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16/05/2008

MAI 68: A PRATIQUER PLUS QU'A COMMEMORER!

REPRENEZ DONC UN PEU DE LAÏCITE DIALECTIQUE

LA PETITE MADELEINE, C’EST (juste) LA CERISE SUR LE GATEAU !

D’abord, vous n’y échapperez pas!!, quelques nouvelle de THE livre : La laïcité expliquée à Nicolas Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours (Albin Michel)

Il fait l’objet d’une virulente attaque de l’ancien président de la Fédération Protestante de France, J. A. de Clermont, dans l’hebdomadaire Réforme (qui le présente, lui, de façon élogieuse, comme une « leçon de laïcité »).

Bon, j’y répondrais dans le N° de la semaine prochaine. Je voudrais juste indiquer qu’au-delà des contre sens (je ne suis pas du tout contre une actualisation de la loi de 1905, je suis, en revanche, farouchement contre des modifications qui privilégieraient le croire religieux sur le non croire ou d’autres croire, c’est plus qu’une nuance !), cette attaque est révélatrice du malaise que mon livre provoque chez certains chrétiens. (Pas tous, d’autres m’envoient des mels de félicitations)

Ce malaise se manifeste de façon très simple : plutôt que des objections argumentées (je n’ai rien contre, au contraire : cela fait avancer le débat), ce qu’on me dit est, en substance : « pas vous, pas ça »

Alors là, il y avait maldonne, et je suis fort content de l’avoir dissipée.

J’avais beau écrire que je n’étais pas plus partisan d’une laïcité unilatéralement ouverte aux religions que d’une laïcité rrrrépublicaine, comme les partisans de cette dernière me faisaient régulièrement un procès en trahison de la laïcité, comme ils m’accusaient de n’importe quoi (être un complice actif de « l’intégrisme fondamentaliste américain », entre autres…), cela a provoqué un effet de croyance.

La croyance était que, finalement, c’était essentiellement la liberté religieuse et elle seule que je défendais.

Pourtant, merde (à vauban, naturellement), j’avais écris un bouquin sur « La morale laïque contre l’ordre moral », j’ai toujours tenté d’expliquer que la laïcité se composait de plusieurs éléments, etc, etc. J’ai clarifié mes critiques face à la notion de « laïcité ouverte »,… Enfin je ne vous refais pas le topo…

C‘est terrible l’image que certains vous collent à la peau. Avec ce livre, je l’ai cassée, sans même le rechercher (je ne pensais pas que tant de gens se laissaient prendre à des attaques aussi débiles). Ambiance cassée. Tant mieux.

Il y a aussi un autre phénomène, c’est que les gens veulent être confortés dans leurs croyances. Alors quand ils lisent, ils sélectionnent, ne gardent en mémoire que ce qui leur plait. Ils ne se confrontent pas vraiment avec ce qu’écrit l’auteur.   

Et je dis à tous les amoureux déçus : excusez moi, mais vous ne m’aviez pas vraiment lu. Mon livre se situe dans le même chemin que les précédents. Simplement le contenu de ce à quoi il s’affronte a changé, même si la forme reste la même : l’unilatéralisme.

Aller, pour les consoler, je vais leur envoyer une photo de Carla, dédicacée (par moi naturellement),….

Je ne pense pas que quelqu’un puisse trouver le moindre reniement de mes livres passés et de ce que j’y écrivais. Mais les discours de Sarko obligent à reprendre les choses. Puis qu’il défend une « politique de la diversité », il fallait éclaircir le fait, qu’à mon sens, une « politique de la diversité », ce n’est pas cela, ce pourrait être bien différent.

Aller, vous reprendrez bien un peu de laïcité dialectique. Le goût est un peu fort, la première fois que l’on en mange. Mais, très vite on apprécie. Car vous savez, dans ce monde de conformisme fade, la dialectique, ça donne de la saveur,

Je ne vais pas m’étendre trop longuement.

Mais, quand même, pour ne pas être maso, juste signaler que The livre a trouvé  aussi des partisans. Des enthousiastes, qui dévorent, qui adorent tout : le contenu, le style, les blagues…des qui l’ont lu d’une traite, dans le métro, le RER, le train. Et certains même riaient tellement, que leurs voisins les regardaient d’un drôle d’œil (si, si,…)

Et puis, des un peu plus réservés. Des gens sérieux, qui ont trouvé le contenu intéressant, mais l’humour un peu  facile, un peu déplacé, c’est quand même le président quoi. OK, mais il a fait des choses tellement hénôrmes, le petit Nicolas.

C’est bizarre, car c’est un peu la conception : les blagues = c’est le privé ; le sérieux = c’est le public.Et si Mai 68, que l’on commémore beaucoup, c’était de pouvoir mélanger le sérieux et la blague.

Il existe une expression québécoise que j’aime bien : « dire les choses à la blague ». C’est quand il y a du sérieux, du fond dans la blague.

