24/02/2006
UN "STEREOTYPE" QUI TUE: LE MEURTRE D'ILAN HALIMI
Comme vous avez eu deux Notes, elles restent un peu plus longtemps.
La prochaine Note: mardi 7 ou mercredi 8 mars.
Deux Notes aujourd’hui : une sur un événement dramatique de l’actualité : le meurtre de Ilan Halimi où je tente de replacer les choses dans la « longue durée historique » et de réfléchir au lien de forme entre les 2 « affaires » de ce mois de février 2006 ; l’autre plus légère et souriante : un premier épisode inédit (il y en aura trois) des aventures de Mag Durand, le sociologue de la médecine qui, dans mon roman historique, Emile Combes et la princesse carmélite, improbable amour (éditions de l’Aube : qu’attendez-vous pour l’offrir à votre copain/copine, à vos amis ?), découvre le vrai-faux manuscrit d’Emile Combes aux archives de Bordeaux.
A lire vos réactions (ou vos absences de réactions), à recueillir des échos de ce Blog, il semble que vous le voulez sérieux, très sérieux et que des Notes qui manient l’humour vous déroutent.
Eh, cher(e)s Internautes, les deux font partie de la vie. Il y a des moments pour réfléchir et d’autres pour être fun, pour s’amuser un peu. Je vous avais annoncé deux Notes : la première est plus grave que je le pensais car, la encore, l’actualité m’a fait ‘changer mes batteries’ ; la seconde se veut une petite fantaisie. On a le droit d’avoir ses faiblesses, non ?
DES CARICATURES ANTI MUSULMANESAU STEREOTYPE JUIF = RICHE
Dans l’actualité, un événement chasse l’autre. L’assassinat d’Ilan Halimi succède à la une des médias aux caricatures antimusulmanes. Et si les deux affaires avaient un lien, non de contenu mais de forme ?
Il semble (soyons prudents, rappelons nous l’affaire du RER D) que la bande qui a commis les tortures et le meurtre ait cru obtenir une rançon en s’attaquant principalement à des juifs. Cela à cause du stéréotype : « juif = riche ». Mais comment s’est construit un tel stéréotype ? Il faut brièvement faire quelques rappels historiques pour comprendre.
En 1845, le fouriériste Alphonse Toussenel appelle « de ce nom méprisé de juif, tout trafiquant d’espèce, tout parasite improductif (…) ; juif, usurier, marchand d’écus sont synonymes ». Nous sommes là dans l’antisémitisme socialiste. Mais cet antisémitisme s’emboîte sur l’antisémitisme chrétien qui, en interdisant nombre de métiers aux juifs et en condamnant (du moins dans le catholicisme) le prêt à intérêt, a figé un certain nombre de juifs dans un rôle socialement nécessaire et méprisé tout à la fois.
En 1886, La France juive d’Edouard Drumont, marie ces deux courants et va devenir le succès éditorial du siècle, devançant la Vie de Jésus de Renan (1862). Et nous sommes passés d’un genre littéraire à l’autre. L’ouvrage anticlérical de Renan se référait implicitement à une conception de la démocratie où l’élite éduque le peuple et l’élève vers le savoir (dont la vulgarisation est, bien sûr, orientée). Le livre antisémite de Drumont correspond à une conception populiste de la démocratie où la masse a forcément raison et où la légitimité provient, en conséquence, du nombre d’exemplaires vendus, de la symbiose avec la demande sociale. L’auteur ne se prive pas de déclarer en préface de sa 115e édition (en moins d’un an !) : « mon livre est fait (…de) l’expression des préoccupations du moment. (…) Je n’ai été que le secrétaire de tous les esprits t le porte-parole de toutes les âmes. » Les thèmes antisémites, et notamment celui du juif riche et usurier (illégitimement riche implicitement) ont été popularisés par des caricatures qui en ont fixé l’image dans l’esprit de beaucoup. Une décennie plus tard, c’est l’affaire Dreyfus et le « moment antisémite » de la France entière, mis à part des francs-tireurs, comme l’a bien montré Pierre Birnbaum.
