Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/07/2011

DSK, féminisme et laïcité.

Ce n’est pas bien du tout : dès que j’ai appris le retournement de situation, j’ai voulu écrire une note : « DSK story, saison 2 », mais j’étais à un colloque à Aix et entre les very intéressantes communications et le parfum sensuel de l’air de Provence, I had no time…

Alors Libé en a lâchement profité pour me piquer l’idée et titrer « DSK saison 2 » vendredi dernier. No problem, je ne réclamerai pas de droits d’auteurs.

Mais c’est vrai que, comme dans toutes les bonnes séries, la saison 2 commence sur un coup de théâtre. Et, là, il faut le reconnaitre, cela n’a pas été loupé.

 

Nous nous attendions à une progressive mise en cause de Nafissatou Diallo, la présumée victime (vous avez remarqué que les médias donnent souvent cette précision, alors que pour DSK, le héros principal du feuilleton….) par les méchants avocats…

C’était sans compter avec la capacité imaginative des scénaristes, qui ont trouvé beaucoup plus intéressant.

Pour les séries télé, les Américains sont décidément les meilleurs.

Mais soyons (une fois encore, cette fois à juste titre !) dans la French pride : ils n’auraient pas pu être aussi bons, si nous ne leur avions pas prêté notre French lover number one, et… notre épouse exemplaire (belle, riche, volontaire, aimante,…) hors concours.

Comme quoi les rôles de genre sont scrupuleusement respectés chez nous, non mais!

 

Toujours à la pointe de l‘info à venir, le Blog se penche sur… la saison 4 de DSK story.

Parce que le scénario actuel n’a prévu que 3 saisons. La saison 2 s’achevant par un non-lieu. Et la saison 3 étant « DSK  3, le retour » (en France).

Ne nous décevez pas, scénaristes talentueux : trouvez de nouveaux rebondissements. Tels que vous êtes partis, vous pouvez tenir 12 saisons,  si vous continuez avec la même veine inventive.

Le bon peuple réclame du pain et des jeux. Notamment « la ménagère de moins de 50 ans », cet archétype (sexué) de la consommation qui fait la gloire de notre belle civilisation occidentale, que le monde entier nous envie!

 Et comme cette « ménagère » a de moins en moins de pain dans son cadi, que Marie Antoinette n’est plus… pour lui servir de la brioche, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

Reste que, coupable ou innocent (on aura sans doute l’occase. d’en reparler) DSK aura rendu un immense service à la cause du féminisme et de la laïcité.

Avant DSK story, c'est-à-dire il y a 3 siècles  ou 7 semaines, il existait en France 2 sortes de mecs : les bons athées-judéo-chrétiens, défendant « l’égalité homme-femme »[1], et tout et tout, et puis les méchants musulmans qu’étaient contre cette égalité et qu’il fallait éduquer aux « Valeurs de la République ».

Valeurs que les autres, tous les autres défendaient, bien sûr.

Et c’est ainsi que féminisme et laïcité faisaient bon ménage,… mais uniquement face à l’islam.

 

Vous ai-je déjà raconté qu’à la fin de la Commission Stasi, des propos très significatifs ont été tenus.

Ils affirmaient que, effectivement, stricto sensu (et tout le bataclan), l’interdiction du foulard à l’école ne pouvait pas complètement être justifiée au nom de la laïcité

(après tout le Conseil d’Etat en 1989 et 1992 avait dit que c’étaient des comportements et pas le signe lui-même qui pouvait le rendre incompatible)

Mais, ajoutait-on, si on envisageait la chose « du point de vue de l’égalité homme femme », alors là, aucune hésitation n’était permise.

J’avais tenté de rétorquer : pas de ça, fillette (décidément,…) car, alors, c’est une commission sur l’égalité des sexes qu’il aurait fallu mettre en place, et il aurait fallu que cette Commission  traite TOUS les problèmes liés à l’inégalité des sexes en France.[2]

On opérait un court-cicuit très réducteur , et pour le féminisme et pour la laïcité.

 

Mais mon propos s’était perdu dans le désert de l’indifférence. Dès lors que les musulmans n’étaient pas concernés, de fait on abandonnait la cause de l’inégalité des sexes.

J’exagère à peine : on relie actuellement (sans approfondir la question) inégalité des sexes et mixité. Dans cette perspective une femme de la Commission Stasi avait, au début de la dite commission, proposé d’interdire les associations unisexes. D’après elle, il en existait chez les musulmans.