Certains sont étonnés : ce livre, ça ne vous ressemble pas ! Ah bon. Encore l’image ! Mais j’ai trouvé une réponse tout prête : c’est ma manière de fêter Mai 68. En cherchant moins à le commémorer qu’à le pratiquer. Enfin, le pratiquer un peu. En retrouver, un petit quelque chose.

La petite madeleine de Proust. Je n’ai rien contre. Mais tout un repas de madeleines…

Et à regarder les vitrines des librairies, c’est un peu ça, non ? Alors, suivez mon conseil (d’ami) : nourrissez vous de dialectique Et, après, je vous offre comme petite madeleine, quelques souvenirs perso (pratiquement ceux publiés, toujours dans ce même numéro de Réforme, dans le cadre d’une table ronde avec André Sénik)

Donc voilà quelques souvenirs de l’ancien combattant, Jean Baubérot :

- Où en étiez vous de votre parcours intellectuel quand le mouvement a éclaté?

Mai 68 est survenu après plusieurs années de contestations effectuées notamment par des jeunes. On l’oublie trop souvent. Pour ma part je m’étais engagé, comme lycéen, contre la guerre d’Algérie au tournant des années 1950 et 1960.

Beaucoup d’adultes me disaient alors en substance : « tu n’est qu’un adolescent, tu n’y comprends rien. De Gaulle en donne aux Arabes plus que ceux-ci en veulent. L’Algérie n’a pas à être indépendante et ne le sera jamais. » J’entendais cela de la part de conseillers presbytéraux de ma paroisse et d’autres personnes.  

Et puis, est arrivé le référendum de mars 1962 ou 90% des Français se sont prononcés pour l’indépendance. Je n’avais pas encore l’age de voter, mais j’ai constaté que les adultes retournaient leur veste, sans reconnaître, en plus, qu’ils s’étaient trompés ! Cela les a complètement décrédibilisés à mes yeux… et je me suis promis de ne jamais devenir comme eux, de ne jamais répéter passivement les idées dominantes.

Je n’étais pas le seul ! Dans les mouvements de jeunes, qu’ils soient protestants, catholiques ou communistes la critique des institutions s’est développée. Et nous pensions que les surréalistes avaient échoué, faute de transformer le monde ; et la révolution d’octobre, faute de changer la vie. Il fallait lier les deux.  

Pour ma part, j’ai menée cette critique des institutions trop sûres d’elles-mêmes, sur deux fronts : la revue des étudiants protestants, Le Semeur : nous promettions un abonnement à prix réduit aux « couples tentant l’union libre ». Il faut se replacer dans le contexte de l’époque (où la contraception était encore illégale en France, il fallait passer commande en Angleterre) pour saisir la fureur des bons parpaillots !

En même temps, le n° du Semeur sur « les Ruines » (= les adultes) affirmait que les fondamentalistes américains avaient bien le droit d’être rigoristes sur le plan sexuel s’ils le souhaitaient. C’était avant tout la bonne conscience centriste, les évidences, dans le domaine de la sexualité comme dans les autres, que nous attaquions.

Le second front était l’Union des Etudiants communistes, où j’avais adhéré. Quand ma tendance, celle des « Italiens » (c'est-à-dire ceux qui se réclamaient du philosophe Gramsci) a été exclue par le Parti Communiste, j’ai rejoint le CRIR, Centre révolutionnaire d’Initiatives et de Recherches. L’utopie était d’arriver à faire, à plusieurs, une critique de la société du XXe siècle analogue à celle que Marx avait faite pour le XIXe. Mais, en même temps, notre sens de l’humour qui nous empêchait de nous prendre trop au sérieux !  

Après avoir dirigé Le Semeur, je dirigeais la revue Hérytem, critique politique de la vie quotidienne quand Mai 68 a commencé. Là encore, la critique se voulait globale, il fallait à la fois changer la société, changer la politique, changer la vie.  

- Quels souvenirs marquants avez vous conservé de ce moment?  

Globalement les mêmes que beaucoup d’autres : les barricades, les discussions interminables, les slogans inventifs, la Sorbonne occupée. Là, les locaux de la Ve section, la section des sciences religieuses de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, étaient occupés par les anarchistes qui avaient mis une grande banderole : « Ni Dieu ni Maître. » C’était géant !  

J’ai reçu alors une très belle leçon de réalisme politique de la part de mon « patron » (de thèse), Daniel Robert. Il m’a dit : « Baubérot, vous qui êtes bien avec les anars, allez avec eux pour veiller à ce que, quand ils partiront, ce ne soit pas des gens de la VIe section de l’EPHE, celle des sciences sociales, qui occupent nos salles de cours. »

Il y avait, en effet, une rivalité entre les deux sections en matière de locaux ! Face aux inflations idéologiques, c’était une bonne dose de prosaïsme réaliste : derrière la révolution, la vie quotidienne continue ! En bon historien, Daniel Robert s’inquiétait moins de l’effervescence révolutionnaire –elle n’aurait qu’un temps !- que de ce qui arriverait à la fin de la dite révolution. D’abord très surpris, j’ai réfléchi et j’ai compris qu’il avait raison.  