Alors nous sommes dans un dilemme. On ne dira jamais assez à quel point la liberté d’expression est un bien précieux, consubstantiel aux sociétés démocratiques. Il est d’autant plus important de l’affirmer et de le pratiquer que les moyens de contrôle des pouvoirs modernes sont sans commune mesure avec ceux dont disposaient les gouvernants d’il y a quelques siècles. Et seul le débat, le libre-examen peuvent rendre intelligent. Les mises à l’index, les censures, comme les intolérances ont toujours eu des résultats catastrophiques, même quand elles étaient, comme l’enfer, pavées de bonnes intentions.
Mais en même temps, ne sous-estimons pas le rôle que peut avoir cette liberté dans le développement de doctrines de haine et d’actes insupportables. L’assassinat d’Ilan Halimi est, hélas, un des effets des caricatures antisémites qui ont fleurit en France et fleurissent toujours aujourd’hui dans certains pays. Il est facile de construire un stéréotype et après celui-ci à la vie dure, il prospère de façon multiforme et ressemble à l’hydre dont les têtes repoussent toujours sitôt coupées.
La fin du XIXe a vu se multiplier les caricatures haineuses : le « juif » et aussi le « jésuite », le « franc-maçon », le « protestant », le « clérical », etc. N’ajoutons pas à cela le « musulman » comme certains, à leur insu peut-être le font, emboîtant leurs propos sur les stéréotypes coloniaux. Le meurtre d’Ilan Halimi doit conduire à réaffirmer fortement que rien ne saurait justifier la moindre goutte d’eau antisémite (rien, et surtout pas une cause politique). Mais il doit aussi nous interroger de façon plus générale sur la responsabilité qu’implique la liberté d’expression. Comme son nom l’indique une caricature accentue le trait, le caricature. Cela peut éclairer une question mieux qu’un long discours en mettant en lumière un aspect important, l’"arbre remarquable" habituellement caché par la forêt. Une caricature peut aussi déformer par simplification excessive, par outrance, par déformation de la réalité en jouant sur la peur ou sur la fabrication de boucs émissaires. Et ainsi tuer, dans la courte comme dans la longue durée.
La distinction n’est pas seulement une affaire de responsabilité morale. Elle me semble être d’abord et surtout une affaire de responsabilité intellectuelle. Une ‘bonne’ caricature exige talent, rigueur et travail, pour viser juste et, ainsi, éveiller à la réflexion. Une ‘mauvaise’ fige une idée reçue, contribue à un stéréotype qui trop souvent commence par de la bêtise et finit par la haine.
« Le degré zéro de la pensée » a dit le commissaire chargé de l’enquête. Phrase terrible dans sa justesse. Cette bêtise n’est-elle pas socialement construite ? Et les caricatures, les propos de dérision télé visuellement et radiophoniquement assénés qui sont sensés faire « rire » mais manifestent et entretiennent « le degré zéro de la pensée » ne sont-ils pas de la diffusion sociale à haute dose de bêtise, où l’alibi de la liberté d’expression sert à de pseudo guignols à s’en mettre plein les fouilles.
Il faut nous mettre en question pour qu’il n’y ait plus aucun Ilan Halimi.
23:05 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (4)
COMBES ET LA PRINCESSE CARMELITE (suite)
COMMENT MAG RENCONTRE CLARA
Dans mon roman historique Emile Combes et la princesse carmélite, Improbable amour (éditions de l’Aube, collection « Regards Croisés »), l’histoire commence par un repas où Mag Durand, sociologue de la médecine, apprend que des archives inédites d’un célèbre médecin, Emile Combes, se trouvent aux archives de Bordeaux. Pendant qu’il se rend à l’université de Bordeaux IV où il donne ses cours, il croise une charmante jeune-femme, Clara. On apprend allusivement au cours du livre qu’il devient amoureux de la belle. Mais cela reste très à l’arrière fond et ce n’est qu’à la fin de l’ouvrage que les deux histoires -celle explicite de d’Emile Combes et de Jeanne, princesse carmélite et celle, implicite, de Mag Durand et de Clara Ponti- s’entrecroisent.
