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11/03/2010

Les "vieux protestants" sont de sacré traîtres: Halde à l'effarant laxisme de M. Longuet.

Je ne voudrais pas court-circuiter ma Note d’hier par une nouvelle Note (et n’oubliez pas de la lire, à la suite de celle-là), mais je signale que les journalistes ont bien tort de remonter au XVIIe siècle et au siège de La Rochelle pour démonter les propos de Gérard Longuet.

 

Point n’est besoin d’aller si haut dans le temps. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, existait un antiprotestantisme, au moins aussi haineux que les propos arabophobes et/ou islamophobes d’aujourd’hui.

 

Le Courrier français, dans son n° du 25 novembre 1894, publiait dans toute sa 1ère page un dessin qui représentait 4 personnalités protestantes  sur un gibet de potence.

La légende était : « Des protestants, des sans-patrie, des traîtres, en v’la pour de vrais ! »

Les articles de presse, les conférences, les brochures, les ouvrages sur le « complot protestant », « le péril protestant », etc  ont fleuri.

Au début du XXe siècle, il a existé 2 quotidiens antiprotestants, dont le titre même est tout un programme : Le Pays, La Délivrance.

Etc, etc.

 

Il vaut la peine d’examiner de façon précise cet antiprotestantisme, « haine refroidie » car les stéréotypes haineux changent de cibles, mais pas tellement de structure argumentative.

Le matériau antiprotestant est riche dans ce domaine, et d’ailleurs Valentine Zuber et  moi-même avons consacré tout un ouvrage à la question :

Une haine oubliée. L’antiprotestantisme avant le pacte laïque (1870-1905), paru en 2000 chez Albin Michel.

On décrit, on étudie, on décrypte et on livre notre conclusion dans le dernier chapitre : « Analyser les doctrines de haine pour mieux les combattre. »

 

 

Même que ce livre a été couronné par l'Académie françoise. Ce qui prouve 2 choses

- que l'Académie françoise n'est peut-être pas vraiment une Académie française. Y-aurait-ti-pas quelques sang mélé qui s'y seraient infiltrés (par exemple: Yourcenar ce n'est ni trés français ni très masculin, comme nom)?

- "Couronné", vous avez dit "couronné": Ah il est démasqué, le Baubérot: s'il a été couronné, c'est bien qu'il n'est pas un authentique Rrrrépublicain.

 

 

L'antiprotestantisme a été l'apanage de "grands esprits": Maurras et Barrés bien sûr, mais d'autres aussi:

Emile Zola (eh oui, Zola himself!) réclamait: que l'on se révolte contre la mainmise protestante sur l'Etat et la nation : "qu'ils s'en aillent!, écrivait-il, car nous sommes en France et non en Allemagne!"

Alfonse Daudet protestait contre ces protestants qui droguaient les jeunes-filles et les enlevaient pour les convertir de force, et les couper de leur famille,

des députés faisaient des interventions à la Chambre, etc

 

Et vous savez quoi ?

Un beau jour, ces accusations se sont faites plus rares, puis elles ont disparu sans que jamais les protestants aient véritablement prouvé qu'ils étaient innocents de tout ce dont on les accusait.

Alors, il est temps de réveiller un peu l'antiprotestantisme.
D'ailleurs Schweitzer, ce n'est pas vraiment un nom "gaulois"! C'est quelqu'un que l'on "accueille" généreusement (n'est-il pas né en Suisse?)

 

Alors Monsieur Longuet, soyez moins laxiste et lisez ce qui s’écrivait il y a un siècle : vous vous apercevrez qu’il est vraiment scandaleux que ce soit un « vieux protestant » qui dirige la HALDE !

Halte, non Halde à la traîtrise protestante!

 

 

10/03/2010

POUR UN REPUBLICANISME CRITIQUE

Bon, mon doigt m’handicape encore, mais je pense pouvoir reprendre normalement mes Notes, sur ce Blog, d’ici quelques jours.

