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06/09/2009

Le Grand Orient : OUI aux Loges-piscines exclusivement réservées aux Hommes.

Après leur très brillante interprétation de Tartuffe, les Frères jouent à la COMEDIE FRANCAISE, deux nouvelles pièces en alternance : La paille et la poutre  (d’un certain J-C) et Heureusement que le ridicule ne tue plus (d’après Labiche)

 

(Note à la mémoire de mon ami Bruno Etienne)

 

Oui, c’est inhabituel, du jamais vu dans le Blog : 2 Notes en 2 jours, et deux « Grands bêtisiers de la laïcité » en 8 jours

Mais je reviens d’un séjour sur Mars et, là, surprise, j’ai eu la parfaite illustration de ce que j’indiquais dans ma Note d’hier : « Vivre libre II ; L’anticléricalisme nécessaire. »

 

La planète Mars se divise en 2 parties : Lutèce d’un côté, Province de l’autre.

Il existe des loges-piscines de Francs-charpentiers regroupées sous le nom de Grand Orient  dans les deux régions. Et certaines m’ont invité à débattre de la laïcité.

Il existe chez nos amis francs-charpentiers du GO 2 sortes de réunions :

-         les fermées réservées aux seuls membres, aux gens normaux, à des hommes;

-         les ouvertes, plus laxistes (un peu comme la « laïcité ouverte », si vous voyez ce que je veux dire) où d’autres humains (moi par exemple, et même quelques femmes) peuvent venir.

Naturellement, les réunions avec Bibi étaient des réunions ouvertes.

Et à chaque fois, il y avait 2 intervenants : un Franc du collier et moi.

 

En Province, j’ai parlé notamment dans la ville de Festival, invité par une loge-piscine intitulée « La Cane de Jeanne ». Ce fut un débat super-intéressant dans une atmosphère extrêmement conviviale, avec des remarques et questions fort pertinentes

Bref, tout se passait très bien, quand … cherchez la femme : l’une d’entre elles demanda : « Pourquoi je ne peux pas adhérer à votre loge-piscine ? »

Le big chef expliqua que les Francs-charpentiers avaient des loges-piscines réservées aux femmes, où celles ci pouvaient s’ébattre librement entre elles. Il existait même, en cherchant bien, quelques loges-piscines mixtes. C’est dire la largesse extrême de la fraternité charpentière !

Mais, allez savoir pourquoi, les femmes ne sont jamais contentes, et celle-là, dépitée, cita Brassens : « C’est vous que je préfère ».

 

Dans la conversation plus perso qui suivit, mes sympathiques Francs-charpentiers m’expliquèrent que cette femme avait raison ; qu’il était stupide de perpétuer une tradition qui faisait sens au XVIIIe siècle, mais plus du tout maintenant.

Ils me rassurèrent en m’indiquant que les choses étaient train de changer et que très prochainement l’usage exclusif de leurs loges-piscines aux hommes serait aboli.

 

Quelques temps après, c’est à Lutèce que la loge-piscine « Le Cadet de mes soucis » m’invita. Là, le débat fut plus sportif.

Ma conception de la laïcité fut jugée accommodante, donc mollassonne, flasque, voire avachie.

 Il fallait tenir ferme, comme le chène face au roseau, les valeuuuurrrrs  rrrrrrépublicaines, dont la laïcité-mixité était le plus beau fleuron.

Je compris mieux pourquoi, il était plus qu’impératif pour eux de changer le règlement de leurs loges-piscines.

 

Je dois dire de plus qu’un débat sportif n’est pas pour me déplaire. Par ailleurs, j’aime beaucoup la façon dont les francs-charpentiers débattent :

aucune manifestation en pour ou contre, aucun applaudissement ni murmure. Bref, on tente de brider toute réaction sommaire, émotive ; de privilégier la raison rationnelle

Cela change des « débats » télévisés.

Cela rejoint ma propre conception de la rationalité et du débat démocratique.

