11/09/2011
Un troussage de domestique: le livre. Le HCI et la chasse aux femmes à foulard: le dégout et le mépris.
Christine Delphy (coord.)
Clémentine Autain, Jenny Brown, Mona Chollet, Sophie Courval, Rokhaya Diallo, Béatrice Gamba, Michelle Guerci, Gisèle Halimi, Christelle Hamel, Natacha Henry, Sabine Lambert, Titiou Lecoq, Claire Levenson, Mademoiselle, Marie Papin, Emmanuelle Piet, Audrey Pulvar, Joan W. Scott, Sylvie Tissot, les TumulTueuses, Najate Zouggari
L'objet de ce livre n’est nullement de discuter des faits de ce qu’on a appelé l’«affaire Strauss-Kahn». Il est de rendre compte de l’effarement des féministes françaises devant les déclarations des hommes – et femmes – politiques à la nouvelle de son arrestation.
Effarement et indignation: Dominique Strauss-Kahn était présenté comme une victime et, surtout, on ne voyait que lui, comme s' il ne s’agissait pas d’une agression, vraie ou fausse peu importe ici, mais en tous les cas qui impliquait au moins deux personnes.
Ce livre consiste en une sélection de textes de féministes (journalistes, universitaires, chercheuses, étudiantes, de toutes générations) qui s’arrête, sauf exception, à la première semaine de juin. Ainsi, sauf pour l’article de Clémentine Autain et Audrey Pulvar qui clôt le livre, il n’y a pas de réaction à l’annonce de la fin des poursuites contre DSK fin juillet pas plus qu’aux propos sur sa «résurrection».
Beaucoup de femmes et d'hommes ont été choqués par l’invocation d’une soi-disant culture nationale pour justifier l’injustifiable. La confrontation politique sur le viol, sur la violence est ouverte. A moins d’un an de la présidentielle...
184 p. / 7 euros
ISBN: 978-2-84950-328-7
Collection Nouvelles Questions Féministes
RENDEZ-VOUS avec les AUTEURES
jeudi 15 septembre à 19 heures, au Lieu Dit
6 rue Sorbier, 75020 Paris
Vendredi 23 septembre à 19 heures,
à la librairie Violette and Co
102 rue de Charonne, 75011 Paris
2) Le HCI et la chasse aux femmes à foulard : le dégout et le mépris.
Et, pendant ce temps, la chasse aux femmes qui portent un foulard continue : dans un Avis remis au premier Ministre’ le Haut Conseil à l’Intégration (défense de rire devant ce sigle !) veut chasser les femmes qui portent un foulard du marché du travail. Cela lui paraît incompatible avec « une société profondément sécularisée » indique-t-il. On ne peut mieux dire que l’on cherche à imposer la sécularisation aux individus, sous couvert de laïcité.
Une telle optique a toujours eu pour résultat de pervertir la laïcité en l’éloignant de la démocratie. Le HCI, s’il se préoccupait réellement d’intégration, devrait se soucier de l’état de la société dans laquelle il est demandé aux immigrés et à leurs descendants de s’intégrer. Une société qui pratique le sexisme ordinaire.
Libération titrait ainsi sa première page les 11 et 12 juin dernier : « Harcèlement sexuel : Pourquoi la France ferme les yeux. Inadaptée, la législation limite les plaintes des femmes victimes de violences sexuelles dans le monde du travail ». Mais cela bien sûr, ne concerne en rien le HCI et son inénarrable chargé de Mission laïcité, Alain Seksig,
La logique de leur position, qui provoque en moi mépris et dégout est, de fait, la suivante : qu’une femme immigrée soit sexuellement harcelée dans son travail ne mérite pas notre attention. L’important elle qu’elle ne porte pas de foulard ! Ils sont, bien sûr, trop bêtes pour que leur logique leur saute aux yeux, mais elle est portant la conséquence sociale de leur glorieuse action.
13:01 Publié dans CONTRE L'OBSCURANTISME | Lien permanent | Commentaires (194)

