30/08/2009
Philippe Val, médaille d’or du Grand Bêtisier de la laïcité.
Vous toutes/tous qui avez pleuré à chaudes larmes parce que la France n’a pas obtenu de médaille d’or aux Championnats du monde à Berlin, séchez vos larmes. Désormais, un Français a obtenu celle du Grand Bêtisier de la Laïcité.
Je m’étais un peu relâché et le Blog n’avait plus décerné cette médaille depuis plusieurs années, malgré les nombreuses occasions qui s’étaient présentées.
En cette fin de vacances, j’ai décidé de pallier à cette fâcheuse erreur et j’ai convoqué sous l’Arc de Triomphe, un Grand Jury, pluraliste, paritaire, et tout et tout, composé de Moi-même personnellement, de E. J.. Rotbébau, de Naej Torébuab et de Jehan Beleros.
Un jury magnifique.
Mes vieux potes et mes vieilles potesses qui surfent sur ce blog (ainsi que l’étudiante de Paris IV qui fait son master sur l’équipe du Semeur) savent, qu’en souvenir de ma jeunesse folle, j’y aurais volontiers associé Calvin Augineau[1]. Malheureusement, il a déjà quitté cette vallée de larmes
Bref, après délibération, ce jury a élu, par bulletins ultra secrets(d'Etat), à l’unanimité plus une voix, Monsieur Philippe Val.
M. Ph. Val, ex-directeur de Charlie-Hebdo (pas celui de la Grande époque, l’autre, la pâle imitation…) a été nommé, via Carla et consort, directeur de France-Inter. Comme planait l’ombre du Seigneur Sarko Ier lui-même dans cette nomination, tout un chacun craignait le pire.
Or, nous apprend Le Monde (29/08/2009) « A France-Inter, l’arrivée de Philippe Val n’a pas été suivie du ‘coup de balai’ redouté. »
Reste notamment Stéphane Guillon, qui se complait dans des plaisanteries pipi-caca-boudin (et il n’est plus étudiant, lui !), qui s’est notamment moqué à l’antenne du physique de Martine Aubry
(signe de l’hyperpuissance de ce genre de mec, de la mollesse du féminisme en France[2] et du déclin des politiques : pratiquement pas de protestation et Martine Aubry a du prétendre que cela l’avait fait rire !).
Donc nous subirons toujours Guillon for ever. Tant mieux pour lui !
Mais Ph. Val a quand même pris une « toute première décision » : il a « renvoyé Frédéric Pommier, le titulaire de la revue de pesse de 8h30, qui aurait eu un penchant à trop citer Siné Hebdo, l’hebdomadaire concurrent [et dissident] de Charlie-Hebdo ».
Un crime qui mériterait assurément la prison, voire la torture, mais comme nous ne sommes pas (encore ?) en Iran, cela a été juste un simple renvoi.
Un renvoi dans dans une relative indifférence (sauf quand même l'intersyndicale de Radio-France et quelques articles mais rien qui passe en boucle et suscite un mouvement d'indignation, or cela aurait naturellement été le cas si une mesure semblable avait frappé Guillon. Il faut dire que les plaisanteries de Ph. Pommier n’étaient pas dégueu, mais un tantinet subtiles, elles).
Petit rappel pour celles et ceux qui auraient vécu ces dernières années au fin fond de la Sibérie : Ph. Val s’est voulu le champion du monde, médaille d’or toutes catégories de la liberté d’expression, au moment des caricatures dites de Mahomet.
Bravo, Philippe Val, ça c’est du GRAND ECART. Le French cancan, à côté, c’est TOTALEMENT du flan !
La liberté d’expression, c’est excellent vis-à-vis des musulmans. Pour le reste, c’est selon son bon plaisir...
Quel ART du DOUBLE JEU, Quelle MAESTRIA dans le DOUBLE DISCOURS! On en reste pantois, et très admiratif.
Ph. Pommier faisait très bien son travail. Grâce à sa revue de presse, on savait quel canard acheter, en plus des habituels. Et quand on lisait l’article au complet, on constatait qu’il en avait dit l’essentiel, malgré sa forte contrainte de temps.
Bref Ph. Pommier faisait ce que l’on appelle, en journalisme, du « travail propre ».
Un grand Merci Monsieur Pommier. Et bravo pour votre probité professionnelle.
Ph. Pommier a commis une faute professionnelle : il n’a pas pratiqué l’autocensure. Il a commis le blasphème suprême en citant Siné-Hebdo.
D’où l’œuvre de salubrité publique de M. Val, qui méritait bien sa médaille d’or au beau pays des droits de l’homme.
Avec en plus, une certaine dose de mépris comme cerise sur le gâteau.
PS : la suite de : Vivre libre n’est pas une mince affaire (Note du 24 août) dans quelques jours.
2ème PS: oui, je sais, je date un peu: Le Monde rappelait une mesure datant d'avant les vacances. Mais que voulez-vous, alors mon illustre jury était occupé ailleurs et ensuite, le temps de le convoquer et de demander au soldat inconnu l'autorisation de tenir une réunion tout près de lui....
[1] Pour les autres (qui excuseront, j’espère, ces quelques lignes incongrues pour eux), Le Semeur (qui était l’organe des étudiants protestants) avait, les années précédant « Mai 68 », mis en émoi le protestantisme français en publiant des articles jugés très contestataires et en proposant un abonnement à pris réduit aux « couples tentant l’union libre » (c’était avant Mai 68, vous dis-je, donc faisait hurler à l'époque). Mon pote, Daniel Joubert, signait ses articles Calvin Augineau, et mon propre pseudo était d’aussi mauvais goût (Luther Interruptus).
Pourtant, ayant relu dernièrement certains des articles publiés, suite à une demande d’étudiante en master, j’y ai trouvé une critique globale de la société et des pouvoirs (politiques et religieux) dont bien des éléments restent, plus de quarante ans plus tard, toujours valides. Cela joint à une défense du pluralisme qui n'était pas très dans le ton de l'époque.
[2] Au Québec, par exemple, des propos aussi sexistes ne seraient jamais ainsi passés comme une lettre à la poste (d’autrefois !)
18:36 Publié dans Le Grand Bétisier de la Laïcité | Lien permanent | Commentaires (9)