Et son propos avait été bien accueilli par certains-certaines.

« Génial, lui ai-je répondu, tu vas ainsi faire interdire la plupart des associations de francs-maçons ! »

Elle a rougi et retiré sa proposition, mais sans analyser ce que cela signifiait.

 

Cette attitude est loin d’être unique. Rappelez-vous :

 

« Une jupe, ce n’est qu’un bout de tissu » affirmait l’actrice Isabelle Adjani alors qu’elle recevait en 2010 un prix pour sa prestation dans le film « « La journée de la jupe » de Jean-Paul Lilienfeld.

Un simple bout de tissu mais, poursuivait-elle, « qu’elle soit courte ou qu’elle soit longue, son symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l’obscurantisme et contre la haine des femmes (…) Cette jupe, c’est justement l’anti-nicab. Cette jupe, c’est justement l’anti-burqa ».

 

Certes, je ne nie pas qu’Isabelle  Adjani soit une meilleure référence philosophique que BHL. Plus sympathique, en tout cas.

Mais, Isabelle, l’affaire DSK a montré que vous vous êtes faite manipulée dans les grandes largeurs :

La jupe, c’est d’abord l’anti-conseil des ministres, c’est d’abord l’anti-parlement français, etc.

Maintenant la parole a été libérée, maintenant cela a été dit et redit : des femmes ministres ou parlementaires mettent un pantalon pour ne pas se faire embêter grave par leurs collègues masculins.

Pour ne pas subir des propos harceleurs.

 

Et, de l’affaire Tron à bien d’autres choses, le rideau s’est enfin ouvert sur le vécu de nombreuses femmes.

Elles étaient, elles sont victimes. Mais quand ce n’est pas d’un « musulman », cela n’intéressait presque personne. Il n’y avait pas de « l’actu » pour cela. Et on refusait d’en faire de l’actu : Ce n’était pas « assez sexy ».

Eh oui, pour qu’une info perce le mur impitoyable des médias, il faut qu’elle soit « sexy » : ironie douloureuse dans le cas présent.

 

Maintenant, la parole a été libérée sur le machisme ordinaire, le machisme franco-français.

« L’esprit gaulois » !

Ou, plus exactement : maintenant celles des féministes qui mettent en cause ce machisme, ne voient plus leurs paroles piétinées, niées, non prises en compte, leurs souffrances ignorées, leurs plaintes bafouées.

Elles ont pu percer le MUR de L’INDIFFERENCE.

Se faire entendre alors que le féminisme dominant s’était embourgeoisé, était devenu conformiste en diable et se réduisait de plus en plus à attaquer un certain islam.

 

Monde terrifiant où il faut que l’actualité s’y prête pour qu’enfin on aborde la réalité en face.

Monde cynique où l’actualité ne provient plus de la réalité, mais où l’actualité (telle qu’elle est construite et mise en scène) est première, toute puissante et, selon son gré, occulte la réalité ou en montre une part.

MONDE QUI MARCHE SUR LA TÊTE !

 

Alors, j’espère que certains-certaines n’aurons plus la morgue de nous lancer certains accusations à la tête, comme celle d«’angélisme » à l’égard de l’islam, de musulmans.

 

Qu’il existe des problèmes d’inégalité des sexes dans la pratique actuelle dominante de l’islam, certes

(Cependant, c’est plus diversifié que l’on ne le dit : dans l’importante confrérie soufie Tiâniyya Naassène  le clergé est ouvert aux femmes –j’en sais des choses ! Là, c’est grâce aux travaux de C. Jourde, prof à l’Université d’Ottawa)

Oui, il existe des problèmes, mais, là où il y a intox, c’est que:

 

-          D’une part, il se développe un « féminisme musulman » de femmes sans ou avec foulard qui le combat, et que ces femmes, mal vues par certains musulmans, sont rejetées par certain(e)s féministes.

-          D’autre part, ce n’est pas la critique, la mise en cause d’un « machisme musulman » qui fait problème, c’est la façon de le désigner à la vindicte publique en innocentant tous les autres machismes.

 

Ce sont ces deux attitudes cumuléesqui sont insupportables.

 

Grace à la saison 1 de DSK story, il y a eu un peu de lucidité dans ce monde de brutes et de paillettes.

