23/11/2006

LES NEO-REPUBLICAINS FRANCAIS SONT-ILS LES HERITIERS DES LUMIERES?

Dans son dernier ouvrage : Aveuglantes Lumières (Gallimard) Régis Debray  constate un « litanique et revendicateur « Voltaire reviens ! » aussi bien ressassé dans les pages du livre d’or de l’exposition récente : « Lumières ! Un héritage pour demain » que dans de nombreux articles de journaux. Ces derniers temps, cette référence à Voltaire s’est multipliée, effaçant celle à Condorcet, qui a été longtemps consensuelle dans les milieux laïques. D’une manière générale on oppose « l’esprit des Lumières » à…. La situation actuelle qui serait marquée par un obscur obscurantisme…

Cela montre bien qu’on ne peut pas s’empêcher de se référer au passé, à une période fondatrice, alors même que l’on reproche aux religions de  le faire. Il faut savoir alors si c’est avec raison, cela d’autant plus qu’il me semble me souvenir que savoir et raison faisaient partie des idéaux des Lumières.

Nous allons donc examiner cela d’un peu plus prés.

La première chose qui me frappe est que, de Condorcet à Voltaire, la référence est faite aux Lumières françaises. La laïcité serait « gauloise », franco-française, contrairement à la « tolérance » qui serait anglo-saxonne.

Amusons nous un peu : Albert Bayet, qui fut, pendant une partie de la IIIe république et pendant la IVe République, un leader laïque respecté, voyait justement l’origine de la laïcité chez nos « ancêtres les Gaulois ». Je vous raconterai cela une autre fois.

 

Aujourd’hui, je voudrais vous indiquer que s’il existe une (certaine) filiation de la laïcité française, en tout cas de la séparation et de la fameuse loi, unanimement célébrée l’an dernier lors de son centenaire (mais au prix, nous l’avons vu, de nombreux impensés !), cette filiation NE CONCERNE GUERE LES LUMIERES FRANCAISES … mais beaucoup plus un penseur de la ‘perfide Albion’. Mais oui, M’sieurs dames, un Anglais ! Horrible, n’est-ce pas !

En effet, ce que Jean Boussinescq appelle avec justesse, « la philosophie de la loi de 1905 »[1] s’enracine dans les théories séparatistes de John Locke, telle qu’il les a exposées dans sa célèbre Lettre sur la tolérance, publié en 1689,  au moment de l’émergence des Lumières[2]. Il faut préciser que cette notion de « tolérance » est à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, beaucoup plus globale qu’aujourd’hui et elle peut donner lieux à des réflexions sur les thèmes qui sont maintenant ceux de la laïcité.

Aller, vous prendrez bien un peu de philosophie politique en sirotant votre whisky ou votre jus d’orange (je ne parle pas de coca, je vais déjà assez être accusé de complicité avec ces monstrueux démocrates anglo-saxons, inutile pour moi d'en rajouter)

 

 Locke affirme la « nécessité absolue » de distinguer « ce qui regarde le gouvernement civil de ce qui appartient à la religion et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de l’un et ceux de l’autre ».

L’Etat, écrit-il, « est une société d’homme instituée dans la seule vue de l’établissement, de la conservation et de l’avancement de leurs intérêts civils » Ces intérêts civils sont « la vie, la liberté, la santé du corps, la possession des biens extérieurs. ». Le magistrat (= celui qui dispose d’un pouvoir sur les autres) dispose, à cette fin, de la « force extérieure », mais il ne peut l’étendre au-delà : le domaine de la religion est celui de la « persuasion intérieure » ; « le soin des âmes » échappe donc au pouvoir du magistrat. Le pouvoir de ce dernier est déjà limité dans les domaines qui sont pourtant de son ressort (si « les lois s’efforcent de protéger les biens et la santé des sujets (…) nul ne peut être forcé, contre sa volonté à se bien porter ou à s’enrichir »), à fortiori n’en a-t-il aucun pour le domaine du « ciel » qui n’est pas de sa compétence. Voila comment Locke envisage l’Etat, et à l’époque, cela n’a rien d’évident, au contraire.