Quelques lecteurs-lectrices ont voulu en savoir plus. Voila donc, sans prétention autre que de se distraire, le premier des trois épisodes où sera racontée les manœuvres d’approche de Mag.
Pour les internautes parisiens : retenez la date du 22 mars à 19 heures: je présenterai le roman, en dialogue avec une journaliste.(la scène ci après s'insère dans la page 59 du roman)
Bordeaux, 11-12 mars 2005.Le ciel est clair, de façon exceptionnelle pour un mois de mars, mais avec un vent assez glacial, ce qui est tout aussi anormal. Avant de donner son cours, Mag a fait la connaissance de la directrice du service des ressources humaines, personne avec laquelle il a correspondu pour mettre son dossier en règle. Il a reconnu la jeune femme en robe noire entrevue, dans la cour de l’université, quinze jours auparavant. Assurément une des plus jolies femmes que Mag ait jamais vues. Une femme au visage diaphane, d’un ovale parfait, encadré par une masse brillante de cheveux qui tombent en cascade sur son corps svelte aux tendres rondeurs. Elle procure un plaisir identique à l’admiration d’une peinture de maître.
Cette femme sourit, regarde Mag avec des yeux très intenses, dont les pupilles sont aussi mobiles que celles d’une danseuse balinaise. Ils échangent des propos administrativement convenus. Pourtant, à la façon dont elle lui parle, il lui semble qu’elle ne le considère pas forcément comme un professeur comme un autre. Aurait-elle lu un de ses ouvrages ? Mag aimerait discuter avec elle de sujets autres que les formulaires à lui remettre. Il peste en secret contre cette réification qui oblige à communiquer que sur du fonctionnel.
Plus troublé qu’il ne le souhaiterait, Mag songe aux cheveux flamboyants, aux yeux lumineux, au nez finement découpé, à la bouche rouge cerise pendant qu’il explique aux étudiants comment la médicalisation de la naissance s’est traduite par une domination des médecins hommes dans un événement, auparavant, « affaire de femmes. » Progressivement, une idée fixe s’impose : il doit revoir la directrice des « RH ». Chaque minute rend cette idée plus obsessionnelle. Mag se dédouble car il possède un métier certain. Il répond avec brio aux questions ; en même temps, il se convainc de l’absolue nécessité de contempler à loisir le visage rayonnant de cette femme, recevoir son sourire, lui parler.
A la fin du cours, il tente de se reprendre : comment peut-il se montrer aussi peu maître de ses émotions ? Mais lorsqu’un un satané collègue veut absolument le retenir, son envie impérieuse lui met les nerfs à fleurs de peau. Mag prétend devoir régler un problème technique, très urgent à résoudre ; manière de faire comprendre qu’il n’a guère le temps de s’attarder. L’autre ne veut pas en démordre ; ce qu’il baragouine lui parait essentiel et, ajoute-t-il, vous devrez, de toute façon, régler votre problème par mel : à dix-huit heures dix, le bureau est probablement fermé. Ce propos rend Mag furieux. Un tantinet grossier, il coupe net son interlocuteur, affirme d’un ton sans réplique : « Excusez moi, il faut absolument que je lui parle. » Le gêneur, interloqué, est obligé de le laisser partir.
A la porte du service, Mag, étonné, sent son cœur battre à en avoir mal. Miracle, elle est là, vêtue de sa jupe-culotte en blujeans et de son pull-over bleu. Elle est affairée, ravissante, unique. Ses cheveux sont toujours aussi magnifiques. Son pull-over, en apparence strict, accentue les rondeurs un peu lourdes de sa poitrine, la finesse de sa taille, la plénitude de ses hanches. Elle arrête net son travail et, courtoise, demande en souriant : « Ah, Monsieur Durand, que puis je faire pour vous ? »
Obsédé par la crainte de ne pas la revoir, Mag n’a prévu aucun faux semblant. Il voudrait répondre : « Rien, faites comme si je n’étais pas là. Je vais m’assoire, vous admirer, vivre un instant de pur bonheur ». Impossible ! Indispensable, pourtant, de prononcer des mots. La fortune souriant aux audacieux, Mag se jette à l’eau : « Me feriez vous l’honneur de dîner avec moi. » S’il avait bénéficié de deux secondes pour réfléchir, jamais il n’aurait osé. Tant pis, il ne reste plus qu’à attendre la réponse qui va, sans nul doute, le rendre un peu ridicule.