Il ne faudrait pas que  la saison 2 remette une chape de plomb sur ce pan de réalité dévoilé

Il ne faudrait pas que les cons satisfaits recommencent à nous jeter, quotidiennement, leur morgue à la figure.

 

Pour cela : une seule solution :

ISABELLE ADJANI, vous avez, maintenant que vous savez à quoi vous en tenir, un devoir impérieux :

tourner un nouveau film : « Une journée de la jupe 2 », film qui se passera dans les coulisses du gouvernement et du Parlement

Film de Jean-Paul Lilienfeld

Film qui recevra un prix

Film dont les médias feront autant la promotion que la Journée de la jupe 1

 

Faute de cela, il deviendra clair que ce n’est pas l’égalité homme-femme le combat d’Isabelle, de Jean-Paul Lilienfeld, et de toutes les personnes qui se sont mobilisées,

Mais le fait de pouvoir déblatérer sur les jeunes des cités et d’autres

Mais le désir, conscient ou non, de se vautrer dans la discrimination, et d’être des putes soumises à la logique : « selon que vous serez puissant ou misérable ».   

 

 

 PS: la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour ateintes aux libertés laïques. Peu de médias en ont parlé. Le Blog va y revenir.

 



[1] J’ai mis des «   » car, bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre, alors que, normalement, on suit l’ordre alphabétique, ce qui devrait faire parler de l’égalité femme-homme, eh ben, non, pas du tout, là, le masculin prime, comme dans la grammaire et dans le n° de sécurité sociale

[2] Vous trouverez un récit de la Commission Stasi (« L’acteur et le sociologue, la Commission Stasi) dans ma contribution à l’ouvrage dirigé par Delphine Naudier et Maud Simonet : Des sociologues sans qualités ? Pratiques de recherches et engagements, la Découverte 2011.

Très concret, ce livre montre comment des sociologues peuvent analyser la société dont ils sont membres, et donc engagés dedans.

29/06/2011

Laïcité, et ""anormalité"", pour Mathilde et les autres

Je réagis au Commentaire fait par Mathilde à la Note du 21 juin.

Non Mathilde, vous n’êtes pas du tout « hors sujet », comme vous le pensez. Vous êtes au contraire en plein dans le mille.

Si je n’ai pas commenté plus tôt votre propos, c’est qu’il a plein de commentaires très intéressants après les Notes, que je "cours après le temps" et ne peux donc pas réagir à la plupart d’entre eux.

Je choisis de le faire à la fois suivant le moment où cela tombe : je lis le commentaire, j’ai un chouia de temps : hop, j’en profite. Mais si je n’ai malheureusement pas de temps, cela passe à l’as.

Il existe, en fait, un critère supplémentaire : je ne parle que des sujets pour lesquels j’ai quelques compétences. Et, à priori, l’autisme, je n’en sais rien de plus que tout un chacun.

 

Mais j’ai bien compris que le problème n’est pas l’autisme en lui-même, c’est le regard d’autrui sur un enfant autiste, c’est le comportement de la société face à un enfant autiste qui est insupportable.

Et là, bien sûr, le blog est totalement concerné: ce n’est pas pour rien qu’il s’intitule :

«LAÏCITE ET REGARD CRITIQUE SUR LA SOCIETE »

Convaincu qu’il est que l’un ne va pas sans l’autre (et inversement).

 

Oui, vous êtes victime du même regard (et comportement) normalisant, réducteur, et qui ne supporte pas l’altérité.

Oui, ce comportement (et ce regard) sont appauvrissants car, pour ce qu’en sais, l’autisme est souvent lié à une hyper sensibilité intelligente, à une forme de lucidité qui n’arrive pas à trouver sa place dans le monde tel qu’il est

Et le monde tel qu’il est s’appauvrit en rejetant l’autisme. Mais comme il a la bêtise satisfaite, arrogante, il n’est même pas capable de le comprendre.

 

Alors, 2 aspects sont présents dans votre propos

L’un c’est que, tendanciellement, dans toutes les sociétés, il existe une séparation -très culturelle et qui n’est pas la même suivant les époques et les cultures- entre ce qui est considéré comme « normal » et ce qui est considéré comme ne l’étant pas.