 

Cependant à Lutèce, quelque chose m’a gêné aux entournures : toutes les interventions provenant de la salle avaient abondé dans le sens de mon contradicteur franc du collier. En soi, rien de répréhensible,

… sauf qu’à la fin de la séance, pas mal de francs-charpentiers sont venus chaleureusement me remercier de mon intervention. Tellement chaleureusement, et parfois avec des commentaires très élogieux, que cela dépassait les nécessités de la politesse. Comme si j’avais parlé pour eux, par procuration.

Diable, pourquoi ne s’étaient-ils pas exprimés en séance ? La parole franc-charpentière serait-elle moins libre que je ne l’avais cru ?

Il y aurait-il implicitement une orthodoxie laïque ?  Du moins au Cadet Rousselle lutécien.

Car cela contrastait complètement avec la liberté de ton qui avait régné à Festival où des avis divergents s’étaient exprimés dans la réunion elle-même.

 

En tout cas, j’attendais confiant le résultat de la consultation sur la mixité des loges-piscines. Nul doute que, massivement…

Et le résultat vient de tomber : un score à faire rêver Nicolas Sarkozy lui-même : 56%.

Oui, mais 56% contre la mixité !

La proposition (il faut dire extraordinairement révolutionnaire !) : laisser chaque loge-piscine être mixte ou pas, selon son franc désir, ne fut pas retenue.

 

Merdre, on veut rester entre mecs dans nos loges-piscines ont voté ces Messieurs. C’est pour’ pas avoir d’emmerderesses dans nos pattes qu’on a choisi le G.O. On s’rait plus chez nous sinon !

Même certains ont dit au journal Le Monde (6-7 septembre) : vous savez, les gonzesses, on leur donne la main, elles vous bouffent tout le bras : « Si nous initions des dames[1], rien ne dit qu’elles ne postuleront pas au conseil de l’ordre et deviennent, pourquoi pas, grande maîtresse ! ».

C’est vrai çà, les femmes ne savent plus rester à leur place et donc « l’identité » (également invoquée auprès du Monde) du G.O. ne s’en relèverait pas.

 

Il y a même un frère qui m’a demandé, très inquiet, s’il était vraiment vrai qu’en France le Parlement acceptait des « députés dames ».

Honteux, j’ai du me résoudre à lui répondre (comme en Bretagne) : « dame, oui. ». « Quand même moins du seuil fatal de 5%? » a-t-il interrogé, franchement apeuré cette fois, mais gardant espoir.

Il y en a 17% ai-je confessé très piteusement.

17% !!!. « M’alors, les valeurs républicaines sont foutues ! » Là, il est tombé dans un coma profond qui depuis pèse d’autant plus sur ma conscience qu’un médecin femme a ignoblement profité de cet état comateux pour tenter de le soigner.

J’aurais du lui annoncer cette très triste nouvelle avec beaucoup plus de ménagement.

Et surtout le rassurer en lui indiquant que la France est quand même dans la queue de peloton en la matière. Non mais, les valeurs républicaines sont toujours fièrement debout !

 

Un autre m’a dit : « Tout fout l’camp sur votre planète. Il paraît que, dans un pays d’Orient, un [vrai] fou voulait avoir 3 femmes ministres dans son gouvernement. Trois femmes, vous vous rendez compte ! Des gens un peu moins déraisonnables ont réussi à en larguer deux. Mais il en est quand même resté une. Quel laxisme ! Heureusement, nous ne sommes pas l’Orient, nous sommes le Grand Orient. »

 

 

Un troisième franc-charpentier est intervenu : « En plus, en 2008, il y a eu l’initiation sauvage de 6 femmes[2] au sein de 5 loges-piscines, tout comme il y a des ordinations sauvages de femmes prêtres. On va-t-on bon Dieu ! Chez nous, cela devient exactement comme chez les cathos»

Et comme, timidement, je faisais remarquer que de très mauvais esprits, limite  blasphémateurs, allaient justement dire, que leur critique de la religion… je fus interrompu de façon péremptoire : « Rien n’a voir avec cet obscurantisme moyenâgeux.  Nous sommes les Lumières,  nous n’avons que trois siècles de retard. »

 

Je bats ma coulpe : j’ai eu quelques instants de doute. Mais, finalement, je fus complètement  rassuré.

