29/01/2005

Qui est Emile COMBES?

QUEL FUT LE SENS DE SON ACTION ?


La semaine dernière, j’ai commencé la publication de textes d’Emile Combes. Fort bien m’ont dit certains amis, visiteurs du Blog, mais, avant de lire ces textes, nous aimerions bien savoir plus précisément QUI est Emile Combes, même si nous en avons une vague idée.

Amis, vous avez entièrement raison, j’aurais du commencer par le commencement.
Je vais donc vous raconter rapidement qui était Emile Combes jusqu’à son arrivée comme Président du Conseil et les semaines prochaines, je vous raconterai ses diverses aventures comme Président, à l’aide de nouveaux extraits de textes.
(Sur la photo, Combes est à gauche, reconnaissable à sa barbichette! Vous pouvez zoomer pour agrandir la photo)
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Combes est né le 6 septembre 1835 à Roquecourbe, près de Castres (Tarn),
terre d’ «hérétiques » (Albigeois, protestants) d’une famille très nombreuse et fort pauvre (il est définira souvent comme « fils d’ouvrier » ; en fait son père était artisan-tailleur, à un moment il a voulu être à son compte, il n’y est pas parvenu et est ressorti de l’aventure encore plus pauvre). Toute sa vie, il fut marqué par ses origines très modestes. Président du Conseil, il n’aura qu’une domestique (à une époque où toute famille bien bourgeoise en avait plusieurs) et se sentait beaucoup plus à l’aise dans la « France profonde » que dans les milieux politiques et mondains parisiens.

Son parrain était curé et l’aida financièrement pour suivre des études d’abord au petit séminaire de Castres, puis à l’école des Carmes (sorte d'école normale ecclésiastique à Paris (où il arriva au tout début du Second Empire, quand Michelet et Quinet venaient de devoir quitter leur chaire au Collège de France. Ces deux auteurs vont beaucoup l'influencer) et enfin au grand séminaire d’Albi (où il porta la soutane et fut tonsuré). Mais là on considéra que sa vocation de prêtre était peu sérieuse, même si, pendant plusieurs années il tenta de faire annuler cette décision.

Docteur en philosophie en 1860, Combes devint finalement médecin (1868) et exerça sa profession dans la petite ville de Pons (Charentes Maritimes) où il s’était marié.
Combes mena campagne pour le "non" au plébiscite de 1870.Au début de la IIIe République, il réussit à l’emporter sur le baron Eschassériau, homme fort du bonapartisme local et à devenir maire de Pons (1878), conseiller général (1879), sénateur (1885). En 1892 et 1894, il rédigea 2 rapports sur l’Algérie (cf la Notes déjà publiée sur Combes et l’islam). De novembre 1895 à avril 1896 il fut un éphémère ministre de l’Instruction Publique et des Cultes et proposa le contrôle continu pour démocratiser le baccalauréat.

Combes ne fut pas dreyfusard mais il soutint la politique dite de « Défense Républicaine » de Waldeck-Rousseau et fut le président de la Commission sénatoriale qui rapporta sur la célèbre loi des associations (dite loi de 1901). Après les élections de 1902 qui virent la victoire du parti radical, Waldeck se retira du pouvoir, les 2 chefs radicaux (Brisson, Bourgeois) qui avaient déjà été président du Conseil refusèrent de reprendre ce poste et le président de la République (Emile Loubet) fit appel à Combes (la 1ère tâche du nouveau ministère devant être l’application de la loi de 1901).

LA SEMAINE PROCHAINE SUR VOTRE BLOG PREFERE :
- Pourquoi Waldeck, Brisson, Bourgeois ne voulaient pas du pouvoir ?
- Pourquoi la loi de 1901 posait-elle des problèmes d’application ?
- Quelles étaient les convictions de Combes quand il est devenu président du Conseil ?
- Peut-on dire de Combes qu’il était « antireligieux » ?
- Combes et la question sociale

Commentaires

Bonjour
je viens de découvrir avec intérêt votre "blog" et plus particulierement vos articles sur Combes.
Effectivement il y a une grande simplification,voire des erreurs dans les descriptions du personnage Combes,
vos analyses m'éclairent dans ma réflexion
Je travaille actuellement sur un article " Combes et la science" pour publication à l'occasion des manifestations culturelles organisées en octobre prochain à Pons (17)
Je viens de faire réediter ses trois textes sur la préhistoire
qu'il a écrit vers 1872 pour une société savante de la Charente Inférieure, c'est avec plaisir que je vous enverrais ce petit ouvrage. mais à quelle adresse ?
Cordialement
jean bernard Vaultier
Chargé de cours en histoire des sciences
doctorant en histoire contemporaine
FLASH université de la Rochelle

Écrit par : Vaultier jean bernard | 17/02/2005

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