l’expression des appartenances religieuses ?
Cet ouvrage montre très concrètement comment est mené, avec bien des hésitations et non sans problèmes, l’enseignement du fait religieux dans les collèges et les lycées de la République. Il permet également de mesurer l’importance d’une approche pédagogique distanciée et dépassionnée, bien distincte d’une démarche d’ordre confessionnel, pour communiquer aux citoyens de demain les connaissances nécessaires à la compréhension de questions qui traversent toute l’histoire de l’humanité jusqu’à aujourd’hui. Un panorama d’ensemble de la situation qui n’avait encore jamais été proposé.
Préface de Jean BAUBEROT
Docteur de l'École pratique des hautes études (« Histoire des religions et des systèmes de pensée ») où elle est chargée de conférences, Mireille Estivalèzes est chercheur au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS-EPHE).
Presses Universitaires de France, 326 pages, 21 euros.09:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/07/2005
CHOIX D'OUVRAGES
BIBLIOGRAPHIE
Voici, à la demande d’Odile, une Bibliographie, certes pas complète et où j’ai privilégié les livres et les auteurs que je trouve intéressant (quitte à signaler quand même quelques livres importants, même si j’en récuse la problématique). Certains se trouvent facilement en librairie et, SI VOUS LE POUVEZ, acheter des livres : c’est indispensable pour que les éditeurs continuent à publier des ouvrages « sérieux » ; sinon bientôt vous n’aurez plus que des essais journalistiques de troisième main et la vie des stars. Sinon, consulter les en bibliothèque et, au besoin, N’HESITEZ PAS A DEMANDER A VOTRE BIBLIOTEQUE PREFEREE DE LES ACQUERIR. OK ?
I LAÏCITE EN FRANCE
1. histoire de la laïcite et de la separation
Airiau P, Cent ans de laïcité française 1905-2005, Presses de la renaissance, 2005
Amson D., La querelle religieuse, quinze siècles d’incompréhension, Odile Jacob, 2004
Baubérot J., Laïcité1905-2005 entre passion et raison, Le Seuil, 2004.
Baubérot J., Mathieu S., Religion, modernité et culture au Royaume Uni et en France (1800-1914), Points-Seuil, 2002.
(Bruley Y ;), 1905 La séparation des Eglises et de l’Etat, les textes fondateurs, Perrin, 2004.Boyer A., 1905, La séparation Eglises-Etat, Cana, 2004.
Cabanel P., Le Dieu de la République (1860-1900), Rennes, PUR, 2003.
Chantin J.-P., Moulinet D. (éd.), La séparation de 1905, Ed. de l’Atelier, 2005.
Collectif : La laïcité : des débats, une histoire, un avenir (1789-2005), Le Sénat, 2005Lalouette J., La séparation des Eglises et de l’Etat (1789-1905), Le Seuil, 2005.
Larkin M., L’Eglise et l’Etat en France, 1905 : la crise de la séparation, Toulouse Privat, 2004.
Mayeur J.-M., La question laïque (xixe-xxe siècle), Fayard, 1997.
Mayeur J.-M., La séparation des Églises et de l’État, Éd. de l’Atelier, 2005
.Merle G., Émile Combes, Fayard, 1995.
Nora P. (éd.), Les lieux de mémoire, (3 tomes) Gallimard, 1984-1992.
Poulat É., Liberté, laïcité, la guerre des deux France et le principe de modernité, Cerf/Cujas, 1987.
Scot J-P., « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle », Seuil, 2005
Weill G., Histoire de l’idée laïque en France au XIXe siècle, Hachette, 2004.
2 problèmes juridiques
Boussinesq J., La laïcité, mémento juridique, Le Seuil, 1994
Conseil d’Etat, Un siècle de laïcité, La documentation française, 2004Durand-Prinborgne Cl., La laïcité, Dalloz, 1996
Jeuffroy B., Tricard F. (éd .), Liberté religieuse et régime des cultes en droit français, Le Cerf, 1996
MessnerF., Prélot P.-H., Woerling J.-M. (éd.), Traité de droit français des religions, Ed. du Juris-Classeur, 2003.