Pour deux péremptoires raisons :

-         d’abord, Le Monde indique les réactions recueillies auprès des francs-charpentiers: ceux-ci récusent tout « sexisme », le Grand Maître rejette, d’un revers de manche, toute accusation « d’attitude rétrograde ». Ouf, des idiots comme moi auraient pu s’y laisser prendre.

-         Ensuite non seulement mes amis du GO ne sont pas sexistes, mais ils n’ont aucune féminophobie. De cela je peux en témoigner : dans le repas qui a suivi ma prestation à Lutèce, il y avait plein de femmes : aux cuisines, pour servir les plats, pour débarrasser les tables.  C'est dire!

Je n’aurai donc aucune raison d’éclater de rire (ou de me mettre en colère) quand l’un d’entre eux prétendra me donner une leçon de laïcité !



[1] Des "dames" ! Donc parler d"'emmerderesses" et de "gonzesses" relève, bien sûr, du fameux "droit à la carricature". Les francs-charpentiers ne disent même pas les greluches, les meufs, les nénettes, les mémés, les rombières, les tombeuses, les nymphos, les bobonnes, les mégères non apprivoisées,... Non ils usent d’un terme hyper galant, voire désuet. Ils ont le respect et tout et tout. Ils sont trop choux ces francs-charpentiers !

[2] Et Richard Antony de chanter : « Dis moi, fille sauvage… ». Oui, je sais, la référence date, mais dés années 1970, pas du XVIIIe siècle 

05/09/2009

VIVRE LIBRE II : L’ANTICLERICALISME NECESSAIRE

Allez, c’est la rentrée : aujourd’hui on va être un peu sérieux. Mais rassurez-vous, il n’y aura pas d’interrogation écrite !

On poursuit seulement la Note du 24 août : Vivre libre n’est pas une mince affaire.

 

Comme chacun le sait, la liberté n’est ni « la loi de la jungle », ni le droit de faire n’importe quoi. Et c’est sans doute un invariant anthropologique (qui prend des formes multiples suivant les civilisations) d’allier la liberté (entendue globalement comme une façon de vivre non instinctive) et la règle.

L’établissement de règles = l’ordonnancement humain du monde, la construction de la société. Même Robinson Crusoé est un être social : il a été « socialisé » durant son enfance, sa jeunesse.

Le problème est que l’indispensable ordonnancement du monde est aussi un arbitraire ordre établi qui organise structurellement des inégalités entre humains et limite la liberté plus que nécessaire.

Et donc, comme on le disait en « Mai 68 » : on a raison de se révolter ». Oui, mais toute révolution engendre un nouvel ordre : la Révolution française : le bonapartisme (et l’école en France est plus bonapartiste que « républicaine » dans son fonctionnement) ; la soviétique : léninisme et stalinisme, etc.

 

Le problème est donc que la liberté se trouve sans doute dans une articulation maîtrisée de l’ordre et de la révolte.

Individuellement, on peut être dans la pure révolte, mais s’il ne s’agit pas d’une révolte en trompe l’œil (explicitement je suis révolté ; implicitement je fais des tas de compromis quotidiens… quand cela m’avantage), cela conduit à la folie.

Certains en ont payé le prix, tel Antonin Arthaud et d’autres…

 

On a écrit parfois que l’histoire humaine est une histoire de la liberté.

Cela est faux, si on considère cela de façon évolutionniste : l’histoire serait une conquête progressive où l’humain serait de plus en plus libre.

C’est un peu naïf de croire cela, et l’on sous estime la liberté dans les civilisations dites « non modernes ».

Cela est exact, ou du moins on peut considérer l’histoire humaine à partir des multiples tentatives, sans cesse recommencées, de se libérer.

Cela nécessite un perpétuel anticléricalisme, dont l’objet se déplace suivant les dominations principales du temps et du lieu.

Mais en sachant que la dialectique anticléricalisme-création de nouveaux cléricalismes n’en finit jamais.