Or, la loi de 1905, et cela va lui être vivement reprochée,  enlève à l’Etat, de nombreux moyens d’actions à l’égard des Eglises. Pour dire les choses de façon synthétique, on passe d’une surveillance a priori a un contrôle a posteriori, en cas d’infraction à la loi, loi, par ailleurs devenue nettement plus libérale (il s’agit de libéralisme politique, et le terme était positif, jusqu’à ce qu’on n’ose plus parler de « capitalisme » et de critique du capitalisme… et faute de pouvoir et savoir critiquer réellement le capitalisme, on va tomber à bras raccourci sur le « libéralisme anglo-saxon »).

Pour prendre deux exemples, dans le système des « cultes reconnus » antérieur à 1905, un évêque n’avait pas le droit de quitter son département sans l’aval du préfet et les assemblées épiscopales ne pouvaient avoir lieu sans l’autorisation du gouvernement. Or, au cours du XIXe siècle, aucun gouvernement, même les plus cléricaux, n’avait permis la tenue de telles assemblées. L’article un de la loi de séparation où la République s’engage non seulement à assurer la liberté de conscience mais aussi à garantir le libre exercice des cultes, se situe tout à fait dans la ligne définie par Locke.

 

On trouve également chez Locke, une définition de l’Eglise comme organisation religieuse. Chez lui, « absolument distincte et séparée de l’Etat et des affaires civiles, l’Eglise est « une société d’hommes qui se joignent volontairement ensemble  pour servir Dieu en public, lui rendre le culte qu’ils jugent lui être agréable, et propre à leur faire obtenir le salut. » C’est « une société libre et volontaire ». Cette représentation de l’Eglise est marquée par l’effervescence ecclésiale pluraliste qui a marqué la première Révolution anglaise (car, on ne veut pas le savoir en France, mais ce sont les Anglais qui ont les 1èrs jugé, condamné à mort et exécuté un roi, en 1649, et fait la révolution avec toute ses effervescences).

 L’Eglise n’est plus considérée comme une institution dont on naît membre, « autrement, indique Locke, la religion des pères et des mères passerait aux enfants par le même droit que ceux-ci héritent de leurs biens temporels et chacun tiendrait  sa foi par le même titre qu’il jouit de ses terres » on ‘entre’ et on ‘sort’ donc librement d’une Eglise : « chacun se joint volontairement à la société dont il croit que le culte est le plus agréable à Dieu. Comme l’espérance du salut a été la seule cause qui l’a fait entrer dans cette communion, c’est aussi par ce seul motif qu’il continue d’y demeurer. Car s’il vient dans la suite à y découvrir quelque erreur dans sa doctrine, ou quelque chose d’irrégulier dans le culte, pourquoi ne serait-il pas aussi libre d’en sortir qu’il y a été d’y entrer ? »

Explicitation de l’objectif : obtenir le salut ; et chacun est juge personnellement du moyen le plus approprié pour arriver à cette fin. On n’est plus du tout dans une société organique, dans le système de la société de chrétienté (l’individualisation du religieuse : phénomène dit de l’ultramodernité pour beaucoup de sociologues est en fait pensé par Locke, à partir de cette 1ère révolution anglaise). On n’est pas plus dans une perspective de l’utilité sociale de la religion qui va être dominante dans les Lumières françaises, que dans la perspective de la religion auxiliaire et légitimatrice du politique ou dominant celui-ci.

 

Là encore, la loi de séparation française de 1905 correspond  à une telle vision. L’article deux en mettant fin au système des « cultes reconnus » qui distinguaient certains cultes (et notamment l’Eglise catholique, privilégiée par le Concordat) d’autres cultes et leur accordait une reconnaissance publique, rompt avec une vision institutionnelle et statique de la religion où, tendanciellement, on a une appartenance religieuse fixe de sa naissance à sa mort et où l’institution religieuse (au XIXe siècle) est protégée par l’Etat à cause, non plus de sa vérité dogmatique (comme cela était le cas, sous l’Ancien Régime) quand la souveraineté était sacralisée par la religion, mais de son utilité sociale.

Désormais, les Eglises sont considérées comme des réalités associatives, où l’engagement et le désengagement sont « libres et volontaires ». La proximité de la loi de 1905 avec celle de 1901 est très significative à cet égard.