Mon regard sur les « événements » était ambivalent. D’un côté Mai 68 nous apportait la preuve que nous avions eu raison et donnait une ampleur insoupçonnée à la contestation. Les dirigeants du protestantisme, pour qui nous étions la « génération perdue de la guerre d’Algérie », étaient persuadés que les choses se calmeraient avec l’arrivée d’une nouvelle vague de jeunes ; ils en étaient pour leur frais ! Le Parti Communiste aussi.  

De l’autre, nous préparions, à l’Alliance des Equipes Unionistes, depuis deux années un voyage à Cuba. Celui-ci a eu lieu en juillet août 1968 et nous nous sommes trouvés en décalage avec d’autres jeunes de deux, trois ans nos cadets, qui avaient décidé de venir au dernier moment, lors du mouvement de Mai 68. Ces derniers étaient politisés de très fraîche date et montrèrent un enthousiasme unilatéral.

Nous avons réussi, par le réseau de la JEC (la Jeunesse étudiante chrétienne, contestataires catholiques), à rencontrer des opposants et avons bien perçu que tout n’était pas rose. Et ils ne voulaient pas le voir ! En s’amplifiant, la contestation était devenue, pour parodier une phrase célèbre, « l’infini à la portée des caniches. »

- Quel regard portez vous sur votre implication et sur l'ensemble de la révolte (étudiante, ouvrière, voire politique)?  

J’ai vécu Mai 68 comme le feu d’artifice qui clôture la fête. Les années suivantes ont été celles d’un tri, parfois douloureux, entre ce qui était solide et ce qui était illusoire dans les contestations menées. Un tournant a été pour moi une étude de Maxime Rodinson sur « Sociologie marxiste et idéologie marxiste ». J’ai beaucoup discuté avec l’auteur, un grand islamologue. Il m’a convaincu que l’objectivité n’était pas forcément « bourgeoise », au contraire il valait la peine d’y consacrer beaucoup d’efforts !  

Une autre grande question était la suivante : peut-on avoir une vie « normale » sans trahir ce que nous avons voulu être ? Etre adulte sans être conformiste ?   Je m’étais rapproché de Vive La Révolution, VLR, groupe anarcho-maoïste. Notre slogan préféré était : « Les pro-chinois en pro-Chine.» C’était une manière de contester la tournure dogmatique que prenait la contestation, avec notamment les maos de la Gauche Prolétarienne. Il fallait contester la contestation elle-même ! Cela donnait parfois le tournis !  

Pour moi la grande leçon de cette période, qui va de la guerre d’Algérie à Mai 68, est la suivante : les idées minoritaires ne sont pas forcément vraies, mais les idées majoritaires sont presque toujours fausses. Même vraies au départ, leur transformation en idées dominantes les change en stéréotypes qui traînent dans toutes les poubelles.

Et pourtant, la démocratie est « le plus mauvais système excepté tous les autres. »… et le bon sens, la sagesse populaire a parfois raison contre des constructions intellectuelles sophistiquées, mais idéologiques.

Je n’ai pas cessé d’explorer ce paradoxe depuis quarante ans, et de vivre dans la tension que cela suscite. A tort ou à raison, j’estime que je ne m’en porte pas plus mal.

10/05/2008

PAROLES DE FEMMES MUSULMANES

"L'ENQUÊTE EVENEMENT" (selon TF2, FR1, F12 ? et Paris-Boxe)

    Depuis l’automne 2006, j’effectue une enquête sur des débats, parfois vifs (comme l’indique les allusions que vous trouverez dans les textes ci après) qui se déroulent au Québec et qui sont révélateurs des tâtonnements des sociétés modernes désormais pluriculturelles.

Ce sera la matière de mon prochain ouvrage. A vrai dire, j’étais en pleine rédaction quand les frasques vaticanes de notre très chéri, mignon tout plein président m’ont temporairement détourné de ce but louable, pour lui écrire une lettre

(La laïcité expliquée à M. Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours, Albin Michel ; en vente dans toutes les bonnes librairies, et même certaines des moins bonnes)

 

Dans le cadre de cette enquête québécoise, j’ai réalisé des entretiens avec des femmes musulmanes, s’assumant comme telles, parfois à partir du regard d’autrui. Elles portent ou non un foulard. Elles sont en majorité migrantes, une est née au Québec, deux sont des Québécoises d’origine converties. Je vous en donne, en exclusivité interplanétaire (même en dehors du système solaire, c’est dire), certains extraits.

   Ces femmes ont entre 25 et 45 ans, elles sont diplômées (comme une bonne proportions de musulmanes québécoises) et la majorité ont une activité professionnelle : ingénieur, chef de projet, juriste, enseignante y compris à l’université,… d’autres sont étudiantes ou travaillent chez elles.

Pour celles qui portent le voile, leur décision a constitué une étape dans un cheminement spirituel. L’une m’a parlé de la réserve de leur père, qui craignait que cela nuise à sa carrière, l’autre de l’opposition de son mari, ayant peur de passer pour « intégriste » ou « peu moderne ».