Poulat E, Notre laïcité publique, Berg International, 2003.
3. L’école laïque
Baubérot J., La morale laïque contre l’ordre moral, Le Seuil, 1997.
Cabanel P., La République du certificat d’études, Belin, 2002
Chevallier P., La séparation de l’Église et de l’École, Fayard, 1981.
Debray R., L’enseignement du fait religieux dans l’école publique, Odile Jacob, 2002.
Deloye Y., École et citoyenneté, l’individualisme républicain de Jules Ferry à Vichy, Presses de la fnsp, 1994.
Estivalezes, Les religions dans l’enseignement laïque,Puf, 2005
Ferry J., La République des citoyens, 2 t. (textes présentés par O. Rudelle), Imprimerie nationale, 1996.
Gaillard J.-M., Jules Ferry, Fayard, 1989.
Lelièvre Ch., Nique Ch., La République n’éduquera plus. La fin du mythe Ferry, Plon, 1993.
Loeffel L., La question du fondement de la morale laïque, PUF, 2000
4. réflexions et problèmes actuels
.Baubérot J., Bouzar D., Costa-Lascoux J., Le voile que cache-t-il ?, Ed. de l’Atelier, 2004Bedouelle G., Costa J.-P., Les laïcités à la française, PUF, 1998.
Cabanel P., Les mots de la laïcité, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2004.
Césari J., L’islam à l’épreuve de l’Occident, La Découverte, 2004
Champion Fr., Cohen M. (éd.), Sectes et démocratie, Le Seuil, 1999
Coq G., Laïcité et République, Le Félin, 2003.
Gauchet M., La religion dans la démocratie, Gallimard, 1998
Hervieu-Léger D., Catholicisme, la fin d’un monde, Bayard, 2003.
Lazar Ph., Autrement dit laïque, Liana Levi, 2003.
Libération, La laïcité dévoilée, L’Aube, 204.
Pena-Ruiz H., Dieu et Marianne, Paris, puf, 2004.
Portier Ph. (éd.), La Laïcité, une valeur d’aujourd’hui ?, Rennes, PUR, 2001
Renaut A., Touraine A., Un débat sur la laïcité, Stock, 2005.
Raison Présente, Une laïcité pour l’avenir, Colloque de l’Union rationaliste, n° 149-150, 2005
O Roy, La laïcité face à l’islam, Stock, 2005.
Stasi B. (éd.), Laïcité et République, La Documentation française, 2004.
Willaime J.-P., Europe et religions, les enjeux du XXIe siècle, Fayard, 2004
Zarka Y. Ch. (éd.), Faut-il réviser la loi de 1905 ?, PUF, 2005.
Baubérot J. (éd.), La laïcité à l’épreuve, religions et liberté dans le monde, Universalis, 2004
Brassac P.-J., Avec ou sans Dieu, Vingt étudiants en Europe : religions et laïcité, Autrement, 2005.
Blancarte R ., Laicidad y Valores en un Estado democratico, Mexico, El Collegio de Mexico, 2000
Bulletin d’Histoire Politique (Montréal), La laïcité en France et au Quebec. Vol 13, n° 3, printemps 2005.
Chélini-Pont B. – Gunn J., Dieu en France et aux Etats-Unis, Berg International, 2005
Mély B., De la séparation des Eglises et de l’Ecole,mise en perceptive historique (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie), Ed. Page deux, 2004.
Milot M., Laïcité dans le nouveau monde, le cas du Québec, Turnhout, Brepols, 2002.
Kaboglu I. O., Laiklik ve Demokrasi, Ankara, Imge Dagitim, 2001.
Randaxhe F., Zuber V., Laïcités-Démocratie, des relations ambiguës, Turnhout, Brepols, 2003.
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