La jeune femme le regarde par en dessous, fronçant ses beaux sourcils aux courbes délicates, l’air un brin sévère. Il se sent déjà stupide, avant même toute réponse. Il hausse légèrement les épaules, écarte ses deux mains, murmure : « Juste pour discuter ensemble. » Conscient de l’incongruité de sa proposition, il prend un air plutôt piteux. Cela la fait sourire. Elle répond, avec naturel et aisance : « Après tout, pourquoi pas, si vous me laissez un peu de temps pour me changer. »
La belle est donc rentrée, provisoirement, chez elle. Mag, aux anges, prépare, « scientifiquement » son rendez-vous : il ne faut surtout pas qu’il frime, qu’il joue au grand sociologue, au brillant chercheur. Le seul fait qu’il soit directeur de l’Institut Français des Sciences Médicales (l’IFSM) l’impressionne déjà, peut-être. Son ex, Florence, lui a souvent dit : Tu enfonces les gens quand tu fais étalage de ton savoir, certains se mettent à penser : « Je suis de la merde ». Cela étonne toujours Mag ; il ne prend absolument personne pour de la « merde », à part lui même, car il a peur d’en être. C’est justement pour cette raison que, depuis son adolescence boutonneuse et tourmentée, il s’est juré de faire tous les efforts dont il est capable pour devenir le plus intelligent possible. Mais il reconnaît que, s’il se laisse aller, il peut rectifier les dires de ses interlocuteurs, donner l’apport de ce qu’il sait… se retrouver au centre de la conversation.
Attention : elle n’a pas été invitée à applaudir au festival Mag Durand. Surtout pas. La meilleure stratégie consiste à s’intéresser à elle. Doucement, progressivement ; pas de façon indiscrète. Elle doit se rendre compte, après coup, qu’elle a été la reine de la soirée et en avoir une sensation fort agréable.
La voilà, un rien sophistiquée. Mag grimace intérieurement, il la désirait « nature », telle qu’à l’université, avec des vêtements si simples qu’ils mettent sa silhouette en valeur. Il s’attendait à revoir la même chevelure un peu décoiffée, qui lui va si bien. Il la trouve presque trop élégante, même si son foulard soyeux est magnifique. Allons, pense-t-il, je ne vais pas lui reprocher d’avoir sa propre stratégie ! Sans doute est-ce bon signe. Mille yeux admiratifs et envieux provenant de différentes tables le rassurent ; ils lui indiquent qu’elle est vraiment belle.
Mag s’habitue vite. L’élégance, ce n’est pas mal non plus. Et le sourire est si délicieux…On en mangerait. Il est facile de la faire parler de sa vie quotidienne ; en tout cas du quotidien de sa vie professionnelle. Mag connaît par cœur ce que certains enseignants-chercheurs font subir aux administratifs. Il peut donc facilement participer. Parfois, il la laisse parler. A d’autres moments, il anticipe ses dires, montrant sa compréhension, son empathie. Et, en riant d’eux, ils se vengent ensemble de la morgue d’insupportables professeurs « autistes et hautains », ils les tournent en ridicule. Leurs propos se complètent, se répondent l’un l’autre.