Naturellement, il m’est impossible de vérifier ces dires, comme de l’ensemble des témoignages de mon futur livre (titre prévu : Liberté, laïcité, diversité. Le Québec, une chance pour la France) Je les livre comme précieux regards.

 

  

 Assma[1]se dit pratiquante occasionnelle «de culture  arabo-musulmane qui se transforme à la québécoise» : « c’est une mosaïque d’une grande richesse. » Elle fête Noël, le ramadan et, à l’occasion, le nouvel an chinois. « Au Maroc, je me définissais comme femme, en France comme marocaine et là, avec les débats, je me suis tout à coup retrouvée musulmane. C’est très curieux. »

Elle travaille dans le développement communautaire : « on a beau être en Amérique du Nord, la participation des femmes au niveau de la gouvernance politique, des conseils d’administration et d’autres postes de direction est loin d’être égalitaire. Et c’est encore pire pour les femmes migrantes : elles méconnaissent le système, ont de l’inexpérience pour trouver un emploi. Quand elles ne sont que francophones, elles réussissent moins bien que les unilingues anglophones, et a fortiori que les bilingues. Et c’est encore deux fois pire pour les femmes migrantes handicapées. »

Donc Assma aide ces femmes à acquérir une prise de parole publique, leur explique ce qu’il faut faire pour être candidate aux élections municipales. Certains élus ne veulent pas qu’il y ait des projets spécifiques pour les migrantes car, affirment-ils « tout le monde est citoyen. » Mais « la citoyenneté en l’air, cela ne veut rien dire. Quand les migrantes ne connaissent pas les rouages, comment peuvent-elles être de vraies citoyennes ? »

   Assma ne porte pas de foulard mais, alors qu’on me l’avait décrite comme « critique » elle défend celles qui le portent : « Ces femmes ont quitté leur pays parce qu’elles ne réalisaient pas leur plein potentiel et on les traite en femmes soumises. Ma mère porte le foulard et n’autorisera personne à lui dire comment elle doit être habillée. Elle a eu cinq filles et s’est débrouillée pour qu’elles aillent à l’université. Personne ne pourra venir me dire que ma mère est une femme soumise qui n’a pas une capacité de décision » Elle me déclare avec fierté que « la première femme qui a accédé à la présidence d’une grande banque est d’origine égyptienne. »

 

  

Fatima porte un foulard coloré et élégant. Je le lui fais remarquer et elle réplique en souriant qu’elle ne voit aucune contradiction entre la coquetterie et le port du voile. Elle se dit parfois « fatiguée de toujours avoir à se justifier et à affronter les regards, les blagues pas drôles » ou des phrases soit disant laudatives style « toi, Fatima, tu es bien intégrée, mais… » :

« Parfois, j’ai envie de partir dans un pays où on ne me demandera plus rien. » Je lui rappelle que, pour certaines femmes, son foulard est perçu comme une agression au principe d’égalité. Elle affirme le comprendre mais aimerait pouvoir dire que son parcours est différent et qu’elle n’est « pas qu’un foulard. Je ne fais pas de prosélytisme. Ma foi n’est pas égale à la totalité de mon identité : je m’intéresse à l’écologie, à la politique. »

« J’ai très peu de problèmes avec les jeunes qui ont toujours vécu dans la diversité. Ce sont les femmes qui ont entre 45 et 65 ans et monopolisent les positions clefs dans la société qui supportent mal le foulard. Elles veulent des gens aseptisées, asexuées. »

   Pour Fatima, une femme a le droit de porter ou de ne pas porter le foulard, « on peut être musulmane de plusieurs façons » Il existe, selon elle, « des femmes soumises partout, y compris dans la communauté musulmane » mais l’association dont elle est membre, Présence musulmane, travaille à une lecture du Coran « à partir d’une perspective féministe.» Il faut « en finir avec une lecture paternaliste, machiste. »

Les femmes doivent se « réapproprier le savoir, les sources. Ce sont des êtres humains qui ont recueilli les hadiths et ils l’ont fait dans un certain contexte. En étant fidèle aux principes, il faut les relire dans un contexte bien différent. »

   Je lui demande ce qu’elle pense de la première femme imam désavouée par sa communauté. Elle hésite un peu et déclare : « Elle est allée trop loin, elle s’est sacrifiée mais cela a permis de briser un tabou : le leadership est masculin, ce n’est pas normal. »

Pourquoi serait-elle allée « trop loin » alors ? Parce qu’il est « plus important que des femmes fassent des prêches que de guider la prière. Ce qu’il faut, c’est que des femmes donnent des cours dans des mosquées. » Elle ajoute : « ce sont certaines femmes qui sont les plus résistantes à cette évolution. Elles n’ont pas l’habitude de voir des savants qui ne sont pas des hommes avec de grandes barbes. Que des femmes interprètent le Coran ne leur paraît pas très fidèle au texte divin. C’est pourquoi nous parlons plutôt de lecture féminine que de lecture féministe, ce dernier terme fait encore peur. »