L’autre c’est que vous avez raison de dire que la tolérance à l’être humain autiste est moins bonne en France que dans d’autres pays démocratiques.

 

Ces 2 aspects concernent directement le Blog.

Voici le premier :

Ni son rédacteur, ni les internautes qui surfent et l’apprécient ne sont en dehors des préjugés, des stéréotypes. Ils peuvent, nous pouvons, avoir des réactions immédiates de rejet, d’exclusion, etc : à chacun ses boucs-émissaires !

Mais la règle du jeu de celles et ceux qui ont compris l’esprit de ce blog, c’est de se jurer à soi-même que l’on ne restera pas dans le premier degré, dans la réaction immédiate.

C’est, ne voulant pas mourir idiot, d’être dans la réflexivité(c’est un gros mot, mais finalement parce qu’il est trop peu utilisé) .

 

 Il s'agit donc de se méfier de ses réactions immédiates.

Car, sur tous les sujets que l’on n’a pas travaillés, décryptés, on court toujours le risque d’être imprégné de la médiocrité sociale.

Personne n’est à l‘abri, personne n’en est indemne.

Il faut simplement le savoir, et être dans la vigilance à l’égard de soi-même.

C’est ce que Claude Nicolet appelait : « la laïcité intérieure » : se méfier du « petit clerc  qui sommeille en soi-même ».

 

Et le second :

C’est que la situation actuelle, où l’on marche de plus en plus sur la tête, est notamment le résultat d’une imbécilité terrible :

A force d’opposer République (française) et démocratie (anglo-saxonne), on s’est éloigné de la démocratie tout court.

Jules Ferry disait que 2 dangers majeurs menacent la République : le bonapartisme et le jacobinisme.

En fait quand on oppose République et démocratie, ce sont à la fois le bonapartisme (césarisme bonapartiste) et le jacobinisme que l’on exalte, que l’on promeut implicitement.

Et pour ne rien voir et ne rien comprendre on baptise « laïcité » ce césaro-jacobinisme !

On change complètement le sens de ce terme, pour mieux étouffer la laïcité, celle qui rassemble dans la diversité.

 

A force de se gargariser d’une « pseudo exception français », d’un « chez nous cela ne passe pas comme ailleurs »

A force de croire que ces pôvres z’étrangers, ils ne comprennent rien à la laïcité, ils ne peuvent pas comprendre (la laïcité serait donc une caractéristique ethnique, réservée aux français !)

A force de répéter des bêtises, des absurdités

(non que l’on soit bête soi-même, mais on se laisse simplement prendre dans les filets de l’idéologie dominante, qui prend caractère d’évidence par la méthode Coué)

On aboutit à ce carcan normatif.

 

On aboutit à ce que Marine Le Pen puisse se proclamer championne de la loi de 1905.

Impossibilité culturelle il y a 10 ans

Réalité sociale et politique d’aujourd’hui.

 

C’est pourquoi, votre combat rejoint celui de « Mamans toute égales »

Votre combat rejoint le combat du blog

Le combat de toutes celles, de tous ceux qui veulent vivre libres

Et qui pour cela RESISTENT, résistent au carcan de ce monde de brutes ET de paillettes.

 

 

 

 

 

 

 

   

 

25/06/2011

Hôpital et Laïcité

Conférence-Débat
 
Centre Migrations et Citoyennetés
 
Mercredi 29 juin 2011 de 18h00 à 19h3
 Ifri, salle de conférences, 27 rue de la Procession, 75015 PARIS -
Métro Volontaires (12) ou Pasteur (6)
 
 
 
discriminations
à l'hôpital
 
Une enquête sociologique, dirigée par Christophe Bertossi (Directeur du Centre Migrations
et Citoyenneté de l'IFRI),
qui la présentera, dément les
IDEES RECUES et les STEREOTYPES véhiculés sur la question.
.
Ses conclusions seront commentées par
John Bowen, University  Wachington, Saint-Louis, USA et
Jean Baubérot, Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS-EPHE)
 
 
 
Une pièce d'identité vous sera demandée à l'accueil.
Pour plus d'information, contacter Pauline Ollier : 01 40 61 72 84 -
 
Institut français des relations internationales
27, rue de la Procession, 75740 Paris cedex 15
Tél : 01 40 61 60 00 - Fax : 01 40 61 60 60 - courriel :
ifri@ifri.org