Déjà celle là est plus consistante  que les 2 dernières.

 

Car, en attendant cet avenir radieux (mes 10 doigts disponibles), je vous recommandee l’ouvrage d’une philosophe, Cécile Laborde : Français, encore un effort pour être républicain, qui va paraître, demain (c'est-à-dire le jeudi 11 mars) aux éditions du Seuil.

Certes, « demain est un autre jour », comme dit Olivia Ruiz, mais grâce au Blog, vous bénéficiez d’une présentation de l’optique de l’auteure, EN PREMIERE MONDIALE.

Vous êtes vraiment de vrais petits vernis.

 

 

En plus, c'est une optique enrichie par ma propre interprétation, à moi, personnellement.

Dites, vous êtes doublement, voire triplement, vernis :

-         vous avez le beurre (l’indication du livre en avant première, aller ne lésinons pas, disons interplanétaire et n’en parlons plus) ;

-         l’argent du beurre (l’interprétation gratos de bibi) ;

-         et le sourire, sinon de la crémière, de Cécile Laborde (mais ça seulement si vous vous précipitez pour acheter le livre) !

 

Cet ouvrage prône un républicanisme critique.

La perspective de Cécile Laborde consiste à dépasser l’opposition du particulier et de l’universel, en montrant que les principes universels sont nés, et inscrits, dans des cultures spécifiques.

Il ne s’agit donc pas de défendre on ne sait quel étroit particularisme contre un grandiose universel mais :

-         de savoir analyser les conditions d’élaboration et d’inscription de cet universel qui le particularise dans une culture ambiante (dans un stimulant Traité sur la tolérance, paru chez Gallimard en 1998, Michael Walzer en faisait déjà le constat)

-         de rétablir l’égalité pour celles et ceux qui inscrivent ces principes universels dans d’autres contextes culturels, notamment les minorités religieuses.

 

Cécile Laborde récuse une approche idéologique de l’émancipation, où certains s’estiment déjà émancipés, libérés, et veulent imposer aux autres leur itinéraire émancipateur.

Cela revient à s’ériger en maître de morale, et donc adopter une démarche convictionnelle, légitime à ce niveau, mais qui transforme la laïcité en religion civile, quand elle prétend relever de la morale laïque, de principes républicains universels.

 

Elle met au centre de sa perspective la non domination, le fait de ne pas subir un pouvoir arbitraire et de ne pas être relégué dans une position sociale subalterne. Cela lui fait revisiter la notion de citoyenneté.

Bon, on peut avoir une discussion théorique avec Cécile Laborde, notamment sur la façon dont elle articule « domination » et « pouvoir ».

Mais, globalement, la perspective est extrêmement intéressante, et opère une sortie hors des impasses dans lesquelles les philosophes républicains se fourvoient

(Certes, c’est leur affaire, mais lo problémo est qu’ils veulent nous entraîner dans leur non-réflexivité, et ça, c’est « vachement craignos », comme Husserl l’indiquait déjà quand il avait été voir Platon dans sa caverne).

 

Vous savez quoi :

 

-          vous allez toutes/tous vous précipiter demain (aujourd’hui ou hier, si vous lisez cette Note avec retard) dans les librairies, parce que la vente d’un livre, les 1ers jours de sa sortie induit la façon dont les libraires vont le mettre en avant ou pas.

-          Vous n’allez pas vous déplacer pour n’acheter qu’un seul livre. Et donc, vous en profiterez, petits malins, pour acquérir également l’ouvrage de Myriam Revault d’Allonnes : Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie ? paru en février.

 

Les  2 livres sont complémentaires, et vous allez apprécié (notamment) la réflexion de Myriam Revault d’Allonnes sur le pouvoir, et sur la spécificité du pouvoir démocratique.

 

C’était ma spéciale contribution : halte à LA journée de la femme. Vive la promotion, tout le long de l’année (et même au delà !), des femmes intelligentes.

Non mais.