 

  

Mireille, Québécoise pure laine portant un foulard, déclare en riant que son hijab est « tricoté serré ». Cette expression québécoise signifie que « les gens se tiennent étroitement entre eux, sont patriotes. »

Elle était souverainiste mais depuis ces débats, elle n’a plus envie d’un Québec souverain « qui restreindrait [ses] droits. » Ce qui manque souvent, affirme-t-elle, « c’est le fait d’écouter avant de juger. Certains me jugent sur le simple fait que je porte un foulard. On présume que je me sens inférieure sans connaître mes raisons. On vient me dire ce qui se passe dans ma tête et comment les choses se passent dans ma religion, alors qu’on ne la connaît pas. Si on a de telles pensées alors il n’est pas étonnant que l’on soit choqué. Mais c’est parce qu’on n’aura rien voulu entendre. »

Elle a parfois envie de dire à son interlocuteur : « mais que voulez-vous que je vous réponde : vous prétendez savoir mieux que moi-même ce que je vis ! »

   Elle est devenue musulmane à 24 ans, en 1ère année de doctorat, dans le contexte d’une « aspiration spirituelle ».

Je lui demande si elle est passée de l’athéisme à l’islam ou si elle était auparavant catholique. Sa famille l’est mais elle se trouvait mal à l’aise avec « la multiplication des intermédiaires dans le catholicisme. Les clercs retiennent le savoir. J’ai un côté libre-penseuse, précise-t-elle, je veux me faire une idée par moi-même, avoir une recherche personnelle de savoir religieux. C’est ce que j’ai trouvé dans l’islam avec une véritable responsabilité personnelle. Bien sûr, on peut alors se tromper, commettre des erreurs. C’est le risque. »

Mais, poursuit-elle, « c’est aussi le prix à payer pour pouvoir avoir un lien personnel avec Dieu. Alors il existe une partie verticale, ce lien avec Dieu, et une partie horizontale où l’islam est aussi un mode de vie. La majorité des actes que l’on fait a une portée sociale : ne pas frauder, être honnête,… »

   Selon elle, dans un autre contexte, « le projet d’instaurer [au Québec] la supériorité de l’égalité des sexes par rapport au reste et notamment à la liberté de religion aurait pu bien passer auprès de la communauté musulmane.

Mais là, on sait très bien que cela vise les musulmans » et notamment, paradoxe, « les femmes musulmanes» (portant le foulard). Sa crainte : qu’on en arrive à restreindre leur accès à l’emploi. Elles vont se retrouver au chômage, alors qu’elles sont « grandement diplômées ». Elle aussi estime que son combat est « féministe »

 

  

Malika, plus musulmane de culture que de pratique, a participé à une table ronde et sa mère est venue, ce qui l’impressionnait : « va-t-elle être fière de ce que sa fille est devenue ? » Malika a mise sa mère au premier rang. Après le débat, elles ont eu une discussion difficile : « ma fille, voila que tu défends les filles à foulard, maintenant ! Je ne comprends pas, avec tout ce que je t’ai raconté sur les efforts que j’ai du faire pour m’affranchir de ces choses là, avec l’éducation que l’on t’a donnée, comment peux tu nous faire ça ? »

Elle a répondu : « Maman, tu m’as mise dans l’école de Voltaire. Eh bien j’applique le précepte de Voltaire : je ne suis certes pas d’accord avec celles qui portent le foulard, mais je défends leur droit de le porter librement. »

   Selon son analyse, le Québec s’est trouvé face à une mutation : « ce n’était plus les valeurs de la Révolution tranquille : la modernité, la liberté de conscience, etc qui étaient mises en avant. Tout à coup c’était l’héritage chrétien, le malaise identitaire. » Malika se sent totalement intégrée : elle possède « tous les attributs qui font d’elle une citoyenne québécoise. »

  

 Soraya, étudiante en « région », ne porte pas le foulard. Son père et très pratiquant « mais il n’est pas question qu’il m’oblige à le mettre ». « C’est une très bonne chose que la tentative d’arbitrage islamique en Ontario n’ait pas abouti. On serait allé vers une ghettoïsation alors que la loi canadienne permet l’intégration sans l’assimilation»

Ceci dit, elle précise : « les Ontariens et les Anglophones en général sont plus ouverts au monde. Avant les débats, je me sentais ici chez moi. J’ai pris dans la culture québécoise ce que j’y aime : comment les choses se trouvent définies, la rigueur dans la recherche, la bonne organisation, le système juridique et notamment la façon dont le droit défend la liberté, la démocratie. »

Maintenant, poursuit-elle, je me sens plus vraiment chez moi. Je me dis, si un jour je choisis de mettre un foulard, je ne pourrais pas le faire. On est moins éveillé et ouvert ici qu’à Montréal, les femmes voilées ont des difficultés à trouver du travail. Il y a beaucoup d’ignorance. Les gens ne font pas l’effort d’aller en profondeur. J’adore ce pays, mais cette folie collective me fait poser la question : dois-je rester ? Certaines familles musulmanes sont parties en Ontario. Peut-être le ferai-je moi aussi»