 

La loi de séparation de 1905 est d’inspiration lockéenne sur plusieurs autres points. Si vous êtes pas fatigué (reprenez un peu de whisky ou de jus d’orange pour tenir le coup), acceptez que je mentionne deux d’entre eux :

Locke conserve aux Eglises le pouvoir d’excommunier leurs membres, c'est-à-dire d’exclure  celui qui, « malgré les avertissements, s’obstine à pécher contre les lois établies dans cette société ». Autrement dit : une Eglise, pour le philosophe, n’est pas une simple juxtaposition d’individus, elle a sa consistance propre en tant qu’ensemble collectif à condition, précise-t-il, qu’il ne soit fait « à l’excommunié aucun tort civil. » ce qui sauvegarde la logique séparatiste. Chaque être humain, quels que soient la religion ou les rites qu’il pratique doit avoir comme « des droits sacrés (…) tous ses droits d’homme et de citoyen ».  Cette logique est tout à fait celle du fameux article 4 (on en a beaucoup causé l’an dernier et si vous voulez une piqûre de rappel, lisez cet ouvrage que, nul ne sait pourquoi je vous recommande régulièrement : vous savez il s’appelle L’intégrisme républicain contre la laïcité).

Bref l’article 4 de la loi de 1905 demande la conformité avec « les règles générales d’organisation du culte » et il a provoqué les débats entre Buisson et Clemenceau  pour qui l’instauration d’une instance collective libre devait être compris comme le prolongement de la liberté individuelle, et Briand et Jaurès, qui conçoivent cette instance collective comme une dimension de la liberté individuelle.

 

Locke applique à la religion une règle simple : elle consiste à la mettre dans le droit commun aussi bien pour ce qui est permis que pour ce qui est interdit. Cela signifie une large liberté, une certaine égalité des religions (égalité dans la liberté, une non discrimination). Locke ne parle du fait qu’une religion puisse avoir des avantages positifs que d’autres n’auraient pas et ce silence peut être interprété de 2 manières = ce qui va être la manière anglaise et ce qui va être la manière américaine. Mais on peut retenir que la tolérance chez Locke inclut cette égalité dans la liberté (à la différence de Voltaire)

Egalité dans la liberté :

- Pour ce qui est permis : « est-il permis d’adorer Dieu à la façon de Rome ? précise Locke, Que cela soit permis aussi bien qu’à la façon de Genève. Est-il permis de parler latin en public ? Que cela soit aussi permis dans les temples (…) Et que tout ce que l’on est libre de faire dans la vie commune conformément à la loi, que chacun, à quelque église qu’il appartienne, demeure libre de le faire dans le culte divin ».

Locke met au bénéfice de la liberté des opinions (qu’il dit juger, ainsi que l’opinion anglaise largement dominante) « fausses ou absurdes » comme celle du « papiste {qui} croit que ce qu’un autre appelle du pain est le corps du Christ » n’ont pas à être réprimées car « les lois ne veillent pas à la vérité des opinions, mais à la sécurité et à l’intégrité des biens de chacun et de l’Etat.» Par ailleurs « l’idolâtrie » est peut-être un « péché » (tout le monde ou presque le pensait à l’époque) mais la loi ne punit pas l’avarice, l’absence de charité ou la paresse qui sont pourtant « tenues pour des péchés d’un consentement universel. » Si une « discrimination » était faite contre « ceux qui ont des cheveux noirs ou des yeux gris » ne deviendraient-ils pas des séditieux ? Loin de croire que l’on se défend légitimement contre une menace par la répression, il faut supprimer l’hostilité aux assemblées religieuses pour leur enlever tout danger.

- Pour ce qui est interdit : « Si quelque agitation se produit dans une assemblée religieuse contre la paix publique, elle doit être réprimée, non pas autrement, mais de la même façon que si cela s’était produit dans une foire. Si au cours d’un prêche, il est dit ou fait quelque chose de séditieux, cela doit être puni comme si cela était arrivé sur la place publique. »

Cette règle s’applique aussi aux actes du culte : immoler un enfant ou s’adonner à des prostitutions rituelles sont des actes interdits dans la vie civile et donc n’ont pas à être tolérées dans une assemblée religieuse ; par contre il doit être permis d’immoler un veau puisqu’on aurait tout aussi bien pu le consommer dans un festin.

La loi de 1905, suit cette règle, pas toujours de façon absolue car la propriété publique des édifices cultuelles empêche de réaliser une séparation aussi totale que celle prônée par Locke, mais, pour l’essentiel, la religion est bien mise dans le droit commun, alors que cela n’était pas le cas dans la situation antérieure.