Et qu’en soi-même on a un petit clerc .

 

Très schématiquement, au niveau d’une vue cavalière de l’histoire: le christianisme a porté un message de liberté, puis a donné la chrétienté, avec une séparation de plus en plus marquée entre clercs et laïcs ; le protestantisme a été un anticléricalisme religieux et a engendré de nouvelles orthodoxie et liens entre politique et religion.

Alors est arrivé l’idéal laïque (largement entendu) qui a proclamé que la souveraineté n’avait pas d’origine transcendante. L’ordre ne venait plus d’en haut, mais se construisait à partir de l’en bas, d’en bas, du peuple.

Affirmation très corrosive, fondée sur la croyance que l’ordre et la liberté pouvaient se concilier très facilement grâce à la raison et à la science (en fait à la Raison et à la Science, si vous voyez ce que je veux dire).

Comte disait : que 2 et 2 fassent 4 ne relève pas de la liberté conscience. On vit toujours sur ce fondement, sauf que l’on sait aussi que 2=2+’ est une réalité culturelle, dépendante d’une certaine forme de mathématiques.

Plus largement on a cru à des évidences rationnelles et naturelles de l’ici-bas.

Sauf que de Marx (la valeur n’est pas un en soi, elle résulte d’un travail) à Max Weber, on a appris que toute réalité humaine est socialement construite, aucune n’est « naturelle ».

Et la psychanalyse est venue nous dire que, plus profond que le rationnel = nos angoisses, nos peurs fondamentales, notre mal vivre.

 

En fait, comme le souligne Talad Asad[1] la modernité s’est fondée sur 2 mythes divergents

-         le mythe des Lumières où le politique (la construction de l’ordre social) est le discours de la raison publique, mythe lié à la capacité des élites de diriger les êtres humains (lien entre la philosophie des Lumières et le « despotisme éclairé »)

-         le mythe révolutionnaire du suffrage universel, où le politique est l’expression de la volonté du peuple (= du laos grec) obtenu en quantifiant l’opinion (rationnelle ou pas !) des différents individus-citoyens

 

On a historiquement résolu cette contradiction de 2 manières :

-         en affirmant qu’il fallait être un être humain rationnel et libre pour pouvoir être citoyen et en clivant les individus en 2 : ceux qui étaient dignes de la citoyenneté (les propriétaires puis les presque tous les hommes blancs à partir de 1848) et ceux qui n’avaient (soi disant !) pas assez de raison et de liberté pour être dignes de la citoyenneté (un temps les non propriétaires, les domestiques, les sans domicile fixe, pendant plus longtemps les femmes et les colonisés ; de façon permanente les enfants)

-         en encadrant les humains par des institutions qui se sont construites comme telles au XIXe siècle : l’école et la médecine. Grâce à ces institutions les élites éduquaient le laos (=le peuple) à la raison, à avoir une vie et une pensée rationnelle.

 

Ce n’est pas un hasard si la France -qui est allée loin dans ce qu’en sociologie on appelle « sécularisation transfert » (transfert d’une transcendance religieuse à des transcendances profanes)- est le pays où les femmes n’ont voté qu’un siècle après les hommes (dans beaucoup d’autres pays démocratique, la différence est de 30 ans)

Ce n’est pas non plus un hasard si la France est un pays où la construction de telle institutions à été précoce : ainsi la loi interdisant l’exercice illégal de la médecine, fondement de la construction de l’institution médicale (au sens moderne du terme), date de 1803, époque où tous les historiens de la santé vous diront que les dits médecins ne guérissaient ni plus ni moins que les dits charlatans.

 

C’est moins admis dans la mentalité collective que pour l’école, mais la médecine a un rôle d’ordre fondamental et les médecins l’ont exercé sans complexe.