   Ce qu’elle trouve de bien dans l’islam, c’est ce qu’un professeur a appelé « l’anarchie des fatwas » : On fait comme si « les fatwas étaient une sentence d’inquisition, mais c’est un avis. Et il y a des fatwas divergentes, cela permet de réfléchir et de faire son idée personnelle. L’islam est très fragmenté, il n’y a pas de porte parole ni de système clos, c’est un bouillonnement intellectuel et les gens ne s’en rendent pas compte. »

 

  

Jeune femme portant foulard et qui vient juste d’obtenir un doctorat, Rahia raconte qu’elle est arrivée du Liban il y a dix ans. Elle avait étudié à l’Université américaine de Beyrouth, ce qui fait qu’elle est francophone (elle a appris le français au lycée) et anglophone.

Rahia trouve le Québec très bizarre : « On affirme vouloir défendre bec et ongle la langue française, mais dans les entreprises dirigées par des Québécois francophones l’anglais est un critère de sélection prioritaire. On donne cela comme consigne aux RH. Quand s’ajoute à cela le fait qu’après le 11 septembre le fait d’être musulmane a constitué aussi un handicap pour trouver du travail, certaines femmes musulmanes sont retournées (du coup) à l’université et se retrouvent maintenant surdiplômées. Elles sont soit au chômage, soit sous payées. »

   Cependant, elle trouve les Québécois sympathiques sur plusieurs plans : « Le Québec a été la première province du Canada à approuver les accord de Kyoto, et à se prononcer contre l’invasion d’Irak (par 30degrés, il y avait 150000 personnes dans les rues précise-t-elle), contre les troupes en Afghanistan : jusqu’à l’an dernier on refusait d’envoyer des soldats. »

 Pour elle, c’est en bonne partie pour cela qu’on « a monté la population contre les musulmans, on a parlé des femmes en burka, des femmes esclaves, des femmes maltraitées : il nous faut les libérer en allant en Afghanistan ! » Harper est allé à Saint Rivière du Loup, fief du chef de l’ADQ Mario Dumont qu’elle appelle « le loup de la Rivière du loup » !

 

  

Michèle, Québécoise pure laine, toujours pour un Québec souverain, convertie à l’islam, me serrera la main au début de l’entretien, pas à la fin après m’avoir expliqué pourquoi « il est recommandé de ne pas le faire, mais c’est une responsabilité personnelle : je mets la main sur le cœur en signe de convivialité. Un hindou joindra les mains. D’une façon générale les Asiatiques auront tendance à se saluer sans contact physique. »

« En islam, selon elle, il est recommandé de ne pas avoir de contacts physiques entre sexes. Cela prend de la valeur dans un monde où tout est tellement permissif. Quand nous étions jeunes, on ne voyait pas les gens s’embrasser sur l’écran et maintenant, les films montrent des gens tout nus. Nos filles maintenant ont un double message assez contradictoire : elles veulent être respectées mais elles s’habillent comme des potiches, elles sont hypersexualisées. C’est un problème de société. »

   Michèle raconte qu’il y a eu une époque de sa vie où elle a été paradoxalement très heureuse : elle était hospitalisée dans le service d’hématologie ; les gens se montraient très gentils avec elle. Jamais ils n’avaient été ainsi depuis les huit ans qu’elle était devenue musulmane. Ils pensaient que si elle portait quelque chose sur la tête, c’est parce qu’elle avait un cancer et perdu ses cheveux. Son foulard peut effectivement passer pour une coiffe.

   Michèle mène une action bénévole auprès de migrantes. Elle a reçu une femme guinéenne. « Le mari voulait qu’elle lui obéisse en tout. Qu’elle interrompe même ses prières pour le servir. Il prétendait que le Coran disait qu’une femme devait obéir à son mari quelque soit l’ordre que celui-ci lui donne. Et cette femme me disait : je ne peux pas lui répondre, je ne peux pas lire le Coran, je ne sais pas l’arabe. Je lui ai donné un Coran en français et je lui ai dit : lis-le au moins en français. Tu verras qu’il n’y a pas du tout ce que te raconte ton mari. »

 

  

Anis a un mari musulman né d’une union entre une Québécoise d’origine, et un migrant d’Amérique latine. Elle est venue pour ses études, ne comptait pas rester et s’est mariée. Elle affirme n’avoir aucun problème avec les Anglophones, qui sont « soit indifférents soit curieux », mais ses collègues francophones sont « plus obsédés par la question religieuse ».