 

En revanche, la loi de 1905 est plus libérale que Locke quand au danger politique entraîné  par l’allégeance au pape du catholicisme. Contrairement à une opinion courante, Locke est favorable à la liberté du culte et du dogme catholique, mais, à partir de son refus des empiétements politiques d’une religion contre le pouvoir civil, il ne pense pas possible que le magistrat accepte que des citoyens soient « ipso facto au service et dans l’obédience d’un autre prince ». Il s’agit naturellement du pape, chef temporel  (inséré dans des jeux d’alliances au niveau international) et spirituel à la fois et qui avait, à partir de cette confusion des pouvoirs, excommunié et déposé la royauté anglaise en 1570.

Contrairement à certains projets antérieurs, la loi de 1905 n’impose pas de limitations aux rapports du catholicisme français avec le Saint Siège. Il est vrai qu’entre temps (plus de 2 siècles), le pape a perdu ses Etats et que Léon XIII avait admis la légitimité du régime républicain. La différence semble très explicable.

 

Cette différence entre la loi de 1905 et Locke est beaucoup plus structurelle (je cause bien quand je veux) en ce qui concerne les athées. Locke, au contraire de Bayle (dont nous avons déjà parlé), écrit : « la parole, le contrat, le serment d’un athée ne peuvent former quelque chose de stable et de sacré, et cependant ils forment les liens de toute société humaine ; au point que la croyance en Dieu elle-même supprimée, tout se dissout ».

Il faut remarquer que là avec la fin de la citation donnée sur l’athéisme, le raisonnement de Locke bascule. On n’est plus en effet, comme cela était indiqué pour le catholicisme romain dans une allégeance à un chef d’Etat étranger, on n’est plus  non plus dans une dialectique où on a le droit de choisir n’importe quelle voie (y compris à travers des « opinions fausses ou absurdes »). La logique de ce droit devrait poser la question du droit de ne pas vouloir son salut, et conduire à répondre qu’en effet, c’est un droit.

Mais Locke, de façon illogique, retrouve le lien qu’il avait pourtant distendu du politique, du social et du religieux : le lien social chez lui n’est certes plus assuré par aucune institution religieuse, il reste assuré cependant par une croyance consensuelle en Dieu, déconnectée de l’institution religieuse, puisqu’à partir du moment où l’on croit, on peut croire dans n’importe quelle Eglise (et elles sont multiples !).

Peut-être que Locke a fait là une concession à la mentalité ultra dominante du temps, car une pensée, pour être crédible doit toujours avoir un point d’accroche avec cette mentalité dominante. Il n’empêche, on constate là une congruence entre la pensée de Locke, l’univers mental des auteurs des Déclarations des droits américaines et une situation socio-culturelle qui persiste jusqu’à aujourd’hui aux Etats-Unis où la pensée dominante a toujours de la peine à considérer l’athéisme comme légitime (et bien sûr, cela est nettement plus craignos qu’en 1689 !).

 

La loi de séparation de 1905, en affirmant que la République assure la liberté de conscience établit (quoi qu’implicitement) la liberté égale de croire et de ne pas croire. Non seulement plus de deux siècles après la rédaction de l’écrit de Locke, mais la Révolution française et la radicalisation du conflit des deux France dans la seconde moitié du XIXe siècle a donné à l’athéisme une légitimité culturelle que celui-ci possède moins dans d’autres pays.

Ouf, quand même, je savais bien que les Français ne pouvaient être que les meilleurs (c’est un don du ciel, en toute laïcité !), mais cela fait du bien de le constater à nouveau. Allez, pour fêter cela, un peu de whisky ou de jus d’orange supplémentaire, plus quelques amuses gueule.

Mais, avouez (si vous avez la chance infinie d’être Français) que vous avez transpiré : où nous mène-t-il ce Baubérot de malheur. Il va quand même pas nous faire croire que l’universelle France a été à la remorque de la particulariste Angleterre !

J’ai une circonstance atténuante : La Lettre de Locke a été écrire en fait en 1686, quand Locke était exilé en Hollande. Elle a été publiée en 1689, au moment de la seconde révolution anglaise. Ah, merdrrre, cela signifie que les Anglais on fait deux révolutions, avant que la seule légitime ne commence en 1789. Damned !

 

Bon, OK pour Locke et 1905 : mais Voltaire… (À suivre).