21/06/2011

Contre l'interdiction des sorties scolaires aux mères qui portent un foulard;

Le Collectif Féministe Pour l'Egalité vous invite à participer une réunion publique

Mamans Toutes Égales
Dimanche 26 juin à 15h


Dans les locaux de la Ligue des Droits de l’Homme,
138 Rue Marcadet, 75018 Paris

(Métro Lamarck Caulaincourt ou Jules Joffrin)

Pour continuer la campagne contre l’interdiction faite aux mères d’élève portant un foulard de participer aux sorties scolaires.
Une garderie sera organisée pour les enfants.
Un pot d’amitié aura lieu à la fin de la réunion

 

Vous trouverez la pétition du Collectif "Mamans toutes égales , notamment, par le lien des Indivisibles :

 http://lesindivisibles.fr/documentation/revue-de-presse/m...

  Ils l'ont également diffusé sur leur facebook :https://www.facebook.com/pages/Les-Indivisibles/182318881134

et twitter :

 

Vous avez aussi le Site web de Mamans toutes égales :

http://mamans-toutes-egales.tumblr.com 

 

Contact 

collectif.mte@gmail.com

Je l'ai déjà plusieurs fois indiqué: il y a une actuellement une offensive pour marginaliser socialement les femmes qui portent un foulard. Dans les 26 propositions de l'UMP, celles qui ont le plus de "chances" (= de risque) d'être réalisées, sont celles qui les concernent directement ou indirectement.

- interdiction de travailler dans organisme qui concourent au service public, ou qui ont une mission d'intérêt général,

- demande d'une "certaine neutralité" dans les entreprises privées

Celà signifie leur rendre très difficile le marché du travail. Le but est clair: les cantonner à la maison. Mais cela ne suffit pas: Maintenant, Luc Chatel voudrait leur interdire d'encadrer les sorties scolaires dans les écoles où vont leurs enfants. Dans certains établissements, on les empêche de pénétrer dans l'école ou on les  fait rentrer par une porte dérobée, ce qui les stigmatise face à leurs enfants et les prive d'une activité sociale utile. Bref, tout est fait pour faire en sorte qu'elle ne soient pas des femmes comme les autres.

le collectif "Mamans toutes égales" se bat contre cette situation. Il a déjà obtenu un premier succés puisque Fillon modère les ardeurs liberticides de Luc Chatel, hésite à le suivre. Mais, attention, il peut s'agir d'attendre les vacances d'été pour réaliser son mauvais coup. Car Fillon n'a pas dit qu'il s'opposait à cette mesure. L'attentisme fillonien ne doit dopnc surtout pas conduire à baisser la garde.

Nous sommes tous concernés: ces interdictions ne sont pas seulement des atteintes contre des femmes musulmanes, même si celles-ci sont, effectivement, les premières visées. Ces interdictions sont des atteintes aux libertés publiques. De graves atteintes. ce ne sont pas les premières et, si nous laissons faire, ce ne sont certainement pas les dernières.

 Nous devons être tous consternés... et mobilisés. La liberté du minoritaire constitue toujours un indice fort de la bonne santé d'une démocratie. Tout un chacun est donc indirectement atteint dans SA PROPRE LIBERTE et peut l'être plus directement un jour ou l'autre. En 2004, au moment de la loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école publique, il a été dit et répété d'une part, que cela allait "ramener la tranquillité", d'autre part que cela concernait des personnes mineures. Considère-t-on les femmes avec foulord comme d'éternelles mineures? En sommes nous revenus au Code Civil de 1804 qui minorait les femmes?

Ce qui se passe est d'autant plus stupide que si la suspiçion à l'égard du foulard s'est développée dans le contexte de la fatwa de l'imam Komeyni contre Salman Rushdie, et des peurs diverses concernant un islam politique transnational, la loi de 2004 a suivi le 11 septembre, la situation a bien changé depuis.

Voyons ce qu'il en est au niveau de "M - Mme Français moyen" très influencé par ce qu'il voit à la télévision: la mort, dans des conditions pourtant contestables, de Ben Laden n'a pas suscité de vagues de protestations dans ce que d'aucuns (comme fr Baroin par exemple) appellent le "monde musulman"; les révolutions arabes ont télévisuellement familiarisé des images de femmes à foulard combattant pour la démocratie et des sociétés de droits.