 Elle ne « porte pas le voile » mais « prie plusieurs fois par jour et cela leur parait excessif. » Une fois qu’ils vous connaissent et vous considèrent « comme musulmane et moderne, vous devenez l’exception, ce qui leur permet de ne pas bousculer leur préjugés.» Cette différence entre anglophones et francophone tient, en fait, à leur origine religieuse : « les personnes de culture catholique ne comprennent pas. L’alcool, j’en ai bu, je n’en bois plus. Ils me disent : tu crois que tu fais cela par choix, en fait on te l’impose. C’est l’histoire du catholicisme, différente de celle des autres religions. »

   Anis, ne porte pas de foulard, elle s’affirme « socialiste, humanitaire, qui rame à contre-courant ». Elle est fière d’être « citoyenne depuis six ans » et « appréhende les problèmes comme citoyenne. »

Elle ajoute : « en Arabie saoudite, où j’ai été pour le pèlerinage, les musulmans ne sont pas de véritable citoyens. J’aurais vraiment du mal à y habiter. » Elle pense que si elle était restée au Maroc, elle ne serait pas pratiquante, mais vivant au Québec, elle a été amenée à se poser certaines questions, notamment à cause de ce que les gens lui ont « lancé à la figure ». Sinon sa mère, et son père aussi d’ailleurs, étaient « féministes » et les enfants, garçons et filles ont été élevés de façon égalitaire.

   Elle est la première à me parler du pèlerinage, je la relance donc sur ce thème : « c’était fabuleux, une expérience spirituelle intense, un resourcement. Habituellement, on vit de façon matérialiste, sans temps d’autoréflexion, de mise en examen de sa vie. »

Mais en Arabie saoudite et au Yémen, elle a trouvé très dur de voir des femmes en nicab, et « des femmes intelligentes. » Elle leur a dit : ce n’est pas une obligation religieuse, elles ont répondu : « on le sait, mais c’est notre choix. » Je lui fais remarquer que leur réponse rejoint la réponse qu’elle accepte de ses amies qui portent le foulard. Elle accepte mon propos mais trouve quand même qu’ « exagérer la pratique, c’est contraire à la pratique. D’ailleurs, il y a plein de permissions en islam. Ce sont de petits cadeaux de Dieu et refuser un cadeau, c’est quand même bizarre."[2]

   Les féministes québécoises ne sont pas toutes d’accord, continue Anis. « Le rapport du Conseil du statut de la femme [qui prône l’interdiction du foulard pour les femmes de la fonction publique] a été très critiqué par des féministes. »

Elle ajoute : « Les femmes féministes font partie de la société ; elles ont soit  les mêmes préjugés, soit les mêmes ouvertures. Certaines adoptent une attitude très bizarre à notre égard : avant même que l’on commence à parler elles nous demandent «prouvez-nous que vous êtes de vraies féministes » : Que nous portions ou pas le voile, on nous dit : « vous êtes opprimées malgré vous. On va vous aider à vous prendre en charge, à vous responsabiliser», comme si le féminisme n’existait qu’au Québec et que des mouvements féministes dans les pays musulmans n’existaient pas. »

 

 

   Je donnerai le dernier mot à Dounia, de culture musulmane non Arabe qui a un statut de résident permanent au Canada, ce qui lui donne tous les droits de citoyenne sauf le vote. Elle pense demander la citoyenneté pour pouvoir voter aux prochaines élections. Elle met en cause ce qu’elle appelle « l’ethnonationalisme » de certains Québécois francophones. » et leur « hystérie collective, pour parler comme les médias.»

   Dounia se veut féministe mais refuse que « le féminisme soit utilisé pour cautionner une citoyenneté de seconde zone. » Elle est très intéressée par le « féminisme autre [qu’occidental] féminisme afro-américain, ou indien. »

Elle apprécie aussi la publication française Les Nouvelles questions féministes de Christine Delphy « qui n’a pas pu avoir accès à la Commission Stasi » précise-t-elle. Elle dit que le nombre de jeunes femmes en nicab augmente en Grande Bretagne, ce qui la préoccupe. Elle relie cela au « post-modernisme, où tout est vu comme une stratégie de résistance : le voile est anticolonialiste et anti impérialiste. Il y a réappropiation d’un signe dans un contexte de stigmatisation. »

   Ces femmes tentent donc d’inventer, chacune à leur manière, un autre féminisme que le féminisme établi, issu (au Québec) de la Révolution tranquille. De même, en France et dans d’autres pays[3], y compris des pays de culture musulmane, un processus analogue est à l’œuvre. Nul ne peut dire quels seront ses effets historiques. Mais sa réussite ou son échec constitue un enjeu majeur de notre devenir.



[1] Naturellement, les prénoms ont été changés pour respecter l’anonymat des personnes interviewées.

[3]Cf. not., Islam et laïcité, 2007.

06/05/2008

AUX NOUVEAUX SURFEURS DU BLOG

Vu la montée des visites du Blog depuis dimanche, il semble que des lecteurs du livre La laïcité expliquée à M. Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours (Albin Michel) rejoignent les internautes qui fréquentent habituellement ce Blog.