[1] J. Boussinescq, La laïcité, mémento juridique, Le Seuil, 1994.

[2] Vous la trouverez, en version française, éditée soit chez Flammarion, soit aux PUF (avec l’original en latin, pour celles et ceux que cela tente !)

Commentaires

Damned ! oui

Alors là je dois dire que cette note me fait encore plus plaisir que d'habitude car lors d'un travail sur la Glorieuse Révolution, et plus précisément sur John Locke, j'avais osé faire remarquer que sa pensée me semblait directement inspiratrice de la laïcité française de 1905. Eh bien il m'avait été répondu que "non". Bon... Je n'avais pas le souvenir d'avoir lu cette filiation philosophique quelque part, je n'ai donc pas insisté. Mais après lecture de cette note, je dis "ouf" !

Écrit par : Achtung_seb | 23/11/2006

Pendant que j'y suis... Je viens de lire La Révolution des Saints de Michael Walzer. Il montre comment le travail des Saints puritains et leur radicalisme politique a pu être une "préparation historique" au libéralisme de John Locke par exemple. Il fait un parallèle partiel avec le radicalisme jacobin et bolchévique. Aussi j'aurais une question : peut-on considérer le radicalisme jacobin comme une "préparation historique" à la laïcité républicaine ? (ce que Walzer ne traite évidemment pas)

Écrit par : Achtung_seb | 23/11/2006

C'est la faute à Rousseau si je suis tombé dans l'eau,
C'est la faute à Voltaire si je suis tombé par terre.

Écrit par : Loque | 24/11/2006

en revenant de l'expo!
j'ai joué à la "touriste" dans le beau paris...et ses "beaux quartiers"...De retour dans la blogosphère je ne peux m'empêcher de proposer des petites balades dans des expos merveilleuses parce que un peu "dérangeantes"!

celle de l'institut du monde arabe: venise et l'orient.
tant pis si quelques visiteurs , l'air très pincé, parlaient un peu fort sur le théme: quand même on ne va pas nous dire que les turcs, les syriens, les iraniens et les irakiens...ont appris à nos grands peintres, imprimeurs , architectes...de notre renaissance européenne....

celle "d'un regard l'autre" du musée quai de branly...
en écho à bien des débats de blogs...dont celui-ci...
mais c'est vrai que ça bouscule de devoir changer de point de vue, d'angles, d'éclairages, et que c'est plus rassurant de se prendre pour l'homme universel, plein de lumières et doté de toutes les sagesses laîques, républicaines, capable d'instruire et de civiliser tout le monde!

celle sur "portraits et pouvoirs" ( Le Titien)

Ce qui est drôle ce sont les multitudes de commentaires, de gloses en x revues accompagnant ces expositions...
Dans l'air du temps il semble que le principal souci de bien des auteurs de ces articles soit non pas de donner quelques modestes et solides repères pour des visiteurs un peu curieux se posant plein de questions après avoir "regardé", éblouis, émus et déroutés ( de leurs petits univers balisés) mais de continuer sur les terrains des arts , de la culture ...leurs petites croisades des plus "parisianistes", "chauvines","occidentales" ( judéo-chrétiennes, gréco-latines, républicaines) contre tous les "barbares", "indigènes", "sauvages"...et de développer leurs "ego" narcissiques en parlant de tout y compris de ce que ne semblent pas connaître autrement que par rumeurs médiatiques et x réseaux, clans et castes intellocrates!
un "détail": l'europe des lumières ne fut pas que française, anglaise...J'ignore si restent disponibles un numéro exceptionnel de la Documentation française, pédagogique, "l'europe des lumières" et l'admirable travail de Michèle Duchet: "l'anthropologie des lumières ", publiée par Maspéro/la Découverte.
j'ajoute que dans ces expos, même si la france est très en retard sur d'autres pays européens ( qui sont très performants, dit-on, en résultats scolaires solides) c'est plutôt réjouissant d'observer des groupes très attentifs de petits enfants et adolescents de toutes les couleurs et milieux "travaillant" (oui) avec des "guides" solides et leurs maîtres(ses) devant des vitrines, tableaux, prenant des notes sur des petits carnets!!!
j'ai glané quelques citations drôles et les recopierai sur le blog ...quand j'aurai rangé mon bazar de retour d'expos!

Écrit par : anne-marie lepagnol | 28/11/2006

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