Aussi bien les politiciens au pouvoir ne peuvent même pas prendre comme cache sexe le prétexte d'une pression médiatique et de l'opinion publique. Non, s'est simplement leur course après Marine le Pen. Comme si cela allait leur faire gagner des voix! C'est à la fois liberticide et stupide. Comme si on voulait à tout prix diviser les Français.

Et dans cette politique folle, c'est la laïcité elle-même qui est menacée. Mais la laïcité, en fait, ce n'est vraiment pas leur affaire.

 

19/06/2011

Afganistan

62ème soldat français tué au champ d'horreur.

Il avait 20 ans, et la vie devant lui, comme on dit.

ET COMBIEN DE CIVILS AFGANS TUES PAR DES SOLTATS FRANCAIS EN "BAVURES" OU "DOMMAGES COLLATERAUX"?

Cela, nul ne le sait, pas même les soldats sans doute.

09:52 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (13)

17/06/2011

Sectes: soyez un peu rationnels!

Si vous voulez ne pas être victime d'un rapport sectaire, plutôt que lire celui de la Miviludes informez-vous grâce aux Actes du Colloque international (où la MIVILUDES était présente et à pu dire son point de vue, en donnant une communication. Mais là, très bizzarement (!), sa représentante a fait profil bas!)

QUELLES REGULATIONS POUR LES NOUVEAUX MOUVEMENTS RELIGIEUX ET LES DERIVES SECTAIRES DANS L'UNION EUROPEENNE?

publié sous la direction de Nathalie LUCA, directrice adjointe du Centre d'Etudes Interdisciplinaires des faits religieux (CNRS-EHESS), et paru aux Presses Universtaires d'Aix-Marseille, en 2011) dans la collection: Droit et Religions.

Vous trouverez des informations, sérieuses et rationnelles, sur les politiques publiques face aux "dérives sectaires" en France, Belgique, Suisse, Grande Bretagne,espagne, Italie; la juridiction européenne, etc.

La comparaison est fort éclairante.

Votre très humble et dévoué serviteur a donné la conclusion générale du colloque.

Grâce à Internet vous devez pouvoir acheter facilement les Actes de ce colloque: une démarche à faire si vous ne voulez pas être manipulé! 

 

PS: Oui, Michel, tu as raison et j'enlève régulièrement ces commentaires parasites, dont je ne sais pas comment me débarasser. Mais, bon, je cours après le temps et n'ai pas 15 minutes chaque jour pour faire  le job.

 

15/06/2011

Quelle laïcité pour la France de 2011?

 

QUELLE LAÏCITE POUR LA FRANCE DE 2011?

Conférence de J. Baubérot le 16 juin De 17h à 19 h. 6 rue du Département 75019 Paris

Si'nscrire auprès de:

Marion SESTER- Pôle RessourcesDélégation à la Politique de la Ville et à l'Intégration marion.sester@paris.fr  Mairie de Paris.

 

Et  une Table ronde: "Menaces sur la laïcité?", avecJ. Baubérot,  R. Diallo et P. Weil
aux Journées de Strasbourg: Cent idées pour la France
Organisées par Le Nouvel Observateur et Terra Nova,
Strasbourg 17-18 juin 2011
à 14h15, place Kleber.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/06/2011

Le mariage entre personnes de même sexe et la laïcité

Après avoir rejeté la petite avancée en matière de bioéthique, le Parlement va repousser la proposition de loi concernant le mariage entre personnes de même sexe.

Quelques internautes qui surfent sur ce Blog se sont étonnés de ce que, dans plusieurs interventions, et encore récemment (cf. Libé ou Le Monde.fr) j’ai pris position pour cette extension du mariage et j’en ai fait un aspect de la refondation nécessaire de la laïcité.

 

Cela me semble pourtant aller dans l’entière logique de ma position d’ordre général sur la laïcité.

Il est vrai que celle-ci est faussée par la mauvaise foi de celles et ceux qui veulent à tout prix faire de moi un défenseur des religions (cf. encore le compte rendu de Laïcités sans frontières par J.P. Scot dans L’Humanité, et cela fait plus de 20 ans que cela dure !)

Mais il faut bien voir que ces propos répétitifs  visent à décourager les gens de me lire en travestissant complètement  ce que je dis ou j’écris, et donc il faut les prendre avec des pincettes.