Ils sont peut être alors un peu déçus de trouver... une Note présentant le livre (avec humour): cela peut sembler tourner un peu en rond. Qu'ils se rassurent, avant la fin de cette semaine, promis, juré (et même plus), ils trouveront une nouvelle Note sur un autre sujet(sans doute: Paroles de femmes musulmanes).

En attendant, qu'ils se promènent un peu dans le Blog,via les Catégories et les Archives, et ils dénicheront sûrement (j'espère!), dans les 259 Notes du Blog depuis sa création, des Notes qui  les intéresseront.

Qu'on se le dise

 

02/05/2008

LA CRITIQUE BEAUCOUP PLUS QU'UNANIME!

La critique unanime (et même BEAUCOUP plus) pour

saluer, louanger, célébrer, exalter,

glorifier, magnifier, encenser, porter au pinacle,

canoniser, déifier, diviniser, idolâtrer….

 

 

LA LAÏCITE EXPLIQUEE A M. SARKOZY ET A CEUX QUI ECRIVENT SES DISCOURS

(Albin Michel).

« Nous journalistes, parlons de « livres événements », or là nous nous trouvons devant l’événement fait livre » Hercule Poirot d’Arvor

« Ce livre est vraiment méchant pour mon petit Nicolas. Je l’ai lu d’une traite et j’ai adoré » Carla B.

« La laïcité avait sa loi (de 1905). Maintenant elle a son livre » Aristide Briand

« Des propos très pertinents dans une forme délicieusement impertinente » Jean Pôl Sartre

« Puisque mon dernier CD tombe complètement à plat, je vais illico mettre ce livre en chanson » Madonna

« Oh là là, Henri Guaino passe un mauvais quart d’heure. C’est génial ! » Emmanuelle M.

« Elle en prend vraiment pour son grade, Emmanuelle Mignon, bravo, bravissimo.. .» Henri G.

« Qu’est-ce qu’il lui met à Philippe Verdin, C’est absolument géant ! » Emmanuelle M. et Henri G. en chœur.

« Depuis Mai 68, la bourgeoisie n’avait jamais reçu une claque aussi retentissante » Daniel C-B.

« Tous les socialistes se précipitent pour lire cet ouvrage. Il n’y a pourtant pas de quoi en faire tout un fromage » F. de Hollande

« L’auteur m’aurait voulu comme présidente et comme chanoinesse. C’est vrai que cela aurait eu du chien » Ségolène Impérial

« C’est quoi le bonheur ? C'est ce livre ! » Raphaël

« Un double pied de nez : aux philosophes républicains significativement muets et à Sarko Ier soi-même. Ca c’est du Rapp !» Doc(teur en métaphysique) Gynéco

« Enfin quelqu’un qui ne confond pas existentiel et existential, laïcité et pipi de chat.» Heidegger

« Un magistral cours de philosophie de la laïcité pour les Nuls. A lire donc par toute la classe politique, et… par quelques autres. » Jules Ferry

Oui, la la la la-ïcité yé yé

Ah qu’elle est bien expliquéééée

Au charmant Nicolas ah ah ah

 

Que j’espère qu’il comprendraaa

 Johnny Halliday

Euréka : j’ai trouvé Le livre (« The book » en grec classique) Archimède

« Ce livre est tellement génial, que Bernard Laporte va remplir trois Stade de France avec ses lecteurs » Nicolas S. (qui avait dit à Benoît XVI en lui présentant Jean-Marie Bigard : « C’est un type bien, il remplit le Stade de France. »)

« Je vais vous l’offrir relié quand je viendrai en France » Benoît CMXVI Encyclique à N. S.

Et le titre auquel vous avez échappé :

La laïcité expliquée à Nicolas Sarkozy… par ma fille.

TABLE DES MATIERES :

M. le Président, M. le Chanoine, Mme Mss les Conseillers……9

I De la fonction de chanoine du Latran…..25

II De la Cour du roi Pétaud au Vatican….35

III De la morale laïque : Sarkozy contre Jules Ferry….53

IV De la morale laïque (suite) : Rawls plutôt que Bigard     71

V De la nécessité d’en reste à l’inachevé……91

VI De la religion civile……115

VII Des racines mythiques contre l’histoire scientifique….137

VIII : De la loi de 1905 ou l’histoire laïcisante contre la mémoire sacralisante….151

IX Des jugements négatifs sur la laïcité…..173

X De la laïcité positive……191

Conclusion….217

Lettre aux croyants sincèrement partisans de la laïcité mais tentés par les sirènes sarkozystes……223

Lettre aux partisans de la laïcité sans épithète……235

Notes…..247.

UN MERVEILLEUX CADEAU POUR NOËL

2008

2009

2010

2011

Et, espérons le, l’ouvrage sera bradé pour Noël 2012.

PS : je ne voudrais pas avoir l’air d’accabler notre Président bien aimé, mais quand même confondre naturalisation et régularisation, confondre devenir Français et obtenir une carte de séjour, et cela plusieurs fois de suite, dans son intervention télévisée, à propos des Sans papiers! Et aucun journaliste n’a rectifié. Plus complaisant, tu meurs….

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