Ecoutons le Dr Cavaillon, Médecin-chef du Service central de Prophylaxie au Ministère du Travail et de l’Hygiène, en 1928 (mais ce livre était encore largement diffusé au milieu du XXe siècle) diffuser le message médicalo-républicain et nous apprendre ce que doit être une « femme moderne »:

« la femme moderne, ce n’est plus celle (…) qui est suffisamment armée pour la vie quand la capacité de son esprit se hausse à ‘connaître un pourpoint d’avec un haut de chausse.’ [bref l’ignorante]

Ce n’est pas non plus la « garçonne » soucieuse seulement de paraître aux yeux des hommes et qui délaisse toute la vie intérieure pour la ‘foire aux vanités.’

Ce n’est pas également l’intellectuelle pure, préoccupée seulement de savoir, oublieuse de son corps, et méprisant la vie familiale.

C’est au contraire celle qui sait faire droit aux exigences de l’esprit comme à celle du corps, qui sait être à la fois instruite sinon même diplômée, qui peut être à la fois jolie femme et maman aussi compétente que dévouée ; qui a su aussi bien préparer ses examens de lettres et de sciences que suivre des cours de cuisine et avoir son diplôme d’infirmière.

C’est celle qui en un mot a su s’adapter à tous ses rôles multiples : de femme, d’épouse, de mère, d’éducatrice, de gardienne de la santé du foyer, celle à qui tout incombe et qui doit tout mener à bien : les grands devoirs et la foule des menus détails,

celle qui ne regarde plus la vie en ignorante craintive et désarmée, mais bien en femme avertie des dangers et des joies, des devoirs et des droits, de la protection que lui donnent ou lui refusent les lois, en femme soucieuse d’assurer sa santé, son bonheur, et la santé et le bonheur des siens. »[2]

 

Il ne faut pas seulement sourire (ou s’indigner) d’un semblable propos, l’important est de comprendre à quel point, même dans la modernité, la liberté est encadrée, fait l’objet de prescriptions.

Et le début de la liberté, consiste à ne pas croire, qu’il était ainsi autrefois et qu’aujourd’hui on serait libre. On est toujours dans la même ambivalence, même si la citoyenneté s’est élargie et les institutions déclinent.

On en reparle la semaine prochaine. Juste pour le moment, un dernier constat :

 

A quelle raison socialisait-on : la raison rationnelle ou la raison du plus fort  (qui, chacun le sait, depuis la Fontaine, est « toujours la meilleure » !)?

Les 2 sans doute. Les tenant de l’ordre font mine de croire qu’il s’agit QUE de raison rationnelle ; mais quand ils sont de l’autre côté de la barrière, que cette raison brime leur liberté, ils rejoignent les tenant de la révolte et pensent qu’il s’agit de la raison du plus fort.

 

(suite et fin la semaine prochaine).



[1] Formation of the Secular, Standford University Press, 2003, 23

[2] Préface à : Doctoresse [Marie]Houdré. Ma Doctoresse. Guide pratique d’hygiène et de médecine de la femme moderne. Cet ouvrage se voulait très progressiste.  Il prône une certaine émancipation de la femme. Il est complètement totalisant au niveau de ses prescriptions à suivre « Pour la santé et le bonheur »:.elles vont des recettes alimentaires à des indications comme celle-ci :

le sport est nécessaire pour les jeunes-filles : « courses, sauts et lancers, jeux de balles et de ballon, voilà qui fatiguera les muscles et usera le trop plein de l’ardeur juvénile. Bien compris et bien surveillé, le sport est une sauvegarde de premier ordre en matière de moralité sexuelle. »

Ensuite, quand elles se marient : quelle périodicité pour l’intimité des époux : « Parfois on abuse » et « on devient ensuite hargneux et injuste l’un pour l’autre. Ou bien on s’en tient à une continence excessive, et l’on se sent nerveux, inquiet, agité… Suivant les tempéraments, la saison, le loisir » = « goûter les plaisirs du mariage de une à trois fois par semaine. »

Et précise : « Trop de gens s’imaginent que c’est une nécessité physiologique de satisfaire l’appétit sexuel chaque fois ou à peu prés qu’il se manifeste. C’est là une erreur totale. Comme tous les appétits, celui-là doit être discipliné. »

Bon appétit quand même !