Et j’espère que la majorité des lecteurs du Blog, qu’ils soient d’accord ou non avec moi peu importe, savent à quoi s’en tenir.

Le Baubérot n’est pas ce que certains voudraient qu’il soit. Non, mais !

 

Cependant, l’occasion faisant le larron, il n’est pas inutile de clarifier  les choses.

La laïcité, c’est ni le combat contre les religions ni l’ouverture vers les religions. C’est à la fois le respect de la liberté de conscience, ce qui inclut la liberté de religion ET le refus d’une domination des religions sur l’Etat et la sphère publique

Et donc ,

Autant il est contraire à la laïcité de faire la chasse aux femmes qui portent un foulard ou aux hommes qui portent une kippa comme cela se multiplie actuellement

(Dernier exemple : un tribunal où on demande à un homme d’enlever sa kippa, un autre où on demande à une femme d’enlever son foulard,…),

Autant il est contraire à la laïcité de renâcler au maximum dans un hôpital face au projet d’instauration d’une aumônerie musulmane (à Roubaix semble-t-il, par exemple),

Autant le principe de séparation s’applique aussi à la législation civile, qui doit veiller, autant que faire se peut à réaliser ce qui est juste, mais n’a pas à obéir à une vison religieuse ou philosophique particulière du bien.

 

La laïcité des mœurs a toujours été conflictuelle.

Lisez, par exemple, l’ouvrage de F. Ronsin, Les Divorciaires (Aubier) sur les conflits qui ont eu lieu lors de la loi de 1884 sur le divorce.

Son auteur, Alfred Naquet était un libre-penseur « de race juive » (comme on disait couramment à l’époque). L’évêque-député, Mgr Freppel dénonce aussi sec à la Chambre  un « complot sémitique »   contre la « civilisation chrétienne » (p. 269).

On croit que les bases même de la société sont ébranlées. Beaucoup de magistrats démissionnent, etc.

 

Je crois que c’est important de rappeler cela pour plusieurs raisons :

 

D’abord l’établissement de la laïcité dans les années 1880 n’a pas été simplement la séparation de la religion et de l’école publique, cela a été aussi la séparation de la morale religieuse, catholique en l’occurrence puisque le  protestantisme et judaisme admettaient le divorce, et de la loi civile

 

Ensuite, cette séparation a été une marche essentielle de la laïcité sous la Cinquième République : contraception, IVG, PACS : à chaque fois, cela a été vécu par certain un peu comme la fin du monde. Et pourtant !

Rappelez-vous tous les hauts cris contre le PACS dans les rangs de la droite : et maintenant, on nous oppose un bon PACS  à un mauvais mariage entre personnes de même sexe.

En fait en 10 ans le PACS s’est banalisé et la fin du monde n’a pas eu lieu !

Il existe une responsabilité de ceux que j'appelle les laïques encroutés qui, dés 1956 et encore plus sous la Ve République, ont focalisé de façonv presque unique les combats laïques sur l'école (et même de façon plus restrictive sur les subventions publiques aux écoles privés).

Et partir de 1989, qui disait école laïque disait déjà "islam". Sarko a des ancètres, même à gauche.

Il faut retrouver le sens des libertés laïques (selon la belle expression mise en avant par Roberto Blancarte et  son réseau latino-américain.

 

Enfin pourquoi ces questions soulèvent-elles tant de passion ?

Elles mettent en jeu l’ordonnancement du symbolique. Une société comporte toujours un ordre symbolique, comme elle comporte un ordre politique et un ordre social.

 Dans une perspective laïque :

-          D’un côté, l’ordre symbolique n’est pas plus sacré que les autres ordres. L’ordre symbolique existe, mais il ne peut être anhistorique. A un moment X d’une société, il existe des limites. Et en dépit de la peur de certains, il existera toujours des limites. Mais, à chaque époque, il est de la responsabilité de la société civile de débattre de ces limites et de la société politique de les fixer pour un temps.

 

-          De l’autre, libre aux religions et aux convictions d’avoir en interne leur propre conception de l’ordre symbolique. Une religion peut être opposée à l’IVG et son clergé peut le dire dans ses prêches. Une religion peut refuser de bénir des couples de même sexe. Etc. cela fait partie de la liberté de religion, même si cela dérange. Et  celles et ceux qui combattent des formes religieuses à cause de cela, peuvent certes le faire au nom de leurs convictions propres, mais ils/elles n’ont pas à le faire au nom de la laïcité car, si elles/ils le font, ces personnes  sont dans une erreur identique à ceux des religieux qui veulent imposer à tout le monde leur morale propre. C’est le « hors de moi, pas de salut » !