Les administratifs –les Iatos en jargon…administratif- se plaignent souvent : « On nous prend pour des meubles ». Ils exagèrent bien sûr : a-t-on jamais demandé à un meuble d’essuyer 12 tableaux en même temps, parce que les intercours arrivent tous à la même heure ? A-t-on déjà remis à des meubles, à la dernière minute ou hors délais, des bouts de papiers informes (certes pas les formulaires fournis), avec des bribes de renseignements approximatifs, nécessitant de donner mille coups de téléphone pour obtenir les informations complémentaires indispensables ? Qu’un dossier correct arrive au Ministère à peu près dans les délais serait davantage l’intérêt des professeurs que celui des administratifs. Mais voila, le professeur connaît la conscience professionnelle à toute épreuve de son interlocuteur qui n’enverra jamais un dossier incomplet. Il compte là-dessus…
… Et arrive, super pressé, à la dernière minute : cent vingt photocopies à faire pour son cours. Bourrage de papier. Machine en panne. Le jeune appariteur est désemparé. Alors, sans frapper, le prof se précipite, comme un ouragan, dans le bureau du premier administratif chevronné venu : « La photocopieuse ne marche pas. Pouvez-vous la remettre en marche ? » Le dit administratif, sommé d’intervenir dans la seconde qui suit, brûle d’envie de répondre : « Attendez, Monsieur-Madame l’enseignant, d’abord « bonjour ». Ensuite, comme vous le voyez, je suis en plein travail (variante : en train de téléphoner). Vos photocopies, je vous les apporterai cinq minutes après le début de votre cours. Trois cent secondes. Evidemment, c’est absolument dramatique. Cependant, on a peut-être connu pire comme catastrophe planétaire. »
La sublime jeune femme s’appelle Carla, est à moitié d’origine italienne. Alors je vous aurai ‘à ma botte’ prétend Mag, dans un mauvais jeu de mot qui la fait rire. Elle compte trente six printemps. Exactement le même âge que lui, à un quart de siècle prés. Et chaque éclat de rire diminue la différence. Enfin, Mag veut en avoir l’illusion ; il se montre très attentionné sans apparaître entreprenant. Nuance. Carla semble à l’aise. La bouteille de Bordeaux 1990, les bons petits plats l’étourdissent un peu. A la fin de la soirée, ses yeux brillent d’une petite lueur mystérieuse.
Venue avec sa voiture, elle raccompagne Mag à son hôtel. Au moment de la séparation, il questionne : « Vous ne vous êtes pas trop ennuyée ? » Elle répond, avec une certaine fougue : « Ce fut une soirée magnifique. Je ne vous aurais jamais imaginé ainsi. » « Vous m’imaginiez comment ? » Réponse spontanée : « Très savant -vous l’êtes-, très sérieux, plutôt imbu de vous-même. Or avec vous, on a l’impression de tout comprendre, on se sent intelligente. » Mag, ravi, propose un nouveau repas au restaurant lors de sa prochaine venu, deux semaines plus tard, obtient un « volontiers » qui l’enchante après toujours ce froncement de sourcil et un huitième de seconde d’hésitation.
A son hôtel, Mag si blasé, si maître de lui normalement, se sent entouré d’un nuage d’extase. Il retombe en adolescence, songe à ses premiers amours. Bizarrement, une émotion presque analogue… La soirée a été « magnifique » pour lui aussi, il s’est bien gardé d’en faire état. Il faudra progresser avec prudence, pas trop vite. Avancer tout de même : la répétition est toujours décadence ; une affaire de dosage, il en fait son affaire. Il se sent le meilleur des stratèges, même si leur rencontre restera à un flirt intellectuel. Quand il ne devait pas rêver, Mag ne rêvait pas. La séduction intellectuelle est son donjuanisme à lui. Plaire à des gens intelligents, de tous âges, des deux sexes, sans discrimination. Enfin presque. Mag s’avère quand même adepte d’une discrimination positive envers les femmes jeunes et belles ; tellement de gens leur signifient : « sois belle et tais-toi » qu’il vaut la peine de leur faire prendre conscience qu’elle sont également fort intelligentes. D’autres raisons ? Non, aucune. Qu’alliez-vous imaginer ?
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Le lendemain après-midi, Mag retourne avec plaisir aux Archives. (Là reprendre la page 59 du livre)23:00 Publié dans EMILE COMBES | Lien permanent | Commentaires (0)