 

Maintenant, l’interpellation que l’on m’a faite est allée plus loin. Certains m’ont dit : OK, on a compris ta position « séparatiste ». Mais tu es protestant et tu l’assumes. Alors…

Alors,  je respecte totalement ceux qui croient à un ordre symbolique intangible mais, pour ce qui me concerne, je ne suis pas de leur paroisse.

 

Prenez de l’aspirine, je vais vous faire un peu de théologie. Il n’y en a pas souvent dans le Blog. Mais il peut y en avoir. Le Blog estime que tout est permis, même si tout n’est pas utile.

Il y a ce que l’on appelle en théologie chrétienne le kerygme. C’est le cœur du message. Pour Luther, c’est le paradoxe d’un Dieu mourant crucifié.

Et puis il y a l’éthique.

 

Non seulement je ne suis pas un adepte de la « morale naturelle », quand l’Eglise catholique croit qu’il existe une morale éternelle, valable pour chaque être humain, qu’il soit croyant ou non. Morale dont elle serait le dépositaire

(Et c’est pour cela qu’il existe toujours un dissensus théorique entre l’Eglise catholique et la laïcité, même si des accommodements pratiques ont été trouvés. Et même si une société démocratique n’existe pas sans tension)

Mais je ne pense pas non plus  qu’il existe une morale intangible qui serait spécifique aux chrétiens et donc qu’ils devraient suivre de façon intemporelle, sans pour autant l’imposer aux autres.

Autrement dit : je ne crois pas du tout que l’éthique fasse partie du kerygme.

 

L’éthique pour moi est quelque chose

-          de  contextuel, de lié à un temps, un lieu, et à des situations concrètes

-           et de relationnel : donc une forme de relation à autrui et non des contenus fixes, quoiqu’il arrive.  

Et si un moderne Bossuet écrivait un pamphlet pour dénoncer les variations de l’éthique protestante, moi je m’en ferai plutôt gloire.

 

En plus, ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces.

Dans les années soixante, il fallait défendre le droit à l’union libre, au non-mariage.

 Et je me rappelle d’un mot d’ordre que nous avions à la revue des étudiants protestant, Le Semeur (revue qui proposait des abonnements à prix réduit aux « couples tentant l’union libre », petite provocation d’avant mai 68 où je peux vous assurer que le milieu parpaillot réagissait au quart de tour !)

Ce mot d’ordre c’était :

« Face à des unions libres heureuses, certains mariages ont bien tort d’exhiber leur faillite »

Bref, il fallait défendre le droit à ne pas se marier.

Aujourd’hui, il faut défendre le droit des homosexuels de se marier. Et l’on peut dire :

« Face à des couples homosexuels heureux, combien de couples hétérosexuels ont tort d’exhiber leur faillite »

Ou d’avoir bonne conscience, ou la formule que vous voulez.

Ah oui, camarade, la fidélité dans la forme, c’est la mobilité des contenus.

 

De même, dans les années 70, face à un oncle par alliance, militant communiste très remonté sur la question, il fallait défendre le droit des femmes qui le souhaitaient de se mettre seins nus sur les plages.

Et puis, il a fallu défendre le droit des femmes qui le souhaitent à pouvoir porter un foulard.

Ni putes (pour les premières), ni soumises (pour les secondes).

Car enfin, qu’est-ce c’est que ces gens qui se permettent de juger les autres pour une pratique sexuelle entre adultes consentants, ou pour un morceau de tissus qu’on enlève ou que l’on met, que l’on serait coupable de ne pas porter ou coupable de porter.

 

Mais chaque personne est de toute façon 10000 fois plus complexe.

 

Bref, défendre le droit de ne pas se marier, puis défendre le droit de se marier ; défendre le droit de se découvrir les seins, puis défendre le droit de se couvrir la tête.

Des combats contradictoires ?

Non, une logique profonde, me semble-t-il.

Avec une revendication très basique : M’sieurs dames, prêcheurs de morale ou d’anti morale, si vous pouviez un instant cesser d’e…. le pauvre monde » !